‹ Traite de geognosie, ou expose des connaissances actuelles sur la constitution physique et minerale du globe terrestre. Par J.F. D'Aubuisson de Voisins ... Tome premier 3 Tome 3Chapitre 22 sur 38 · Les filons, quant à leur forme, leur as · texte numérisé non relu

Les filons, quant à leur forme, leur as

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siette et leur position, ressemblent parfaitement aux fentes et aux crevasses qui se forment dans la terre et dans les roches, c’està-dire, que les unes et les autres ont une bgui'e plate et que les déviations qu’ils éprouvent dans leur cours sont en petit nombre et peu considérables.

3. ° Les nions, comme les fentes, se rétrécissent vers leurs extrémités; ils Unissent par se terminer en forme de coins et se perdent en petites fissures suivant la ténacité ou le mode de texture de la roche encaissante.

5.“ Presque tous les filons d’un district de mines qui paraissent être d’une même formation, ont la même direction; ce qui indique qu’ils ont été produits par une même force, qui a disloqué le sol, suivant un sens déterminé.

4. “ Personne ne doute que les fissures connues des mineurs sous le nom de failles, croiseurs, rejets, suivant leur importance, ne soient réellement des crevasses; or il existe entre les plus étroites de celles-ci elles filons les plus puissants, une série continue, dans laquelle il n’est pas possible d’entrevoir de démarcation. D’ailleurs, les unes comme les autres sont remplis de mines ou vides, preuve de la similitude de leur origine.

5. “ Les druses, les poches, les fours, les cavités qui sont contenus dans les filons, ne peuvent être autre chose que les restes du vide

dans lequel le filon s’est foriné. Ils en suivent souvent la direction. Plusieurs ont une grande hauteur. Il en existe de nombreux exemples. Pour notre part nous avons vu dans les mines de fer de Schlettenbach, près Erlenbacb en Bavière rhénane, une pareille cavité lenticulaire, remarquable par sa dimension; car elle avait une trentaine de pieds de diamètre dans le sens de la direction du filon: il en sortit considérablement d’eau, lorsqu’on en fit le percement.

6. ° Ce qui prouve encore bien que les filons ont été de véritables fentes, entièrement vides à leur origine, c’est qu’on y rencontre des galets ou cailloux roulés. On en a des exemples à Joacbimstbal, où l’on a rencontré dans le Danîelisstollen , à une profondeur de cent quatre-vingts toises, des galets de gneiss. Dans la Hesse, auprès de Riegelsdorf, on a vu pareillement un filon de cobalt traversé par un autre filon, rempli de sable et de galets. A Chalanches, dans le Dauphiné, M. Schreiber a encore observé de pareils faits. Werner cite encore, en faveur de son opinion, l’ar.gile et le sable qui constituent la matière de certains filons, et qui peuvent y avoir été introduites par les eaux.

7. “ De plus, on a rencontré, maisi'arcment, des pétrifications dans ces gîtes. Baumer a le premier appelé l’attention sur ce fait. Depuis, M. de Born a cité des madrépores au milieu du

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cinabre compacte du filon de l’Hôpital en Hongrie. Ajoutons à l’appui le fait de la présence des gryphites du terrain jurassique dans les filons de plomb sulfuré de Frémoy et de Corcelles, près de Sémur. Ces filons sont inclus dans le terrain de gneiss et de schistes anciens, et leur gangue se compose debarytesulfatée etde quartz.La connaissance de cette observation importante est due à M. Virlet.

Les fragments de roche adjacente que l’on trouve si souvent au milieu des filons, sont encore une preuve très-puissante du même ordre.

8.° La manière dont les filons se croisent, se rejettent, se dérangent mutuellement, ne peut s’expliquer que par l’action d’une fente plus nouvelle sur une fente plus ancienne* JVous verrons plus loin, quand nous traiterons des grandes dislocations du sol, quelles sont les diverses circonstances qui accompagnent ces croisements et rejets; elles se lient trop intimement à ce sujet pour qu’il ne soit pas prématuré d’en parler ici.

