‹ Traite de geodesie, ou exposition des methodes trigonometriques et astronomiques appicables a la mesure de la terre, et a la construction du canevas des cartes topographiques [VOL. 1]Chapitre 37 sur 336 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

qaateur tQ; alors l’angle ^CP' sera égal à l’obliquité moyenne m. Soient en outre pR le cercle que le pôle moyen p décrit en vertu de la précession, et anbn' une petite ellipse tangente à la sphère céleste, dont le grand axe ab soutendant un arc de i8",8 soit dans le plan du cercle de latitude P'E, ayant son centre en p , et dont le petit axe

7r'7r" == i8",8 - , ainsi qu’il résulte de la théorie. Cela posé, tandis

que le pôle moyen p décrit en ^5868 ans le cercle de précession />R , le pôle vrai n de l’équateur, ou son correspondant , celui de la Terre , parcourt, contre l’ordre des signes et conformément à la loi que l’observation indique, l’ellipse de nutation m x'b. L’obliquité vraie ou apparente de l’écliptique, qui sera à tout moment représentée par 1 angle ttCP', variera par conséquent depuis w -+- 9", 4 jusqu’à w — 9 ,4- Ainsi quand le pôle vrai occupera l’une des extrémités du petit axe n' 71 , l’obliquité sera seulement u, et la nutation en déclinaison sera nulle: au contraire, quand le pôle vrai arrivera à l’une des extrémités ab du grand axe , la nutation en déclinaison sera , abstraction laite du signe, de 9 ,4; tandis que la nutation en ascension droite sera nulle. Il résulte de là que l’équinoxe moyen est l’intersection de l’équateur moyen TQÆ et de l'écliptique tBa., et que l’équinoxe vrai est 1 intersection de cette écliptique et de l’équateur dont tt est le pôle.

Le Soleil produit lui-même un phénomène tout semblable, mais dont les effets sont beaucoup plus faibles; cependant, pour avoir le lieu vrai d un astre avec toute la précision possible, il est indispensable d’avoir égard à cette nutation solaire, comme on le verra par la suite.

38. Un autre phénomène non moins remarquable est celui de l’ aberration ; il est tel , que toutes les étoiles paraissent décrire annuellement de petites ellipses plus ou moins excentriques, et ne pas conserver exactement leurs positions respectives. On l’explique aisément , en 1 attribuant à la sensation que le mouvement de la Terre autour du Soleil et celui de la lumière des astres produisent en même temps sur l’organe de la vue; car la transmission de ce fluide n’est point instantanée comme on l’a cru pendant longtemps. En effet, l’on a re-

connu , par une longue suite d’observations des éclipses des satellites de Jupiter, que la lumière met 8' j 3", 2 à parcourir le demi grand axe de l’orbe terrestre.

Pour concevoir la raison de ce fait , soient S le Soleil ( Jig. 1 1 ) , TT' l’orbite de la Terre, JJ' celle de Jupiter. Quand la Terre est en T et Jupiter en J, cette planete est en opposition et plus près de la Terre que si elle était en conjonction , c’est-à-dire que si, se trouvant toujours en J, la Terre était en T'. Dans cet état de choses, lorsqu’un satellite L sort du cône d’ombre que Jupiter projette derrière lui par rapport au Soleil , la lumière qu’il réfléchit alors et qui arrive jusqu’à nous, a parcouru, à l’époque de la conjonction, tout le diamètre de l’orbe terrestre de plus qu’à l’époque de l’opposition. Or, d’après la connaissance exacte que Ton a des mouvements célestes, on peut prédire l’instant physique du commencement ou de la fin d’une éclipse de cette espece. Mais ce phénomène paraît toujours arriver i6'26",4 plus tard lors de la conjonction que vers l’opposition. La vitesse de la lumière est donc alors appréciable à nos sens; et puisqu’il est naturel de la supposer uniforme, il s’ensuit que la lumière parcourt réellement le demi grand axe de l’orbe terrestre en 49^% 2 de temps.

Cela posé, si la Terre et un astre lumineux étaient en repos dans l'espace, il est évident que nous verrions cet astre dans la direction même du rayon qui, dans le système de l’émission de la lumière, nous en apporte l’image; mais si au contraire la Terre parcourt l’écliptique dans une année sidérale, et par conséquent un arc moyen de 20", 2Ô dans 49‘3s,2 de temps, sa vitesse sera comparable à celle de la lumière: alors, en meme temps qu’une molécule lumineuse lancée d’un astre supposé immobile, d’une étoile par exemple, frappera la rétine, elle sera repoussée dans le sens du mouvement de la Terre, c’est-à-dire suivant la tangente à son orbite; et l’œil éprouvera une sensation composée qui sera représentée par la résultante des deux vitesses dont il s’agit, et qui fera paraître l’astre dans la direction même de cette résultante. Il suit de là que nous ne voyons pas les astres dans le lieu qu’ils occupent réellement. L’angle que la résultante de la vitesse de la Terre et de la vitesse de la lumière fait avec celle-ci, mesure l’effet total de l’aberration. Le plan de cet angle décrit donc annuellement une circonférence entière autour de la droite qui joint la

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