Marnes feuilletées et calcaires marneux (30m
Coupe d'oberbuchsiten. — L'interprétation de cette coupe, en raison des fossiles de l'assise n°4, réclame la connaissance de la série oolithique en Argovie. Nous irons donc chercher dans ce pays les éléments de la solution, en empruntant à M. Moesch (3) la coupe des environs d'Oberbuchsiten (voir p. 890).
D'après cette coupe, les couches de Baden, (c'est-à-dire la zone à Amm. tenuilobatus), dont la faune est celle des assises qui servent de base au calcaire de Valfin, sont supérieures au dicératien et supportent le ptérocérien. Elles sont donc séquaniennes et c'est au moins au ptérocérien, peut-être même à l'ensemble du ptérocérien et du virgulien, que doit appartenir le calcaire à Heterodiceras, qui occupe ainsi une position analogue à celle de l'horizon corail ifère de La Rochelle. On observe d'ailleurs, au nord de Valfin, des couches coralliennes peu épaisses, dont on peut suivre le raccordement avec celles du récif et au-dessous desquelles se recueillent des fossiles ptérocériens (4). Par suite, tandis que les récifs à Heterodiceras représentent des épisodes coralliens de l'époque où se déposaient, dans le bassin de Paris, les calcaires à Waldh. humeralis et à Ex. virgula, la zone à Amm. tenuilobatus devrait être considérée comme le faciès pélagique de l'assise à Ostrea delloidea du nord de la France.
On voit aussi qu'en Argovie, comme aux Ardennes, le glypticien débute par des
(1) Choffat. Mém. de la Soc. d'émulation du Doubs, 5- série, III, p 125.
(2) Id., Huit, de la Soc. géol. de France, 5* série, III, p. 764. — Voir aussi Faisan etBayan, id.. I, p. 170; II, p. 320.
(3) Moesch in Dieulafait, Bull, de la Soc. géol. de France, S- série, VI, p. 135. — Voir aussi deLoriol, Bull., 3° série, I, p. 146 et Bayan, id.% II, p. 318.
(4) Communication inédite de M. Marcel Bertrand.
couches à Phasianella striata. Enfin, d'après M. Choffat (i), les couches du Geh*berg ont pour équivalent, en Franche-Comté, l'assise à chailles avec Bkynek. Thurmanni, Bel. hastatus et .4mm. cordatus, laquelle, reposant sur les marnes à Pholadomya exaltata, passe insensiblement au glypticien.
Virgulien
ou
Zone à Amm. steratpis.
Calcaires
en plaquettes
[Plattenkalke).
Plaquettes calcaires, de couleur claire (30*)t i Amm. ulmensis, Tereb. suprajurentis, Er&gyra spiralis, Trigonia snprajurensù.
Ptérocérien.
Couches de Wettingen.
Bancs de calcaire grenu, rude au toucher (!•], à Pyguru» tenuis, Rhabdocidarit mariai*, Stomechinus asper.
Bancs de pierre de taille blanche (9™), à Amm. Ulmensis y A. Ilolkeini, Pholadomya Protà. Ceromya excentrica.
Zone
à Amm. tenuilobatuê
ou faciès ammonitifère
du séquanien.
Couches de Baden.
Bancs calcaires marneux (6~J à Amm. tenvilobalus, A. iphierrus. A. Lothari, Wald Henri* humerai U, Gervillia tetragona, Collyrita trigonalis.
Dicératien
ou
!.. à Amm. Achille 8.
Couches de Wangen.
Bancs de calcaire blanc spathique, à nérinées
Oolilhes blanches, à nérinées (20") , Seri*e*
Defrancei, A'. Desvoidyi, Diceras arietinim.
Zone
à Amm. bi m anima tus
ou
Glypticien.
Terrain à chailles
ou
couches
à Crenularis.
Bancs calcaires solides et couches marneuses (15™) à Amm. bimammatus, Cidaris florigemma, Hemicidaris crenu taris, Glyptkw hieiogtyphicus.
Zone à Amm. Marantianus
(base).
Couches du Geissber^.
Bancs calcaires jaunes et marnes (20") à Ottrea caprina, Phasianella striata.
Zone à Impressa.
Couches d'Effingen.
Marnes grises à ciment (10m) à Waldheimia impressa, Prntacrinus pentagonalis.
Zone à
Annn. transversarms
ou faciès à scypliies
de l'Oxfordien
(Argovien).
Couches de Birmensdorf.
Calcaires marneux gris de cendre, écailleui (7"! à Amm. arolirus, A. hispidtts, A. transtersarius, Eugeniacrinus mitons, Scyphia.
Schistes & Zamlte» du Bugey. — La couped'Oberbuchsiten nous fait connaître la composition particulière du virgulien de TArgovie, qui est formé par a>> calcaires en plaquettes. Cette môme tendance se retrouve dans le Bugey, où fc virgulien, épais d'une cinquantaine de mètres, se présente sous la forme, soit de plaquettes lithographiques comme à Cerin, soit de schistes calcaires très mince*, souvent imprégnés de bitume, très riches en poissons, Lepidotw, etc., en reptiles, Chelonomys, Stelliosaurus, Sauranodon, Pterodactylus, et en empreintes de cyca-
(1) Bull, de la Soc. géol. de France, 3» série, VI, p. 360.
dées. Ces schistes, connus à Orbagnoux, à Nantua et au lac d'Armaille, ont fourni, outre une profusion de débris de Z ami tes Feneonis, des restes de Stenopteris desmarnera , Ctenopteris Itieri, Stachypteris minuta , Lomatopteris jurensis, Cycadopteris Brauniana, C. heterophyUa, Cycadites Larteti, Zamites distractus, Sphenozatnites latifolius, Cycadolepis villosa, etc (1). MM. Dumortier et Faisan ont reconnu que les schistes à Zamites, reposant sur des lits à Ex. virgula et contenant euxmêmes des radioles de Cidaris carinifera, sont recouverts par le bolonien à nérinées, à Amm. gigaset à Natica Marcousana. Au-dessus viennent encore des dolomies et enfin une brèche qui supporte les calcaires et les marnes du Purbeck. C'est à la base des schistes calcaires à poissons que se placent les calcaires blancs à nérinées et Heterodiceras, synchroniques du calcaire de Valfin.
Ajoutons que des calcaires en plaquettes, semblables à ceux d'Armaille et de Cerin, se rencontrent dans l'Isère, à Creys et à Morestel. Or ces schistes renferment en abondance Ostrea virgula et tandis qu'à Creys on les voit très nettement reposer sur des calcaires compacts' blancs ou jaunâtres, pétris de nérinées et de dicérates, ils sont recouverts par des calcaires blancs à gastropodes, que couronne la dolomie portlandienne (2).