‹ Traité de géodésie; ou, Exposition des méthodes trigonométriques et astronomiques, applicables à la mesure de la terre, et à la construction du canevas des cartes topographiques;Chapitre 42 sur 194 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

deviennent plus ou moins apparentes. Ces changements supposent une grande agitation à la surface de ces corps ou dans leur atmosphère , puisque, malgré l'énorme distance à laquelle ils se produisent par rapport à nous , ils sont encore sensibles.

Mars est d'une couleur rougeâtre ; il présente aussi des phases, mais sous forme oblongue: celles de Jupiter sont insensibles , à cause de son grand éloignement du Soleil et de la Terre. On a en outre observé dans Mercure, Vénus, Mars, Jupiter et Saturne, un mouvement de rotation d'occident en orient, et à peu près dans le plan de leurs orbites.

Saturne , bien moins brillant que Jupiter, était , avant la découverte d'Uranus, aux confins du système planétaire. Il est surtout remarquable par son anneau , dont il est entièrement détaché : son disque parait toujours rond ; mais Panneau situé dans le plan de Téquateur de la planète, et qui, à cause de son obliquité, paraît ordinaii-ement elliptique, cesse d'être visible quand il se présente à nous de profil, ou du moins on ne l'aperçoit alors , à l'aide d'une forte lunette , que comme un filet lumineux : on croit même que cet anneau est composé de deux couronnes isolées.

La rotation de l'anneau et celle de la planète sont de même durée , et ont lieu d'occident en orient.

La planète Uranus, découverte par Herschel en 1781, a pu être prise souvent pour une étoile, à cause de son peu d'éclat, de sa petitesse et de la lenteur de son mouvement. Elle décrit en 84 ans un orbe qui com* prend ceux de toutes les autres planètes. L'analogie porte à croire qu'elle est opaque, et qu'elle tourne aussi sur elle-même; mais jusqu'à présent l'on n'a pu en acquérir la preuve certaine.

Les autres planètes découvertes plus récemment encore, sont, comme nous l'avons déjà dit, CérèSj Pallas, Junon et P^esta. On ne les aperçoit, même très difiBcilement , qu'avec une très bonne lunette, et c'est pour cette raison qu'elles ne peuvent intéresser que les astronomes. Leurs orbites sont comprises entre celles de Mars et de Jupiter.

Quoique Mercure et Vénus paraissent se mouvoir tantôt d'occident en orient , tantôt en sens contraire ; que quelquefois même ces deux planètes semblent stationnaires (art. 6), cependant elles ont réellement un mouvement direct comme la Terre. Ce phénomène de la rétrogradation apparente, qui a lieu aussi pour les planètes supérieures, tient à

ce que les mouvements angulaires de ces astres et de la Terre sont ii gaux j comme on peut le voir par le tableau suivant , qui donne , outre la durée des révolutions de toutes les planètes ^ leurs distances au Soleil , les excentricités de leurs orbites et leurs grosseurs relatives.

Page 1