‹ Traite de geodesie, ou exposition des methodes trigonometriques et astronomiques appicables a la mesure de la terre, et a la construction du canevas des cartes topographiques [VOL. 1]Chapitre 40 sur 336 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

l’Astronomie moderne sait mesurer, se désigne sous le nom de peitur bation du mouvement elliptique, comme nous lavons déjà dit. périodes de ces perturbations sont plus ou moins longues.

C’est aussi par suite de la gravitation universelle que les orbes p a nétaires éprouvent divers changements dévoilés par des observations suivies et faites avec le plus grand soin; tels sont ceux qui se mani festent dans leurs excentricités, leurs inclinaisons sur 1 écliptique, ainsi que dans la position de leurs nœuds et de leurs périhélies , leuis grands axes seuls exceptés. Ces variations se nomment inégalités secu laires, parce quelles ne deviennent bien sensibles qu après un laps ( e temps assez considérable.

42. Les planètes connues de tous temps, parce qu on les aperçoit a la vue simple, sont: Mercure Vénus Q, Mars cf , Jupiter Tp, Saturne T? ; mais l’on doit au télescope la découverte récente d’ Uranus ❖ , Cérès Ç , P allas % , Junon ç , Vesta C’est aussi à l’aide de ce précieux instrument qu’on a observé les satellites de quelques-unes de ces planètes. Jupiter en a quatre, Saturne sept, et de plus cette planète est entourée d’un anneau mince et presque pial, qui n’est lui-même vi sible que parce qu’il réfléchit la lumière du Soleil; c’est ce que prouve en effet l’ombre de cet anneau sur le disque de la planète , et celle de la planète sur la partie postérieure de l’anneau relativement au Soleil. Enfin Uranus possède six satellites. Tous les satellites tournent d occident en orient autour de leurs planètes respectives.

Les lois de Képler, auxquelles est soumis le mouvement des planètes autour du Soleil, se manifestent dans chaque système de satellites; cependant elles sont loin, pour la Lune, de représenter les observations, parce que ce satellite éprouve des perturbations de la part du Soleil, ainsi que le démontre la théorie de 1 attraction. Il est aussi des faits qui ne peuvent être constatés ou découverts que par 1 ana lyse la plus savante. Par exemple, l’illustre auteur de la Mécanique celeste a démontré que le moyen mouvement angulaire du premia sa tellite de Jupiter, plus deux fois celui du troisième , est et sera toujou égal à trois fois celui du second.

C’est encore M. Laplace qui est parvenu à cet autre résu t a ^ singulier, savoir : que la longitude moyenne du premia sati

cette même planète , moins trois fois celle du second , plus deux fois celle du troisième , est exactement égale à deux angles droits. On tire de là, entre autres conséquences, que les trois premiers satellites de Jupiter ne pourront jamais être éclipsés à la fois.

Les satellites , reconnus pour être des corps opaques, sont éclipsés quand ils se trouvent dans le cône d’ombre que leur planète projette derrière elle, par rapport au Soleil.

La perfection donnée aux tables des deux premiers satellites de Jupiter, permet de faire servir utilement les observations de leurs éclipses, à la détermination des longitudes terrestres ; parce que les immersions et les émersions de ces corps célestes sont des phénomènes subits qui , à 1 aide de bonnes lunettes et de bons yeux, se remarquent au même instant physique en différents lieux de la Terre.

i5. Les orbites de Mercure et de Vénus sont renfermées dans celle de la Terre; ces deux planètes se nomment , pour cette raison , planètes inférieures : elles présentent des phases semblables à celles de la Lune. Mercure est difficile à voir, parce qu’il est très près du Soleil, et souvent plongé dans ses rayons. Mais Vénus, surpassant par son éclat et sa blancheur toutes les autres planètes, s’observe beaucoup mieux, et ses phases, vues au télescope, sont bien plus distinctes. Cette planète s’éloigne du Soleil jusqu’à environ 48°; elle est connue vulgairement sous le nom d 'étoile du jour ou à’ étoile du soir , selon qu’elle précède le lever du Soleil, ou qu’elle paraît après le coucher de cet astre : on la voit quelquefois en plein jour à la vue simple.

Les passages de Mercure et de Vénus sur le disque du Soleil, dont les durées sont sensiblement différentes en divers points de la Terre, à cause de la parallaxe, ont servi à déterminer celle du Soleil, et par suite la distance de cet astre à nous. On présume que ces trois corps célestes ont chacun une atmosphère.

Toutes les autres planètes sont dites supérieures , parce que leurs orbites embrassent celle de la Terre, et que par conséquent elles s’éloignent du Soleil à toutes les distances angulaires possibles. Mars est le plus près de nous; Jupiter vient ensuite. On aperçoit au télescope, sur les disques de ces deux planètes, et surtout sur Jupiter, diverses bandes obscures, parallèles et changeantes, ainsi que des taches qui

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