QUARTZ
Ses circonstances favorables à la cristallisation, elles se sont for* niées en grains cristallins ou cristaux imparfaits , dénués du pourtour polyédrique : si les roches contenaient des principes différents , chacun s’étant formé à part , on aura des grains différents de quartz, de feldspath, d’amphibole, en un mot une roche granitoïde. Mais si la roche ne contenait qu’un seul principe , tous les grains seront de même espèce , et la texture sera simplement grenue : les grains seront lamellaires dans les minéraux à structure lamelleuse , comme dans les marbres , les feldspaths , etc. ; mais dans les minéraux qui n’ont plus cette structure , tels que le quartz , alors les grains seront compactes , mais très-souvent ils seront distincts. Un quartz ainsi constitué, est ce qu’on nomme un quartz grenu , et quelquefois granuleux , lorsque les grains sont bien séparés. 11 devient ensuite, par une diminution dans la grosseur du grain, ou compacte , ou écailleux ; de la même manière que le calcaire lamellaire devient compacte et écailleux. Dans quelques cas même , la structure grenue du quartz pourra être la suite d’une cristallisation confuse , analogue à celle qui a produit les grains des dolomies ou des oolites ( §§ 1 18 et 119).
J’ai cru devoir insister sur ce mode de formation ou de structure, pour prévenir une erreur dans laquelle plusieurs minéralogistes sont tombés , et qui leur a fait prendre des quartz grenus pour des grès. Saussure relève lui-même , dans les derniers volumes de ses ouvrages , plusieurs méprises de ce genre qu’il avait faites dans les premiers , et M. Brochant a eu encore à faire rentrer dans les quartz , plusieurs des grès de cet illustre naturaliste (1).
Les roches (le quartz, sur-tout lorsqu’elles sont d’un volume considérable, se présentent fréquem-
(0 Journal des Mines , tom. XXIII, pag. 335.
TERRAINS PRIMITIFS
ment sans aucun minéral étranger; mais plus souvent encore elles contiennent des paillettes de mica , qui leur donnent quelquefois une texture feuilletée., et qui, en augmentant en quantité, les font passer au greisen , et meme au schiste - micacé , ainsi que nous l’avons dit (§ 177). Quelques masses de quartz renferment encore des grains de feldspath, de tourmaline , etc.
Quant aux substances métalliques, qui sont si abondantes dans les quartz des filons et des couches , elles sont rares dans les masses des montagnes , et je ne connais pas d’exemple d’une exploitation dans une pareille roche.
GissemeDt. §219. Nous avons vu les granités , les gneis, les schistes - micacés et les phyllades , renfermer des couches de quartz ; mais c’est dans les deux dernières roches qu’elles se trouvent en quantité plus considérable ; et presque toutes les grandes masses de quartz que l’on a observées paraissent être subordonnées aux terrains de schistemicacé et de phyllade. C’est, ce me semble, dans l’époque mitoyenne que le quartz en couches et en roches prédomine.
^ smon°" §220. Ces roches, quoique très-fendillées, sont encore celles qui résistent le plus à l’action décomposante et destructive des éléments : telle est la cause des nombreuses cimes et crêtes de quartz que l’on voit dans les montagnes ; telle est encore la cause de cette multitude de galets de ce miné-;
QUARTZ. iyjr
ral que l’on trouve dans les lits des rivières, dans les terrains de transport , dans les poudingues et les grès. Ils y dépassent presque toujours ceux qui proviennent de la destruction des autres roches. Lorsque le feldspath , l’amphibole , le mica, etc., cèdent aux effets destructeurs du tems , ils se réduisent en terre , et il n’en reste plus de vestige reconnaissable : le quartz, au contraire , ne fait que se briser, se réduire en fragments de plus en plus petits , et jusque dans ceux du moindre volume , dans les grains de sable , on le retrouve avec ses caractères minéralogiques.
§ 221. Le quartz en roche formant des masses de montagnes, est assez rare en France ; dans les schistes-micacés du Maine et de la Bretagne , il y en a quelques-unes , mais étant de quartz grossier, écailleux ou à texture grenue, elles ont quelquefois été prises pour des masses de grès. Le quartz est plus commun en Angleterre, et sur-tout en Ecosse, ou il a été l’objet des observations de M. Macculloch, auquel il a fourni plusieurs mémoires intéressants : il forme des montagnes coniques dans l’ile de Jura. M. de Humboldt en a observé en Amérique une assise quiavait près de trois mille mètres d’épaisseur ; il la regarde comme une formation particulière (elle appartient peut-être aux quartz granuleux des terrains secondaires).
Localité»
1^8 TERRAINS PRIMITIFS