‹ Traité de géologieChapitre 224 sur 533 · PÉRIODE PERSO-CARBO.N1FËRE · texte numérisé non relu

PÉRIODE PERSO-CARBO.N1FËRE

naître, malgré des apparences extérieures cryptoganùques, l'existence de gymnospermes de la famille des gnétacées, des cycadées et des conifères.

Les Lycopodiacées, aujourd'hui représentées par l'humble 1 jcopode, formaient, à l'époque carbonifère, de grands arbres, les Lepidodendron (fig. 269) ramifiés par dichotomie et capables d'atteindre 30m de hauteur.

Les troncs des Pécoptéridées arborescentes, Pecopterit (fig. 273), Caulopterit, PsaroniocauUm, Psaronhu, etc., avaient jusqu'à 15 et 18m et les frondes des

Fig. 27*.

Fig. 27Î. Nfi-ropttri* faruoin, Slemh., di Schlot., de l'étige Iwuiller supérieur, inférieur.

fougères herbacées, SpkenopterU (fig. 270, 271), Nevroplerit (fig. 272), Lonchopteris, Alethopleris (fig. 274), Odontopteris, etc., n'avaient pas moins de i(K

m. Fig. Î77.

nilf inférieure de Calamité' Surkmei, Brongt., hrocalnmili* radialu*), Brongl., (p., du ciilm. luiller supérieur. — Fig. 378. Sphi-nnphyllnm t f. Ï79. Stigmaria jtmnfri, Brongt, du culm.

e l'étage houiller. — Fig. !76.

Fig. £77. Annniaria sttllata. Sel arginaliim, Brongt, cle Féuige h

Les Calamités (fig. 275, 276), étaient des équisétacées, analogues à nos prêles, mais hautes de 4 à 5m. Ces plantes de marais avaient de minces rhizomes tra-

çanls qui couraient dans la vase, émettant ça et là des tiges aériennes. Des vég taux verlicillés, Annuiaria (fig. 277) et Spkenophyîltim. (fig. 278), hantaient li mêmes marécages.

Le genre Caiamodendron, voisin du fusain actuel, offrait, avec l'apparence di Calamités, un bois de gymnosperme. Muni de racines pivotantes et de rameau en forme d'Asterophylliles, il donnait naissance à des arbres de 30 à 40™.

Les Diploxylëes de M. Renault, ainsi nommées a cause de l'existence de deu couches ligneuses, l'une externe, l'autre interne et à croissance centripèti forment un groupe qui n'est plus aujourd'hui représenté que par tes cycadée où la dualité de la formation ligneuse ne se retrouve que dans le faisceau foliaii et non dans la lige.

A ce groupe appartiennent, malgré leur incontestable ressemblance avec It lycopodiacées, les Sigiltariées (fig. 281), arbres cylindriques de 20 à 50" ornés de côtes longitudinales avec cicatrices et dont les liges ont une slructui anatomique extrêmement voisine de celle des cycadèes. Les Stigmaria formaiei l'appareil radiculaire des sigillaires, mais, au moins dans le groupe de Stigman fkoiiles (fig. 279), c'étaient des rhizomes qui pouvaient végéter longtemps, s'< tendre et se multiplier dans le fond des houillères, sans y donner naissant aux tiges verticales, aériennes et fertiles, qualifiées de sigillaires (1). Ain s'explique le fait que certaines couches sont uniquement composées de Stignu ria sans Sigitlaria.

Les Cordailes (fig- 280) avaient, comme les cycadèes, un cylindre ligneu

simple et un faisceau foliaire double; de plus, leurs organes reproducteurs s» rapprochaient de ceux des conifères de la famille des salîsburiées; elles for maient donc un groupe de transition, représenté par de grands arbres de 20 i 40 métrés de hauteur, ramifiés seulement au sommet. Enfin les Conifères étaien représentés par les genres Walchia (fig. 282) et Vllmannia {fig. 283). (I) Renault, Court de Botanique fossile.

