Conglomérat
Les rudistes de Gosau sont, en majorité, ceux qui caractérisent les horizons supérieurs à rudistes de la Provence et des Charentes.
Azérie. Région saharienne. — Le système crétacé offre en Algérie beaucoup de ressemblance avec le type provençal, mais avec un moindre développement des rudistes. On y voit dominer les oursins des genres Epiaster, Hemiaster, etc. La partie supérieure du système est franchement marine et se relie plutôt au bassin pyrénéen occidental. 11 s'y fait une transition continue entre le sénonien et le danien, attestant que la région algérienne n'a pas dû participer au mouvement d'émersion qui, pendant l'époque danienne, se faisait sentir en Provence, dans les Corbières et dans l'Espagne orientale.
Aux environs d'Aumale, le crétacé est formé par un ensemble, très homogène et très continu, de marbres et de calcaires, dont la puissance dépasse 1000,u (2). Le cénomanien est caractérisé par Amm. rotomagensis, A. Nicaisei, Scaphites xquaiis, Ter. biplicata, Radiolites Nicaisei, Epiaster Villei, E. Ueberti. Au turonien appartiennent les marnes et calcaires à Hemiaster Fourneli. Enfin les assises les plus élevées du système sont clairement indiquées par Ostrea acutirostris, 0. Matheroni, etc.
Sur la lisière méridionale de l'Atlas, le cénomanien, puissant de 500m, est formé de marnes et de calcaires, présentant à leur partie supérieure une série remarquable de couches interstratifiées de gypse compact ou d'albâtre gypseux (3). Le turonien, qui a 100m dans le Sahara algérien, se compose de calcaires en bancs épais et résistants. Le sénonien, dont l'épaisseur peut atteindre 400m, offre des alternances de calcaires et de marnes.
Algérie orientale, Libye, Palestine. — Le turonien d'Algérie se montre, près de Batna, sous son faciès provençal, avec Linthia (Periaster) Veme\i\liy Inocer. labiatus. A. Laghouat il contient Amm. Requieni et A. peramplus. A sa partie supérieure se présentent les calcaires à Radiolites cornupastoris et Hipp. organisans. Le sénonien débute par des calcaires à Ceratites Fourneli, Orthopsis
(t) Zittel inToucas, Bull. Soc. géol. de France, 3° série, VIII, p 79.
(2) Peron, Bull. Soc. géol. de France, 2« série, XXIII, p. 686.
(3) Rolland, Bull. Soc. géol. de France, 3" série, II, p. 508.
miliaris, Hemiaster Fourneli, que surmontent des calcaires marneux à brevis et Amm. texanus, recouverts par des marnes à Ostrea proboscidea et 0- semiplana. Ces marnes, dont la position correspond à celle du deuxième niveau à hippurites de la Provence (1), supportent des calcaires à 0. vesicularis et Hemipneustes a fric anus, au-dessus desquels commence le danien. Ce dernier comprend, à la base, des marnes et calcaires à Nerita (Otostoma) rugosa, Ostrea larva, Orthopsis miliaris, puis une couche d'argile à Ostrea Ovtrwegi. L'ensemble du santonien, du campanien et du danien d'Algérie n'a pas moins de 400". Les calcaires sont presque noirs et les fossiles dominants sont les huîtres et les oursins (2).
Le système se poursuit par la Tunisie, la Tripolitaine et le désert de Libye jusqu'en Palestine, où M. L. Lartet a recueilli Amm. texanus, et en Asie Mineure, d'où M. de Tchihatcheff a rapporté Otostoma ponticum, Ostrea larva et les Orbitoides des Pyrénées.
Amérique *w Nord. — Tandis que les dépôts infracrétacés font défaut dans l'Amérique du Nord, ceux de l'âge de la craie y occupent une superficie considérable, atteignant, dans les Montagnes Rocheuses, une épaisseur de près de 3000". Sauf dans le Kansas, où la roche est de la craie proprement dite, les sédiments crétacés d'Amérique consistent surtout en sables, avec des marnes, des argiles, des calcaires coquilliers ou compacts, quelquefois parsemés de silex.
Les Américains distinguent le crétacé ancien (earlier cretaceous), qui parait correspondre â l'ensemble du cénomauien, du turonien et du sénonien, et le crétacé récent (later), qui parait être l'équivalent du danien. Le premier débute, dans le bassin du Missouri, par le Dakota group, série de grès jaunes et rougeàtres et de lignites avec restes de végétaux angiospermes, Platanus, Sasxafras* Liriodendron, Leguminosites, Salix, etc. Ensuite viennent le groupe de Benton et celui de Niobrara, qui renferment Amm. texanus, A. percarinatus, Gtyphœa Pitcheri, etc. Dans le Texas et l'Alabama, les couches de cet âge sont des calcaires compacts, où Ton observe, avec des Orbitolines, les genres Hippurites, Radiolites, Caprotina, qui font défaut dans le nord de l'Amérique. 11 y a donc, sous ce rapport, une frappante analogie entre l'ancien et le nouveau continent. Dans l'un comme dans l'autre, les rudistes n'existent que dans la zone méridionale. De plus, ces fossiles qui, en Europe, remontent jusqu'à Maastricht, ne se trouvent pas en Amérique au nord de l'Alabama, comme si, dès la période crétacée, il y avait eu, entre les deux continents, quelque différence analogue à celle qui, de nos jours, dévie les isothermes américaines, en les rapprochant de la zone équatoriale.
C'est aussi par des sables et des argiles avec végétaux angiospermes que commence le système crétacé du New-Jersey. Mais, tandis que, dans le Missouri, le crétacé supérieur consiste en couches d'argiles plastiques* et de grès, formant les groupes du Fort Pierre et des Fox Hills, celui du New-Jersey est constitué prin-
(1) Toucas, Bull. Soc. géol. €le France, 3e série, X, p.i98.
(2) Peron, Bull. Soc. géol. de France, 3* série, II, p. 436.