‹ Traité de géologieChapitre 291 sur 533 · II. Marnes de · texte numérisé non relu

II. Marnes de

Villers ou zone à

Amm. Mariœ.

Ronfleur Trouville

Dnres

Lion-s-Mer

Fig. 405. — Coupe résumée des falaises du Calvados.

1, toarcien; 2, bajocien; 3, batbonien inférieur; 4, bathonien supérieur; 5, callovten; 6, oxfordien; 7, corallien; 8, kiraraeridgien ; 9, terrain crétacé.

abondant est un oursin, Echinobrissus sculatus. Cette assise, épaisse de 15 à 18*. se compose d'un calcaire marneux gris, oolilhique (lm,50) à Trigonia majora Perna qwxdr Hâtera , que surmontent 7m de calcaire rempli d'oolithes rouges et blanches à Echinobrissus ; puis viennent 5m d'argiles noires avec nodules calcaires et oolithes blanches, à Pecten subfibrosus et Echinobrissus, enfin 5* de calcaire jaunâtre oolithique. Les nêriuées abondent dans cet ensemble ainsi quj les Chemnitzia heddinytonensis, Opis Phillipsi, 0. Venus, etc.

La seconde assise est le Coral-ray de Trouville ou zone à Cidaris floriyemmu. séparé de l'oolithe sous-jacente par une marne noire à Exogyra nana et gn* radioles de Cidaris. Le coral-rag, qui n'a que 0°\70 à Auberville, a 25" i Bénerville, où il offre la structure caverneuse et irrégulière qui lui est habituelle. On le retrouve dans le haut de la ville de Trouville, où il renfermf Hemicidaris crenularis, Glypticus hieroylyphicus, Pyyaster umbrella. etc. Mai>^ récif a une étendue limitée et, à 500m à l'ouest de la carrière de Trouville, on ne trouve plus que des lumachelles à Cidaris floriyemma et Ostrea solitaria. avec ua calcaire gréseux et un banc de calcaire dur à coquilles brisées. Puis, en allant à Hennequeville, on observe, terminant l'assise, 4m de calcaire gréseux jaunâtre et de grès dur, avec un calcaire tendre sableux à trigonies clavellées. Ainsi se prépare la substitution du faciès sableux au faciès calcaire. Aux environs de Courtomer, c'est la zone à Anun. Martelli, puissante de 60m, qui est

(1) Douvillé, Bull, de la Soc. géol. de Fiance, 3« série, IX, p. 441. — Hébert, ibid 2* série XVII, p. 303.

(2) Douvillé, loc. cit.

formée de calcaires sableux et de sables (calcareous grit) et elle est séparée par un grès ocreux (Gacé), du calcaire oolithique et compact du coral-rag.

A Glos près de Lisieux, on observe sur 53 à 40m d'épaisseur, un sable jaune, avec rognons de grès calcarifère, contenant Trigonia Bronni, Nerinea Cassiope, des astartes, des lucines et des actéonines. Ce sable paraît être l'équivalent du calcaire d'Hennequeville et forme ainsi une zone de passage entre le corallien et le kimmeridgien. Aux environs de Belléme, c'est un calcaire à dicérates qui repose sur le grès calcaire à trigonies, superposé lui-môme aux argiles oxfordiennes (1). Ce calcaire correspond au calcaire de Blangy de M. de Caumont. Il est pétri de moules de fossiles, nérinées, Cardium, Diceras arielinum.

Au Havre, l'étage corallien est argileux et ne se distingue pas, dans les sondages, des argiles oxfordiennes ou de celles de l'étage kimmeridgien. Du reste, on remarque à Trouville que même les couches d'oolithes ne laissent apercevoir leur texture que quand elles ont été exposées à l'air libre.

Séquanlen, Ptérocérien. — Aux environs de Belléme et de Mortagne, le calcaire à dicérates supporte une assise, épaisse de 4m, de calcaires et de marnes dits calcaire à astartes et contenant Astarte supracorallina , Nerinea Gosse, Pholadomya Protei, Ceromya excentrica, Oslrea delloidea.

Ce faciès calcaire du séquanien est propre à l'intérieur de la Normandie et, à l'embouchure de la Seine, c'est le caractère argileux qui domine dans les sédiments de la môme époque.