PÉRIODE PËRMOCARB03IFÈRE. 757

Ensemble des conditions de la végétation. — De même que les anneaux concentriques de nos bois dicotylédones annoncent la succession de périodes d'activité et de repos, correspondant au jeu des saisons, de même le bois homogène des Cordaïtées, des Sigillariées et, en général, de la plupart des types arborescents carbonifères, semble dénoter l'uniformité à peu près absolue du climat de la période. C'est sans doute quand cette uniformité a pris fin que les diploxylées proprement dites sont entrées en décadence et il est vraisemblable qu'à l'époque houillère les véritables conifères devaient être relégués sur les hauteurs, d'où ils ont commencé à descendre à l'époque permienne (1).

Dans cette flore singulière, où quelques équisétacées et lycopodiacées représentent seules, avec les fougères, des formes qui nous soient familières, les cryptogames luttaient de grandeur et de force. « Le caractère de la végétation houillère, dit M. de Saporta (2), était la profusion plutôt que la richesse, la vigueur plutôt que la variété C'était une association de grandes et élégantes

fougères, au-dessus desquelles se dressaient en colonnes des troncs nus; .... la cime seule de ces végétaux était couronnée d'un feuillage menu, roide et piquant, qui garnissait l'extrémité des dernières ramifications. »

Il n'y avait alors rien d'analogue aux formes gracieuses et variées de nos arbres à feuillage caduc. Les fleurs aux teintes vives et brillantes n'étaient pas là pour égayer le paysage et former un agréable contraste avec la sombre verdure de l'époque. Le chant des oiseaux ne se faisait pas encore entendre dans les airs; à peine quelques reptiles, nouveaux venus sur le globe, se hasardaient- ils hors des marécages, et l'atmosphère, lourde et humide, était sans doute beaucoup moins agitée que de nos jours ; car la faible proportion des cendres dans la houille atteste que le transport des poussières dans les lagunes devait être presque négligeable (5). Un morne silence enveloppait donc la terre et rien aujourd'hui, si ce n'est peut-être la visite de quelques forêts de fougères et d'araucarias de la Nouvelle-Zélande (4), ne peut plus nous donner l'idée de ce que devaient être la tristesse et la monotonie des continents carbonifères.

Ajoutons que, d'après les observations de M. Grand* Eury, les types végétaux de cette époque, tant cryptogames que gymnospermes, paraissent avoir atteint d'emblée leur plus grande perfection. Leurs congénères actuels sont, à la fois, incomparablement plus petits et aussi moins élevés en organisation. Il semble que tout devait alors concourir à l'expansion de ces types qui, depuis, n'ont fait que dégénérer en même temps qu'ils cédaient la place à d'autres, mieux appropriés aux conditions physiques des âges modernes.

Phases diverses de la végétation permo-carbonlffére. — Tandis que la

faune marine de l'époque carbonifère offre une remarquable constance, qui rend assez difficile rétablissement de sous-étages bien tranchés, la végétation terrestre

(i) De Saporta, Bull. Soc. géol. de France, 3e série, IX, p. 164.

(2) Le Monde des plantes avant l'apparition de Vhomme% p. 45.

(3) Hana, Manual, 4X75, p. 560.

(4) Von llochstetler in Zittel, Àus der Urzcit, 1872, p. 256.

n'a cessé, durant cette période, de se transformer, au point que l'examen des espèces qui dominent dans la flore d'un bassin isolé permet aujourd'hui de dire, presque avec certitude, sur quel horizon il convient de classer ce bassin dans la grande série houillère.

Déjà M. Geinitz (i) avait posé le principe de cette division en reconnaissant, par l'étude des bassins houillers européens, l'existence de cinq flores successives, plus tard réduites par le même auteur à trois: la plus ancienne, caractérisée par les Lycopodiacées ; puis celle de l'étage moyen, où dominent les Sigillaires, associées bientôt aux Calamité»; enfin la flore supérieure, où la prépondérance appartient aux Fougères, après que, au début, elles ont partagé la suprématie avec les Annulariées. À ces flores, il faut ajouter celle du grès rouge permien, caractérisée par les conifères du genre Walchia.

