PLIOCÈNE DE LA FRANCE MÉRIDIONALE
quartzeux et grenatifère, dont la faune offre un mélange des espèces faluniennes de l'Anjou avec certains types caractéristiques du pliocène anglais, comme Voluta Lamberti. La présence, dans ce gisement, de Potamides Basteroti, semble devoir le faire attribuer au pliocène inférieur.
Dans l'Aquitaine, où nous avons vu que certains faluns appartenaient à la partie tout à fait supérieure du miocène, le pliocène paraît représenté par l'important dépôt du sable des Landes. Ce sable, dépourvu de débris organiques et caractérisé par un banc d'a/tos, a été attribué par quelques auteurs à l'époque quaternaire.
Rousalilon, Languedoc. — Dans le Roussillon, le pliocène est franchement marin; il se compose de marnes sableuses d'un gris bleuâtre, développées à Millas, Banyuls, etc., à plus de 50m au-dessus du niveau de la mer et contenant : Nassa semistriata, Chenopus pespelicani, Turritella vermicularis, Dentalium sexangulare, Pectuncidus glycimeris, Bal anus tintinnabulum, etc.
Un dépôt analogue dessine à Papiol, près de Barcelone, un ancien golfe de la mer pliocène.
A Montpellier, la base du pliocène est formée par des marnes sableuses jaunes à Auricula Serres*, Potamides Basteroti, etc., que surmontent 30 à 50m de sables jaunes, calcaréo-siliceux, micacés, avec lits d'Ostrea undata. Dans ces sables se trouvent aussi des ossements de mammifères, Mastodon brevirostris, Rhinocéros megarhinus, Tapirus arvernensis ,tetc. Dans le haut les sables passent à des marnes, que couronne un poudingue à éléments surtout calcaires. Les marnes contiennent les genres Hélix et Clausilia. A Celleneuve, près de Montpellier (1), les sables manquent et le dépôt marneux contient la faune pliocène d'Hauterives, dans la Drôme.
Dans le Gard, à Saint-Gilles, sur le Rhône, une marne bleue à fossiles subapennins supporte les sables jaunes à 0. undata et le pliocène se termine par un poudingue dont M. Collot a signalé la structure, qui indique un ancien delta torrentiel du Rhône. Le môme poudingue, sans doute identique avec celui de Montpellier, se retrouve à Arles et à Saint-Martin de Crau.
Des dépôts terrestres à Elephas meridionalis existent à Saint-Martial (Hérault) et à Durfort (Gard). Cette dernière localité a fourni des squelettes entiers du gigantesque proboscidien (2) ainsi que des restes nombreux de Rhinocéros. La végétation de ces gisements comprend des espèces de chênes qui, depuis, ont émigré en Espagne et au Portugal. Elle marque les derniers temps de la période pliocène.
Bassin du Rhône. Couches a congérles. — Le pliocène de la vallée du
Rhône, dans le Haut Comtat Yenaissin et le Bas Dauphiné, est intéressant parce qu'il occupe la région où sont venus expirer les derniers efforts de la mer. Cet
(1) Paladilhe in Tournouër, Bull, de la Soc. géol. de France, 3* série, H, p. 29 i.
(2) L'un de ces squelettes, exhumé d'un limon grisâtre sableux par N. Cazalis de Fondouce, a été monté, sous la direction de M. Paul Gervais, au Muséum d'histoire naturelle de Paris.
étage se présente souvent en discordance de stratification complète avec km*cène. Aux environs de Saint-Paul-Trois-Châteaux, on le rencontre adossé ta» bien aux grès turoniens (fig. 548) qu'à la mollasse, et son altitude augmentée
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Fig. 518. — Coupe de Saint-Paul-Trois-Chàteaux à Bollène (d'après M. Fontannes).
1, grés à Epiaster et à i noce rames; 2, grés à Amm. papalis ; 3, grés à Amm» Requieni; 4. sables et vgiks bigarrés éocénes : 5, mollasse sableuse à Peclen prxscabriusculus, avec poudingue à la base ; 6, molbB* à Pecten sub-Holgeri et P. subbenedictus ; 7, sables et grés à Peclen Genfoni; 8, marnes à coagèrie, 9, marnes à Nassa semistriata et Ostrea Barriensis ; 10, alluvions pliocénes des plateaux ; il, allovwfc quaternaires anciennes des vallées et des terrasses.
sud au nord et de Test à l'ouest. Ainsi on l'observe à 100m à Bouchet, à oOÔ* prés de Nyons, à 350m à Hauterives, ce qui prouve que le pliocène de eette région a participé tout entier au mouvement d'exhaussement qui refoulait la mer loin de nos contrées (1).
L'étage messinien est représenté par des marnes, des grès calcaires et des faluns, développés à Bollène, à Théziers, à Saint-Ferréol et contenant Congeria subcarinata, C simplex. C. dubia, Melanopsis Matheroni, Cardium Bolleneme, etc.
Marnes marines, couches a potamldes et à syndosmles. — Ces marnes à congéries, dont l'épaisseur ne dépasse pas 10m et qui sont l'équivalent atrophié d'une formation très développée dans le bassin du Danube, supportent des dépôts que M. Fontannes rapporte au plaisancien et qui, réunis avec les précédents, constituent le groupe de Saint-Ariès du même auteur. La série des couches est la suivante :
H. Sables ferrugineux
et marne sableuse
à Pot ami des Basteroti
(50m au plus).