TYPES* LORRAINS ET ARDENNAIS DO SYSTÈME UASIQUE
Au-dessus du rhétien se place ce que nous appellerons avec M. Renevier l'étage hettanyien, dont le type est offert par le grès d'Hettange; c'est Yinfra-lias de la plupart des géologues et le lias blanc des Anglais.
Ensuite vient la série du lias proprament dit, ainsi nommé d'une désignation locale usitée en Angleterre pour les bancs calcaires, généralement minces, qu'on y remarque. Le lias ou Jura noir des Allemands (ce nom rappelant la couleur dominante de ses schistes) comprend trois étages : le sinémurien, qui a son type dans FAuxois, aux environs de Semur (et qui, dans la pensée de d'Orbigny, créateur de cette dénomination, englobait aussi l'hettangien); le liasien ou lias moyen, dont M. Mayer a fait en 1874 son étage charmouthien (1), et le lias supérieur, appelé toarcien, parce que c'est à Thouars que se trouve l'un de ses types fossilifères les plus nets.
LE SYSTÈME LIASIQUE DAMS LA LORRAIIE, LE LUXEMBOURG
ET LES ARDEMHES
Grè» Infrailasique de la Lorraine. — Le type de l'étage rhétien dans la région lorraine est le grès de Vie {grès infraliasique d'Élie de Beaumont), ayant pour équivalents, dans la Moselle le grès de Kédange et, dans le Luxembourg, la base du grès dit de Martinsart.
En Lorraine, cet étage, qui repose sur les marnes bariolées du Keuper et qui est lui-même recouvert par une couche de 5 à 6m de marnes rouges, a une puissance moyenne de 12"1 et l'on y observe communément, du haut en bas :
5. Poudingue à petits cailloux roulés quartzeux, à ciment argilo-siliceux, avec débris de vertébrés
(bonc-ùed).
4. Grès verdâtre à grains grossiers et mal cimentés. 3. Marne grise sableuse, schistoïde, micacée et pyriteuse. 2. Grès jaune micacé, rempli de taches menganésées. 1. Grès jaune micacé, manganésifère.
Vers le milieu, à Marsal et à Flocourt, se trouve un banc plus calcarifère, avec Avicula contorta. Les autres fossiles de l'étage sont : Gervillia prœcursor, Mytilus minutas, Schizodus\cloacinus, Protocardium rhœticum, Anatina prœcursor, dents de Saurichthys, Gyrolepis, Hybodus, Acrodus.
A Kédange, le grès a 24ra ; les 5,n,80 du haut sont formés par une succession de grès et de marnes où l'on observe trois lits différents de poudingue à vertébrés. Le tout est recouvert par \ ou 5m d'argiles rouges. À Villers-sur-Semois, le bone-bed est rudimentaire, mais il existe un lit calcarifère à Avicula contorta.
Dans toute cette région, par les espèces de poissons qui s'y trouvent contenues et par le retour uniforme, au sommet, d'une assise de marnes rouges, le rhétien offre des affinités triasiques dominantes; mais son indépendance comme étage n'en est pas moins manifeste.
(1) De Charmouth en Angleterre.
Lias loimia. — La figure 345 (4) fait connaître la disposition habituelle do lias dans la Moselle, où le sinémurien forme un plateau incliné, se terminant i
Faille
Fig. 545. — Déposition habituelle du système liasique dans la Moselle (d'après M. Jaeqoot).
1, keuper; 2. rhétien; 3, bettangien et sinémurien; 4, calcaire à A mm. ùavmi et marnes; 5, marne i ovoïdes; 6, grés racdioliasiqiie; 7, marnes à posidonies; 8, grés supraliasique. oolithc ferrogineost 0 marne micacée ; 9, oolithe bajocienne.
Test par un escarpement dont la crête est à 500 ou 350m d'altitude. À l'ouest, ce plateau vient buter, généralement par une faille, contre le pied d'une pemV composée de liasien et de toarcien et couronnée par l'oolithe. La série des couches est la suivante :
Marnes micacées.
Toarcien ) Oolithe ferrugineuse. J (15 à 20"). (100 à 110"). ] Grès supraliasique... *
Marnes à posidonies. (80 à 90").
l 'as' { ^r^s roédioliasique, à Gryphtea recul aris et à Bel em ni tes.
"0 * *£%m\ \ ^arnes a OTOïdes ferrugineux, à Amm. margarilatii*. i\t a su ;. j Caicaire h Amm Darœi el marnes (20 à 25-ï.
Sinémurien j Assise à Belemnites brevis.
(40 à 4""). { m à Ammonite* bisulcatus.
llettangien. ( Assise à Amm. angulatu*.
jAssi
(4"). \ c à Amm. planorbî*.
L'hettangien est très peu développé dans la plus grande partie de la Lorraine; le sinémurien, caractérisé par l'abondance de» Gryphœa arcuata et Pentacrhm* comporte des bancs calcaires très réguliers, de 0m,l0 à 0m.i0, alternant avec uV> marnes ou des argiles en lits plus épais. Les marnes qui accompagnent le calcaire à Amm. Davœi sont celles cpii, près de Nancy, renferment Uippopodium ponderosum. Les marnes à ovoïdes ferrugineux ou calcaire nodulcux du liasien sont remarquables par leurs nodules arrondis de carbonate de fer argileux.?*1 débitant en plaquettes concentriques. Les marnes à posidonies, pourvues de nodules analogues aux ovoïdes du liasien, mais plus calcaires, sont gypsifères H renferment les .4mm. bifrons. A. serpentinus, A. radians.
Quant à l'oolithe ferrugineuse, activement exploitée, elle est formée de petit> grains bruns d'bydroxyde de fer, agglutinés par un ciment argileux et ferrugineux. Ses fossiles caractéristiques sont Ammonites opalinus* A. insignis, Belemn. abbreviatus, Grypha*a ferruginea* Trigonia navi$. Cette oolithe, dite îninette. fait partie d%une zone ferrugineuse remarquablement étendue, qu'on suit depuis r.Vrdècbe jusqu'en Luxembourg. Quelques auteurs la rattachent au svstème oolithique, auquel elle parait se souder intimement en Lorraine.
(I) Jacquol, Description géologique de la Moselle, p. 200.