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SYSTÈME OOLITBIQUE. BOURGOGNE ET BERRI

où les fossiles du caliovien, tels quAmm. anceps, sont mélangés à ceux de l'oxfordien et même à A . cordatus.

Ce mélange tout exceptionnel de faunes n'existe pas dans la Nièvre, où le caliovien, souvent épais de plus de 50 mètres, se compose d'une oolithe ferrugineuse à Waldheimia pala, que surmonte le calcaire blanc de Pougues, à nodules siliceux tout à fait semblables aux chailles oxfordiennes, contenant Amm. coronatus et Collyrites elliptica. L'altération de ce calcaire a fait naître, à sa superficie, une argile à chailles où les oursins siliceux sont conservés. C'est encore une lumachelle siliceuse à W. pala qui forme le caliovien du4Berri.

L'oxfordien proprement dit est très réduit dans la région qui nous occupe. Nous venons de voir que, dans la Côte-d'Or, il se confond avec le caliovien. Dans la Nièvre, il n'en existe que la zone à Amm. cordatus, formée par une oolithe ferrugineuse, épaisse de 2m. Enfin, dans le Berri, on observe, au-dessus du caliovien, 8ra de marnes pyriteuses à ammonites déformées, recouvertes par 2m d'une marne pyriteuse à rognons, contenant Amm. cordatus.

Hamet * spongiaires. — Au-dessus de cet ensemble apparaît, depuis la Côte-d'Or jusque dans la vallée du Cher et même au delà, une assise marneuse caractérisée par les spongiaires. C'est Yargovien ou Scyphienkalk des Allemands, dont nous aurons occasion de parler à propos de la région du Jura. Les fossiles de cette assise sont Amm. canaliculatus, Belemnites Royeri, Megerlea pectunculus, Cidaris coronatay C. propinqua, Eugeniacrinus, Cnemidium rimulosum. On peut considérer les marnes à spongiaires comme une véritable couche de passage entre l'oxfordien et le corallien et en faire, soit un sous-étage argovien indépen- # dant, soit, avec M. Douvillé, la base du sous-étage glypticien.

Dans l'Yonne, les marnes à spongiaires se fondent insensiblement, vers le bas, avec les marnes blanches oxfordiennes à Amm. cordatus. Ces mêmes marnes à spongiaires s'observent dans la Nièvre, à la Loge et se retrouvent bien développées dans le Berri, où elles ont une dizaine de mètres, notamment à la Guerche. ù Chàteauncuf-sur-Cher et à Villemongin dans l'Indre.

Calcaires coralliens. — Les marnes dont il vient d'être question supportent, dans l'Yonne, un glypticien à chailles, épais de 4m à Druyes, où abondent les oursins siliceux, Cidaris florigemma, Echinus perlatus, etc. La base de ce calcaire à chailles renferme Amm. canaliculatus, A. transversarius. Ensuite viennent 6m d'un calcaire blanc-grisâtre, très dur, avec thamnastrées, Waldh. cen~ soriensis et Megerlea pectunculus. Au-dessus les récifs coralliens apparaissent sous la forme des puissantes assises du calcaire oolithique blanc de. Merry-sur- Yonne, de CMtel-Censoir et de Coulanges-sur- Yonne (4). Ce calcaire contient une riche faune, comprenant, avec les polypiers, Nerinea Mosœ, N. visurgisf N. Desvoidyi, Turbo globatus, Lima corallina, Peclen vimineus, Terebratula insignis, Cidaris florigemma, etc., ainsi que de nombreux dicérates, Diceras arietinum,

(1) Cotteau, Bull, de la Soc. géol. de France, * série, XII, p. 693.

D. sinistrum, D. originale, D. Cotteaui, etc. Enfin l'assise est couronnée par on calcaire lithographique à Amm. Maranlianus.

Ce sont des calcaires lithographiques ou des calcaires marneux à chaux hydraulique qui, dans la Nièvre, succèdent à Targovien. Au sommet seulement se développe le calcaire à grosses oolithes de La Charité, à Diceras arietinum. Enfin dans le Béni, le faciès oolithique a complètement disparu du corallien proprement dit, qui comprend (1) : à la base, le calcaire lithographique et marneux de Châteauneuf-sur-Cher (4°), avec Amm. Marantianus, Amm. bimammatus, Cidaris coronata; puis 90m de calcaires lithographiques inférieurs» formant li Champagne du Berri et ne contenant que de rares fossiles, parmi lesquels de petites ammonites du groupe des planulati. Ces calcaires, qui forment la transition entre le corallien et le séquanien, s'étendent, avec un faciès uniforme, sur 30 kilomètres de largeur entre Châteauroux et Levroux, où ils ont offert un certain nombre d'espèces végétales, Sphenopteris Minhelini, Stachypteris spicans, Jc<mpaulia longifolia, Z ami tes Feneonis, Cycadeospermum Pomeli, etc.

Oolithes Béqnanlennes. — La tendance corallienne que nous avons déjà remarquée dans le séquanien de la Haute-Marne continue à s'accentuer dans l'Yonne. Ainsi le séquanien de cette région débute par le calcaire compact blanchâtre de Bazarne, à Rhynch. corallina, couronné par l'oolithe blanche ou calcaire crayeux de Tonnerre et d'Angy, à Rhynch. matronensis, Trichites (Pâmt gêna) Saussurei, Diceras, Cardiumcorallinum, Acrocidaris nobilis, contenant aussi des végétaux, Ctenopteri* grandis et Bolbopodium micromerum. A Tonnerre, h 9 partie supérieure du calcaire crayeux renferme des silex rubanés, avec diverse formes d'oursins. Cette assise est exploitée sur une épaisseur de 15 ou 20" et les grands polypiers, Septastrœa, Montlivaultia, etc., qu'elle renferme permettent d'affirmer que l'oolithe de Tonnerre est un récif corallien. L'étage ptérocérien vient ensuite, formé par 10m de calcaires, à Waldh. humeralis.

Des circonstances semblables caractérisent le séquanien du Berri, dont h coupe comprend (2) :

5. Calcaires lithographiques (22m) à Pinna obliquât a et Amm. Achille*.

2. Cale lithogr. compacts ( 8m t de Saint-Oustrille et de Mazières, à Ter. bisuffarcinata &

Rhynch, pinguis.

1. Calcaire crayeux du Château (12m) à oursins coralliens, avec Trichites Saussurei, Waltiheimi*

egeua, Ter. cincta, Rhynch. corail ina. %

Ici le calcaire du Château ou pierre blanche de Bourges, véritable récif rempli de polypiers, occupe la place du calcaire de Bazarne, c'est-à-dire la base même du séquanien. 11 est à remarquer que l'on voit revenir dans ce calcaire, à la faveur des cil-constances qui ont présidé à son dépôt, des oursins identiques en apparence avec ceux du corallien, Glypticus hieroglyphicus, Stomechinus lineatus. Cidaris florigemma, Pygaster umb relia.

(h Douvillé et Jourdy, Bull, de la Soc. géol. de France, 3* série, III, p. 97. — Douvillé, id.. IX, p. 473.

(2) Douvillé et Jourdy, loc. cit.

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