Ainsi les calcaires siliceux jaunâtres de Villerville sont surmontés par 16 ou 47 mètres de marnes argileuses, noirâtres, dites argiles ou marnes de Villerville, à trigonies clavellées, contenant Ostrea delloidea, Belemnites nitidus et se terminant par un lit de calcaire noduleux à Pterocera Oceani, P. Ponti, Pholadomya Protei, Terebralula subsella, Rhynchonella inconstans, Rhabdocidaris Orbignyi.

De l'autre côté de l'embouchure de la Seine, à la Hève, on constate aussi qu'un système, épais de 12m, d'argiles grises à Ostrea delloidea et de calcaires à Amm. Cymodoce, Bel. nitidus, Waldheimia humer alis, représentant le séquanien, est recouvert par 0m,90 d'un calcaire marneux à ptérocères ; ce dernier renferme, avec les fossiles du calcaire noduleux de Villerville, Amm. decipiens, A. Cymodoce, Pinnigena Saussurei, Ostrea solitaria, Waldheimia humeralis, Trigonia papillota, Pholadomya Protei, Ceromya excentrica, Rhabdocidaris Orbignyi, Pygurus Royerif enfin une variété à gros plis A'Exog. virgula.

Yirguiien. — Au-dessus, mais seulement à quelque distance au nord de la Hève, où l'érosion a enlevé une partie de l'étage (fig. 406), se présentent les argiles bleues à Ammonites orthocera, A. Lallieri, A. longispinus et les lumachelles à Exogyra virgula. Ces argiles, dites argiles de Honfleur, forment seules la falaise entre Bléville etOcteville (2), en vertu du plongement des couches et de l'érosion, qui a fait reposer, sur leurs tranches redressées, les sables infracrétacés (fig. 407).

(1) Hébert, Les mers anciennes et leurs rivages.

(2) Lennier, Bull, de la Soc. giol. de Normandie, YI, p. 290.

L'épaisseur de l'étage kimmeridgien, qui n'est que de 40 à 45™ aux environs do Havre, s'accroît sensiblement dans l'intérieur de la région normande. À Villequier,

Cote dlngoinrille

Banc d'Arafard

Banc du Ratlier

Fig. 406. — Coupe théorique de l'embouchure de la Seine (d'après M. Lennier).

1, argiles oxfordiennes; 2, étage corallien; 3, étage kimmeridgien; 4, sables ferrugineux;

5, gault; 6, craie glauconieuse.

dans la vallée de la Seine, une faille amène au jour 45m d'assises à Ex. virguk. Dans le pays de Bray, les mêmes assises sont visibles sur plus de 100 ou 120". Elles se composent d'argiles bleues et de lumachelles, les unes arénacées, les

OcirvOle

BléWQ» LaHève

JVirvcwu

l d*hmmr

Fig. 407. — Contact des sables ferrugineux et de l'étage kimmeridgien entre la Héve et Octeville

(d'après M. Lennier).

1, manies a ptérocéres; 2, argiles à ammonites; 3, argiles virguliennes ; 4V sables ferrugineux crêtacfe.

autres calcaires et assez compactes pour avoir été exploitées comme marbre (marbre d'Hécourt). Juste au milieu de la série s'observe une assise, épaisse ûV 3 à 4m, de calcaire blanc à cassure lithographique, ne contenant que rarement des fossiles. Les espèces de l'ensemble sont Ex. virgula, Gervillia kinimeridgetsis, Ammonites Lallieri, etc.

On remarquera ici qu'en Normandie, où les sédiments argileux dominent, le ptérocérien, considéré comme réduit aux marnes à ptérocéres, est infiniment moins développé que le virgulien. Le contraire aura lieu dans certaines région* de l'est, où les couches sont presque uniquement calcaires. Si donc on se rappela que, dans l'étage exclusivement argileux du kimmeridge-clay anglais, il n'y avait rien qui indiquât avec netteté la faune ptérocérienne, il paraîtra évident que les mots de ptérocérien et de virgulien doivent moins désigner deux sousétages bien distincts que deux types du kimmeridgien moyen, susceptibles de se remplacer en partie; le premier ayant une tendance à absorber surtout la base, tandis que le second se développe plutôt au sommet.

Bolonlea, Portiandien du Bray. — C'est seulement dans le pays de Bray qu'on peut observer en Normandie les assises supérieures au virgulien (fig. 408). L'ensemble débute par une marne calcaire à Ostrea catalaumca, que surmonte un grès calcaire en plaquettes à Anomia lœvigata. Puis viennent de* calcaires marneux et des marnes bleues calcarifères, enfin un grès calcaire glau-

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