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CHAPITRE li

GROUPE DES BOCHES ACIDES Importance du mode d'individualisation de la silice en excé». — Les

roches acides empruntent à la présence de la silice en excès un intérêt spécial, que les travaux de M. Michel-Lévy ont bien mis en lumière (1). La façon dont cet excès s'individualise peut être regardée comme caractéristique du mode de formation de chaque type et comme un, précieux indice des conditions au milieu desquelles la séparation des éléments a eu lieu. Or nous verrons la silice de la pâte s'isoler, dans les granités, d'abord en quartz largement cristallisé, puis en grains quartzeux confusément disséminés au milieu du feldspath. Dans les porphyres, c'est encore du quartz qui s'isole au début, mais seulement en grains microscopiques et bientôt on devine, plutôt qu'on ne la constate, la présence du quartz à certaines apparences de polarisation. Puis la dégénérescence continue et l'on acquiert la certitude qu'une partie de la silice en excès est demeurée sous la forme amorphe ; enfin cette forme prédomine dans la série vitreuse, et c'est A peine si aux masses amorphes de matière pétrosiliceuse s'associent çà et là des filets de calcédoine.

Cela posé, la succession qui vient d'être Indiquée est justement conforme à l'ordre chronologique d'apparition des roches. On en peut donc tirer cette con-

(1) Vdlr surtout : Note sur ta structure tle$ roches acides anciennes in Huit, de tu Soc. tft'ot. de France i 5* série, II!, p. 1W); et Annales des Mines, VIII, 1875, p. 5T»7.

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?- — Le GrmiU est un agrégat de trtstam entouré» par une pâte également cristalline, de telle sorte qu'an premier abord, et sans le secoure du ■ûrtuecope poLmsaat, la distraction de deux, catësscjes (Télémexit» aérait impeanble.

L*s minéran essentiel» dn granité sont le quartz, le feldspath et I* mica ; mar* m on le» classe suivant l'ardre d*apparitioa et qu'on y joigne les espères Hcçez communément associées. »»n a fer sérîp «tante :

I rit. Mica noir, ofiguclase* orûW»» et. accessoirement, hornblend»». >pk?»f. apatile. magnéfile parfut» titanifer?.

H. Orfhose, mkroefine eialbilo, inmifi.

L*apatÂ>7 que le nkroecope «ni pcmet de distinguer, est généralement o*centrée dans les cristaux dé mica, son» la forme de petit» prismes bexuronaux.

Le quartz existe 1res rarement à l'état de cristaux anciens: il ferme, à r«pir nu. de jrros grain» rîtreux. à contours irréguliers, le plus souvent grisitres on enfumés, et au microscope, de» plages étendues, se niouLmt Autour de tous fes autres éléments cristallins, ce qui prouve que ce minéral s'est consolidé le. dernier.

Parmi les feldspath* anciens, l'oligoclase est ordinairement plus altéré que l'orthose, «mi forme M»uvent de beaux cristaux iiiaclê». d" un ro*e de ••h.iir. l/«»rtinr>e récent s*» distingue par l'étendue de ses plages et l'uniformité d»» î«*ur orientation optique.

Le mica est en paillettes hexagonale?» *>u eu lamelles uiidulée>. dont la omteur est le noir, le brun tombac ou le vert noirâtre.

Les inclusions vitreuses font défaut dans les granités : en revanche, les Inclusions liquides à bulles mobile» abondent dans le quartz, au point de lui donner

(t; y'ote *ur Us émanations volcaniques et méte/iifèrcM.

«2» le chiffre I -s'appliquera dorénavant aux cristaux anciens ou en débris et le chiffre Q aux éléments de b pare, cette distinction étant empruntée à b Mimrrm/*iç** microçrvpàiq** de II. Fournie et Ii<-bel-Lé>y. L'étfnoJogie des princioaiu noms «le roches est indiquée d'après V. Daubrée U asti fu-at ion de* rnktt *fu Muséum, 1467». Quant an genre, masculin ou féminin, au 5uj« t dw\TKÏ tes autear* ne sont pas d'accord, on a choisi la solution la pins habit 'letlenh'ur .»• ri ptéf.*.

ROCHES ACIItES AM1EWES. Wîi

parfois un aspect laiteux. Le liquide de ces inclusions est tantôt de l'eau pure, tantôt une solution saline aqueuse, tantôt un gaz condensé qui paraît être l'acide carbonique. Quelquefois deux liquides différents existent ensemble dans une même inclusion, mais sans se mélanger.

