ORGANISATION EXTÉRIEURE.——DÉPFENSES ACCESSOIRES
Palañques. — Les palanques sont des pièces de bois équarries de 0,20 à 0,25 de côté et de 3,50 à 4,50 de longueur, appointées par un bout. On les pose jointives, verticales et enfoncées dans le sol de 0",80 à 1",00. On obtient ainsi une espèce de muraille en bois impénétrable à la balle, et dans laquelle on perce de distance en distance; le plus souvent de mètre en mètre ou de trois en trois palanques, des créneaux , construits comme ceux des blockhaus, entaillés par moitié dans deux palanques voisines; le fond à l’extérieur doit être au moins à 2°,00 au-dessus du sol pour qu’on ne puisse les emboucher. Si on ne pouvait obtenir cette différence de niveau , on creuserait en avant-un petit fossé dont le fond serait à 2",00 au-dessous du créneau ; les terres du fossé sont rejetées contre les palanques , qu’elles garantissent contre l’incendie ; les défenseurs sont sur une banquette placée 1",00 plus bas que l'ouverture du créneau. La figure 3 de la planche XII représente une coupe faite dans une ligne de palanques.. L'ensemble du retranchement ainsi organisé porte aussi le nom de palanque.
Quelquefois on ne se donne pas la peine d'équarrir les bois et on pose seulement les rondins jointifs, mais alors.les balles peuvent pénétrer par les joints. On remédie à cet inconvénient en disposant d’autres palissades plus petites entre les premières.
Les palanques se placent habituellement à la gorge des ouvrages ouverts, suivant quelquefois un tracé bastionné ; elles peuvent aussi servir à organiser dans l’intérieur de l'our vrage un réduit qui remplace le blockhaus. On les met encore au fond du fossé , à 1",00 du pied de l’escarpe, pour former un petit corridor défensif. Si le défenseur y était dominé par l’assaillant posté sur le bord de la contrescarpe, on pourrait n’en disposer qu’en un petit nombre de points convenablement choisis, et on abriterait les hommes au moyen d’une toiture analogue à celle des blockhaus. Ces petits ouvrages portent le nom de tambours ou de caponnières blindées; on
les a souvent employés avec succès dans les ouvrages 1 Importants.
Chevaux de frise. — Un cheval de frise se compose (Pz. XIT, fig. 5) d’une poutrelle de 3 à 4,00 de longueur et de 0",15 à 0,20 d’équarrissage ; les faces sont alternativement percées de trous distants entre eux de 0",15, dans lesquels passent des lances ou fuseaux en bois de q= 00 de longueur, appointées aux deux bouts, ferrées s’il est possible, et dépassant également des deux côtés. La poutrelle est placée horizontalement, de manière que le cheval de frise repose sur les pointes des deux rangs de fuseaux.
Les chevaux de frise doivent être à l'abri du canon; on les dispose au lieu de palissades, soit en arrière d’un avantglacis, soit pour fermer la gorge d’un ouvrage, sur trois rangs, enchevêtrés les uns dans les autres, et les poutrelles du même rang reliées par des chaînes de fer fixées à leurs extrémités. On les a. employées quelquefois en plaine et à découvert contre la cavalerie. d
Abatis. — On appelle abatis une réunion d'arbres abattus garnis de teurs branthes grosses et moyennes taillées en pointes, placés-dans le même sens, les uns auprès des autres, dé manière que les branches s’enchevêtrent et présentent leurs pointes du côté de l’ennemi; les troncs sont solidement fixés au sol par des harts et des piquets.
Les abatis doivent être garantis de l'artillerie; leur emplacement est le même que celui des chevaux de frise. On les dresse quelquefois le long des talus de contrescarpe.
L’artillerie a une puissante action sur toutes les défenses accessoires dont nous venons de parler ; leur position était donc indiquée à l'avance. Il n’en est pas de même de celles que nous allons décrire; le cânon y fait peu de ravages; leur position sera choisie exclusivement d’après les besoins de la défense.