RELIEF DES CONTINENT
Faible importance du relief terrestre. — Quelque profonde que soit l'im-
I pression produite sur nous par la vue d'une chaîne de montagnes, surtout quand
elle se dresse, comme la ligne des Pyrénées, à l'horizon d'une plaine unie et de faible altitude, il n'en est pas moins vrai que les points les plus élevés de la surface terrestre ne dépassent le niveau de la mer que d'une insignifiante fraction du rayon de notre globe. La plus haute cime connue, le Gaurisankar, situé dans l'Himalaya, atteint 8840 métrés, c'est-à-dire ~ du rayon terrestre. Le Mont Blanc, avec ses 4810 métrés, n'en représente que t&t- Ainsi, sur un globe d'tm mètre de rayon, la plus forte saillie de la terre serait figurée par un peu moins d'un millimètre et demi, ce qui a fait dire avec raison que les inégalités de la surface de notre planète sont à peu près du même ordre que les aspérités d'une coquille d'œuf.
D'ailleurs ces hautes montagnes sont à l'état de très rares exceptions. Les chaînes ou milieu desquelles elles se dressent n'occupent elles-mêmes qu'une faible portion de la superficie terrestre et la plus grande partie de nos continents appartient à des régions de beaucoup moindre altitude. On peut donc conjecturer à priori que le volume des terres émergées n'a qu'une faible importance et que, en répartissant d'une manière uniforme, sur tous les continents, la masse des inégalités dont leur surface est parsemée, on formerait un plateau bien peu élevé au-dessus de l'Océan. C'est ce dont un examen attentif va nous convaincre, en permettant de fixer approximativement l'altitude de ce plateau hypothétique. Altitude moyenne des continent». — La première détermination de l'altitude moyenne de la terre ferme est due à Humboldt. La méthode employée par ce savant consistait à mener, à travers les continents, une série de coupes verticales suivant
j des plans parallèles entre eux et à évaluer la surface comprise, pour chaque
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MLIRF DES CONTINENTS. &9
section, entra le profil du sol et la ligne représentant le niveau de la. mer. La moyenne arithmétique des surfaces de deux coupes consécutives, multipliée par la superficie de la bande comprise entre les deux lignes de coupes, pouvait être considérée comme exprimant le volume de la portion correspondante du continent,
il suffisait alors d'additionner tous les volumes élémentaires ainsi obtenus et de
diviser le total par la superficie de l'ensemble continental. Par ce moyen, Bumboldt était arrivé aux chiffres suivants (1 ) :
Europe '205- Amérique du nord Î28-
Asie 555- Amérique du sud 351-
Ensemble des terres S06-.
D'après cela, la surface de la terre ferme, supposée pourvue d'un relief uniforme, (Uti peine dépassé de trois cents mètres le niveau de l'océan.
Ce nombre est certainement trop faible. On n'en saurait faire un grief à Humboldi; car à l'époque où il l'établissait, la connaissance du globe terrestre était encore bien imparfaite et lui-même avait du déterminer, par des observations personnelles, un bon nombre des altitudes dont il s'était servi pour dresser ses profils. Les choses ont aujourd'hui changé de face et, grâce aux progrès de la géographie, on peut, sans trop de témérité, entreprendre une détermination ■oovelle. Cest ce que nous allons tenter de faire, en nous appuyant sur les cartes hypsomé triques qui ont cours dans . l'enseignement. Sans doute, en dehors de l'Europe, dont le relief est bien connu désormais, ces documents ne représentent qu'une première approximation et les chiffres qui en résulteront ne doivent être acceptés qu'à titre provisoire. Néanmoins, en complétant, à l'aide des cartes de l'excellent allas de Stieler, les documents d'ensemble publiés par MM. de Sydow etLevasseur, nous croyons qu'on peut approcher asset près de la vérité.
ImI du* n«veiie évaluation. — Cherchons d'abord à évaluer l'altitude wjenne de chacune des cinq parties du monde, en distinguant les zones d'altibde de 0 à 200 mètres, de 200 à 500, de 500 à 1000, de 1000 a 2000, de 2000 (tu-dessus et évaluant la surface de chaque zone (2). Cette surface étant déterainée, il convient d'y affecter un chiffre d'altitude moyenne : or la moyenne «itkmétique entre les altitudes des deux courbes qui limitent une zone serait, , trop élevée, ear, l'expérience prouve que la pente augmente d'ordinaire
t. l'altitude absolue. Sauf pour la première zone, ou le chiffre de 100 mètres
ail convenable, en raison du grand nombre de cotes qui finissent brusquement r par «les falaises, nous adopterons les chiffres suivants, inférieurs à la e arithmétique.
« II (MO k 500-J MO". — III (500 à 1000-1 700-. — IV (1000 a 2000-) 1300". it à la zone Y, h' chiffre admis sera tantôt 2000, tantôt 2500, tantôt 3000,
nant les cas particuliers.
lus : Ut cnnlinentt, 8!
itcpiis évaluation, nous avons décalqué les courbes de niveau sur un papier quadrillé au « FI le nombre des carrés contenus entre deui courbes consécutives a été pris pour la 4rU tuo« iniermédiiii'u.
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Hais en même temps, afin d'avoir un minimum, nous calculerons aussi l'ai tude moyenne, pour le cas où Ton ne donnerait à chaque zone, (à l'exception la première), que l'altitude de sa limite inférieure.
Cela posé, voici les résultats obtenus pour diverses contrées: