‹ Traite de geodesie, ou exposition des methodes trigonometriques et astronomiques appicables a la mesure de la terre, et a la construction du canevas des cartes topographiques [VOL. 1]Chapitre 25 sur 336 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

de l’année civile et du calendrier grégorien.

15. C’est sur l’année tropique que se règle l’année civile : celle-ci est tantôt de 365 jours, tantôt de 366, et commence au minuit qui sert d’origine au premier janvier; quoiqu’il eût été à desirer que les peuples de notre hémisphère eussent pris pour époque, soit l’équinoxe du printemps, soit le solstice d’hiver. Pour concevoir pourquoi la durée de l’année civile est variable, il suffit de remarquer que si elle était constamment de 365 jours, son commencement devancerait sans cesse celui de la véritable année tropique, et parcourrait par conséquent les différentes saisons en rétrogradant. Cet inconvénient, qui ferait évidemment perdre au calendrier un de ses principaux avantages, celui de fixer les mois et les fêtes aux mêmes saisons, et d’en faire de cette maniéré des époques remarquables pour l’agriculture, s’élude à l’aide de 1 intercalation suivante, adoptée dans le calendrier grégorien , qui est celui dont la plupart des peuples de l’Europe font usage.

Sous. le règne de Jules César, en l’an 45 de notre ère, il fut décidé que, pour rétablir l’accord entre les années solaires et civiles, les années seraient bissextiles tous les quatre ans, c’est-à-dire de 366 jours. Alors 1 année tropique , supposée de 365 jours un quart seulement , fut nommée 1 année julienne ; et il fdllut , par suite de cette décision , que 1 année 44 fût augmentée d’un certain nombre de jours; ce qui fit qu’on 1 appela Y année de confusion. Le temps qui s’écoule pendant cent années juliennes forme la durée d’un siècle, la plus longue des périodes usitées dans la Chronologie. Mais cette intercalation d’un jour tous les quatre ans, dans le but de compenser l’erreur résultant de la suppression d’un quart de jour dans les années communes ou de 365 jours, ne pouvait remédier à l’inconvénient qu’on voulait éviter, car on reconnut plus tard que l’année tropique était plus exactement de 365j, 242264 ou a fort peu près; il fallut donc, pour empêcher le déplacement de l’origine de l’année civile, tenir compte de 0^,007736 dont l’année tropique était augmentée par ce mode régulier d’intercalation. Or, en i582, sous le pontificat de Grégoire XIII, l’on y parvint en convenant de supprimer la bissextile à la fin de chaque siècle , pour la rétablir à la fin du quatrième , et en arrêtant que le 5 octobre

,g TRAITÉ DE GÉODÉSIE.

compterait pour le i5. Dans ces derniers temps, Delambre a proposé de supprimer cette bissextile tous les quatre mille ans. De là ces deux règles pour savoir si une année grégorienne est bissextile ou non : i° si le nombre qui exprime l’année est divisible exactement par 4? cette année est bissextile; mais si la division ne se fait pas sans reste, 1 année est commune : ainsi l’année 1837 a été commune, etl année 1840 bissextile; 20 quant aux années sécidaires, supprimez les deux zéros du nombre qui les exprime , et si ce nombre ainsi réduit est exactement divisible par 4, ces années ont été ou seront bissextiles. Par exemple, les années séculaires 1700 et 1800 ont été communes, il en sera de même de l’année 1900; mais l’année 2000 sera bissextile: toutefois 1 année 4ooo sera commune par la raison donnée ci-dessus. (Ployez, pour de plus amples explications, le Traité de la Sphere et du Calendrier , par Rivard, 8e édition.)

Les Russes et les chrétiens du rite grec s’en tiennent toujours à la réforme julienne ou au vieux style ; aussi comptent-ils maintenant 12 jours de moins que nous. Quant aux Turcs, ils règlent leur année sur le mouvement de la Lune. Dans leur calendrier, les mois commençant à la néoménie sont alternativement de 3o et 29 jours; et comme alors leur année est seulement de 854 jours, son origine parcourt successivement toutes les saisons en rétrogradant.

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