Q." La manière d’être des filons à l’égard de la roche encaissante, notamment quand elle est stratifiée, prouve encore évidemment qu’ils ont été des fentes. En effet, lorsqu’un filon traverse les couches de la roche, il arrive presque toujours que la partie d’une couche qui est dans la roche adjacente au

toit, se trouve plus basse que la partie de la même couche, incluse dans le mur, et celte différence de niveau, qui ne peut provenir que d’une fracture et d’un glissement, est d’autant plus puissante, que le filon est plus puissant. Nous ne pouvons mieux faire que de renvoyer, pour apprécier ce fait, à la planche IV du second volume, où l’on voit une coupe des couches du zechstein et du schiste cuivreux de Bilstein accidentées par une série de failles et de filons, et conservant néanmoins leurs relations de position réciproque.

io.° Enfin, en considérant attentivement la structure intérieure des filons, qui sont composés de plusieurs espèces de minérais, on voit que les filons sont fréquemment formés de couches parallèles aux parois, appliquées successivement les unes aux autres, et que celles qui sont immédiatement sur les salbandes, ont été formées les premières. Quelquefois les bandes successives n’ayant pas pu se joindre au milieu du filon, il en est résulté des vides qui constituent les druses, etc.

Tels sont les faits principaux que Werner cite à l’appui de la formation des filons par des fentes qui se sont faites dans les terrains; il achève de corroborer cette série d’inductions par de nouveaux détails; c’est ainsi qu’il a observé que certaines fentes qui ont cons-, titué les filons, étaient originairement plus

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larges et se sont ensuite rétrécies; d’autres, au contraire, sont devenues de plus en plus larges. Des affaissemenis au toit ont dû produire des fentes collatérales, ce qui a pu rétrécir la fente principale. Les grandes largeurs de certains filons, en quelques points seulement de leurs cours, proviennent de pareils affaissements purement locaux ou plutôt d’éboulements de quartiers du toit ou du mur, qui ont dû glisser plus bas, etc.

L’origine de la plupart des filons étant ainsi positivement démontrée, il nous reste à rechercher quelles peuvent être les diverses causes qui ont pu produire de pareilles fentes dans la masse des rochers. Jusqu’à présent les recherches des géologues nous conduisent à lesconsidérercommepouvantproveuir, i.“du retrait des roches lors de leur consolidation, soit par voie de dessiccation , soit par voie de contraction en se refroidissant suivant leur origine aqueuse ou ignée; 3.° dans chacune d’elles il s’est encore opéré des cassures par les glissements de quelques couches les unes sur les autres, en vertu de quelque ébranlement du sol, ou de leur pesanteur qui les a portéesàse fracturer;3.“enlin, elles ontencore pu se trouver disloquées par des mouvements violents, tels que les soulèvements et affaissements qui ont produit sur une grande échelle les protubérances actuelles du globe.

Mais en étudiant partiellement chacun de

ces systèmes de fentes, on est bientôt convaincuque cellesqui rèsultentdii retrait d’une masse de roche ont rarement produit autre chose que des veinules ou petits filons plus ou moins régulièrement distribués, et ne pénétrant jamais au-delà de l’assise où elles ontpris naissance; elles sont quelquefois remplies de dépôts mécaniques, mais bien plus souvent de matières à peu près identiques à celles de la roche encaissante, ou bien qui en dérivent directement.

Les dislocations qui proviennent des glissement locaux de quelques couches ou masses déjà solidifiées, sont encore moins comblées que les précédentes de dépôts chimiques, ou bien ceux-ci sont de l’ordre de ceux que nous voyons se former journellement, telles que les incrustations spathiques, etc.

Enfin, les cassures qui résultent de phénomènes dont la cause doit être cherchée dans l’intérieur du globe et qui s’est manifestée par une action d’une grande intensité, telle que la formation d’une chaîne de montagnes, sont comblées de produits le plus souvent chimiqueset contrastant fortement par leur nature avec les roches en contact.

La majeure partie des filons exploitables se range dans cette dernière catégorie, et comme les causes de dislocation et d’intercalation de masses étrangères ont pu agir aussi bien en un point limité que suivant une ligne éten-

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(lue, on conçoit que, la distinction entre le filon et l’amas proprement dit ne roulant que sur l’espace d’application de l’efiTort, l’étude du dernier rentrera naturellement dans celle du premier.

D’après ces aperçus préliminaires nous rangerons donc les filons en trois groupes, relatifs aux diverses causes de formation que nous avons reconnues précédemment, et cet ordre, tout en nous conduisant du petit au grand, nous offrira de plus l’avantage d’être jusqu’à un certain point historique^ car, avant d’embrasser les faits dans leur ensemble, les observateurs ont dû nécessairement s’attacher à étudier de petits accidents de détail, aisés à suivre dans leur allure, et ce n’est que munis des faits dont ils leur donnaient la connaissance, qu’ils ont pu aborder l’étude des véritables filons, qui sont, sans contredit, l’un des produits les plus complexes de chacune des révolutions du globe.

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