C'est à M. Grand' Eury (2) que revient le mérite d'avoir multiplié et précisé les subdivisions de la flore permo-carbonifère et d'en avoir fait la base d'une classification détaillée. On peut distinguer dans le développement de cette flore cinq phases principales :

La première phase est marquée par les Bornia radiata (Archwocalamites radiatus, Calamités transitionis) Lepidodendron (Sagenaria) Veltheimianum, Cardiopteris frondosa, C. polymorpha, Sphenopteris elegans, etc. Elle se relie intimement à la flore dévonienne par un étage de passage, l'étage ursien (Vrsa stufe) de M. Heer, où les végétaux en question sont associés au genre Cyclostigma.

La seconde phase se distingue par l'abondance des Sigillaria et des Nevroptcris, associés aux Annularia radiata9 Lepidodendron obovatum, Sphenopteris irregugularis, etc.

La troisième phase voit prédominer les véritables Pecoptéris (P. arborescent* P. jwlymorpha), ainsi que les Cordaites et Calamodendron. Les Nevropteris deviennent rares et il y a disparition presque absolue des Lepidodendron et des Sigillaires du groupe de S. rhytidolepis.

La quatrième, ou phase du grès rouge permien, ne fait à vrai dire que prolonger la flore houillère, mais avec quelques types spéciaux, Callipteris confertaf Odontopteris obtusiloba, Walchia piniformis, Ginkgophyllum ; c'est là que prédomine Calamités gigas.

Enfin la cinquième, ou phase du Zechstein, est caractérisée par les conifères du genre Ullmannia.

À son tour, chaque phase est susceptible d'être subdivisée ; on peut distinguer:

I. Première pha*e. 1° Zone inférieure. Les Sphenopteris dévoniens persistent et il y a prépondérance des Palœopteris.

2° Z. moyenne. Les Sélaginées commencent à dominer par l'apparition des Vlodendron; c'est le niveau de Sphenopteris SchimperL

3° Z. supérieure. Il y a prépondérance des Sélaginées [Lepidodendron , Uloden-

(i) Die Stcinkohlen Deulichlands, etc., 1865. (2) Flore carbonifère de la Loire.

PÉRIODE PERMO-CARBONIFÈRE.

dron); on commence à voir quelques espèces de Sigillaria et de Calamités; il y a grande abondance de Sphenopteris.

II. Deuxième phase. 1° Z. inférieure. Il y a beaucoup de Sélaginées; c'est l'apogée des Ulodendivn; les Sigillaria sont déjà en grand nombre et il y a abondance des Sphenopteris latifolia et S. acutifolia.

2° Z. moyenne. Abondance et variété des Sigillaria ; développement des Lepidophloios, des Prepecopteris et Nevropteris. La genre Cordaites devient commun.

3° Z. supérieure. Mélange d'Annularia et de Pecopteris avec Sigillaria. Déclin des Lepidodendron et de Stigmaria ficoides.

III. Troisième phase. 1°Z. inférieure. Apparition de Callipteridiumf abondance des Pecopteris nevroptéroïdes et des Cordaites ; horizon (ÏAnnularia sphenophylloides.

2° Z. moyenne. Développement des Pecopteris arborescens, Caulopteris, Odontopteris ; horizon ÏAnnularia longifolia ; disparition des types de la deuxième phase ; aurore du genre Walchia.

3° Z. supérieure. Décroissance des genres Annularia, Sphenophyllum, Odontopteris ; développement des Calamodendron, apparition de Calamités gigas.

IV. Quatrième phase. 1°Z. inférieure, étroitement liée à la flore houillère, dont elle contient de nombreux genres, associés auxCallipteris conferta etCalamitesgigas*

2° Z. supérieure. Callipteris conferta, Odontopteris obtusiloba, Eremopteris, nombreux Walchia, types carbonifères moins nombreux.

V. Cinquième phase; trop pauvre et trop peu connue jusqu'ici pour qu'on y puisse établir des subdivisions; apparition des genres Ullmannia et Baiera.

Il importe d'observer que les diverses zones se rattachent intimement les unes aux autres et que chacune d'elles est moins caractérisée par Y apparition de certains genres que par leur prépondérance numérique. Ce n'est donc pas à l'aide de quelques échantillons isolés que l'âge relatif d'une flore doit être apprécié.

Classification des assises houillères par les flores. — Gela posé, voici le

tableau de la répartition des principaux gisements connus entre les divers horizons de la flore permo-carbonifère.

5e Phase

Page 1