Le rapport du volume des libelles a celui des liquides peut être très variable dans un même grain de quartz. On conçoit d'ailleurs que les fissures capillaires dont beaucoup de cristaux sont traversés aient pu modifier les conditions primitives des gaz et des liquides enclavés. Dans le granité rose de ltaveno, on remarque que les inclusions sont particulièrement allongées et ont leurs grands axes parallèles (1).

Le granité dit de Vire, exploite dans le Calvados, le Cofentin, l'Ille-et- Vilaine et employé pour les trottoirs de Paris, le granité h pavés de Limoges, de Guérel. celui des Vosges prés de Re- ■ — ... »

miremont, de Hantât dans le £ AvVF wll Puy-de-Dôme, sont de bons types de granité commun ou à grain fin. Mais il y a aussi des granités a grands cristaux comme le granité de Cherbourg et celui de Gel les et de Saint-Quentin du Puy-de-Dôme.

Quelquefois la dimension des éléments est assez grande pour que la roche prenne le nom de

granité à grandes partiet (Me- Fig. 1JG. Texluiv du Rranile proprement dit (d*«pi& Kjeruir).

sengranit).

Les auteurs allemands donnent le nom de granitite au granité qui contient à la fois de l'orthosc et de l'oligoclase ; ce serait, quant a l'étendue occupée sur le globe, le plus important des membres de la famille granitique. Une variété de graiiititc a aspect globulaire est connue en Scandinavie sous le nom de Ràppakiwi. Hais le nom de granitite a été aussi appliqué à des roches que les géologues français mit rangées dans la grande famille des porphyres quarlziféres.

Le grande porpkyroule est celui dans lequel de grands cristaux de feldspath, ;• va ni parfois jusqu'à 10 centimètres de longueur, tranchent sur le reste de la pâte., (Bretagne, Pyrénées, etc.)

I>e granité est gnetssigue quand les éléments manifestent une certaine tendance à l'orientation. A ce point de vue, il est parfois très diflicile de distinguer certains granités à mica nettement orienté des gneiss que nous apprendrons a connaître en parlant de la primitive écorce. Plusieurs roches, tout d'abord rangées dans cette dernière catégorie, ont été ultérieurement reconnues pour des roches

(1 ) Kosenbiisch, Nikroikopiicke Phyiographie der ma*iigen Geilrine, p. 0.

5*0 COMPOSITION DE I/ÉCffitCB TERRESTRE.

d'épancheraent. La composition intrinsèque du gneiss el du granité étant identiquement la même, cette incertitude de délimitation n'a rien qui puisse surprendre et c'esl à 1 étude des circonstances du gisement que la solution doit être demandée dans chaque cas particulier, si tant est que la distinction des deux roches Boit toujours possible.

Les figures 126 el 127, empruntées à M. Kjerulf (1), permettent d'apprécier la différence de texture du granité proprement dit et du granité gneissique ou

gneiss grauituïde. Dan!' l'une comme dans l'autre les parties noires correspondent au quartz, tandis que les espaces blancs représentent les parties occupées par le feldspath et l'élément micacé.

On dit enfin que le granité est emritique quand son grain est asseï lin pour que la loupe soit nécessaire à la distinction des éléments constituants.

Celte variété est ,1a limite de ce que Delsiuètherie appelait la granitclle.

11 arrive souvent que l'amphibole hornblende prenne part à la constitution normale d'un granité au point d'y remplacer le mica. H en résulte un granité amphibolique, parfois désigné sous le nom de granité égyptien ou syènite (2). D'autres fois le mica fait place à un minéral verditre, qu'on a pris d'abord pour du talc, mais qui parait être de la chlorite et ainsi se forme un granité Moriteux qui n'est autre chose que la prologine (5) du mont Blanc et de l'Oisans. Hais, d'après les études récentes de H. Michelliévy, il parait que c'est à la granulite que celle dernière roche doit être raltaehée à titre de variété.

Si l'on considéra les éléments du granité sons le rapport de leurs proportionsrelatives, on trouve que c'est ordinairement le feldspath qui domine; ensujte vient le quarlz et, en dernier lieu, le mica.

(I) Die Geologir de* tùdlichtn uud mitllrrtn Xanregen, Bonn, 1880, figures ÎÎ9 et;S36.

(!) Il est bien vrai que la dénomination de ry*nilr a été employée pur Pline pour la roche de Syène en Egypte, qui est un granité amphibolique. lais l'usage a prévalu de réserver, comme l'a fait Werner, ce nom pour une roche d'orthose et d'amphibole que noua étudierons plus loin.

(3) Ce nom a été créé par Jurine à l'époque où eu raison de sa situation dans le massif du mont Blanc, h prolopine était considérée comme la plus ancienne des roches.

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