PLIOCÈNE ITALIEN
TTFES ÉTRANGERS DIVERS DU SYSTÈME FLIOCÈME
Apennin, Toscane. — Des deux côtés de la chaîne de l'Apennin s'étend une formation composée de marnes et de sables et dont l'assise marneuse, la plus importante, a servi de type à d'Orbigny pour l'établissement de son étage subapennin.
L'étage inférieur ou messinien (zancléen.de M. Seguenza) se compose, dans la Ligurie centrale, de 20™ de marnes, poudingues et mollasses, à Cerithium pictum, C. rubiginosum, Venus multUameUa, Pecten cris talus, que surmonte une assise gypsifère de [100m avec Turritella subangulata, Pleurotoma cataphracta, Nassa semis triata. Le tout est couronné par 100m de cailloux roulés ou de marnes à lignite (1).
Au-dessus vient l'étage astien, dont la base est formée par les marnes bleues du Plaisantin, à Dentalium sexangulare, Turritella tomata, Xenophora crispa , Murex trunculust supportant les sables marins jaunes de l'Astésan, épais de 60m et riches en fossiles. Enfin ceux-ci sont couronnés par des marnes sableuses et des graviers ferrugineux à Elephas meridionalis et Hippopotamus major.
Dans le val d'Arno, au-dessus de marnes blanchâtres à Mastodon arvernensis, vient une assise de plus de 100m de sables jaunes à Unio, Anodonta, Paludina, supportant des sables micacés, puissants de 60m, avec un conglomérat dit Sansino. Ces sables sont le gisement d' Elephas meridionalis, Rhinocéros leptorhinus, Hippopotamus major.
A Stradella, prés de Pavie et à Senigaglia, dans les Marches, des dépôts d'eau douce contiennent des flores riches à la fois en espèces miocènes et pliocènes, avec traces de palmiers. Ces gisements se rangent sur l'horizon du messinien à congéries (2).
On observe aux environs du lac de Côme, près de Fi no, des lambeaux de marnes subapennines fossilifères, intercalés, sans dérangement manifeste, dans les anciennes moraines glaciaires. Quelques géologues en avaient d'abord conclu que les glaciers alpins avaient existé dès l'époque pliocène, déversant leurs moraines au fond de fjords occupés par la mer subapcnninc. Celte hypothèse, bien difficile à concilier avec le caractère de la faune pliocène, qui est celle d'une mer chaude, paraît aujourd'hui abandonnée, et la plupart s'accordent à considérer le gisement du lac de Côme comme le résultat du remaniement des argiles subapennines par les glaciers de l'époque quaternaire.
Les couches à congéries existent en Toscane, où elles sont caractérisées par la présence du soufre et du gypse. Elles abondent en Melanopsis et reposent sur les
(1) Mayer, Bull, de la Soc. géol. de France, 3# série, V, p. 292.
(2) De Saporta, op. cit., p. 326.
couches à iripoli des montagnes de Livourne, superposées elles-mêmes au tortenien. Elles équivalent au Schlier des géologues viennois, aux marnes de Wieliczh et à celles de la Valachie (1).
EaviroM *e Boom. — Aux environs de Rome, la base du pliocène est formée par les marnes bleues du Vatican (fîg. 549), contenant deux zones fossilifères,
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Fig. 549. — Coupe du pliocène de Rome (d'après M. Peut).
4, marnes inférieures; sables pliocénes; 3, conglomérats et graviers A Elephaa; 4, tuf TolcanâqiM; a, tone fossilifère du Vatican; b, zone fossilifère du Monte-Mario; c, zone d'Acqua traversa.
l'inférieure à Pecten rimulottu, Cleodora pyramidata, Flabellum Valicanum et la supérieure à Pecten crislatus, Dentalium elephantinum, Nassa semistriata (3). Au-dessus viennent les sables jaunes du Honte-Mario, renfermant trois zones : celle de la base, ou de Corneto, à Pecten lati&simus, P. flabelliformis, P. potfh dontus, Hinnites Cortesi; celle du milieu, ou du Honte-Mario, à Mactra triangult, Corbula striata, Cardium hians, Pecten varius, P. in$ubricusy TerebraÈtk ampulla; enfin celle du sommet, ou d'Acquatraversa, caractérisée par Dcmx trunculus, Cardium rusticum, Anomia ephippium. Sur cette zone reposent les sables jaunes et les graviers du Janicule, épais d'une quinzaine de mètres et contenant Hippopotamus major. Tandis que les sables du Mente-Mario sont sensiblement inclinés de Test à l'ouest, les graviers du Janicule sont horizontaux (3).
Calabre, Sicile. — Dans la province de Reggio, en Calabre, la base du messinieu est sans fossiles. L'assise qui lui succède et qui a été portée, en certains points, à 1200m au-dessus de la mer, est nu contraire très riche en espèces, doiil la moitié appartiennent à des formes vivantes. Ses couches ont subi d'importantes dénudations avant le dépôt de Yastien. Ce dernier atteint aussi de fortes altitudes et sa partie supérieure se présente à 832m au-dessus de la mer, offrant encore quelques espèces de climats chauds, bien que, depuis la base de l'a>lien, on commence à rencontrer des formes septentrionales, attestant un refroidissement général de la région (4).
Le pliocène est très développé en Sicile, où il a été porté à des altitudes de plus de 900m. Sa puissance dépasse t>00,n et on y remarque surtout des calcaiiv>. parfois très compacts, ayant de 200 à 2501" et remplis de polypiers et de Pcctea Jacobœus. Des tufs volcaniques y sont interstratifiés.
Les travertins des îles Lipari datent de la même époque et renferment les derniers vestiges du palmier nain, Chamxrops humilis.
(1) Capellini, Mem. Accad. dei Lincei, 3° série, 1880.
\1) Punzi, Bull, de la Soc. géol. de France, 2- série, XV, p. 555.
(3) Le frère Indes, Bull, de la Soc. géol. de France, 2« série, XX VU, p. 410.
(t) Scgut'iiza, Mem. Accad. dei Lincei, 1880.
PLIOCENE. EUROPE ORIENTALE. 1071
Bassin de vienne. — Dans le bassin de Vienne (fig. 550), le pliocène débute par l'étage mrmatique des géologues autrichiens. Ce sont des grès calcaires et
Fig. 550. — Coupe résumée du bassin de Vienne (d'après y. Hochsletter).
W.S., grés de Vienne; kr, roches cristallines de la chaîne de la Leitha ; I, étage méditerranéen, comprenant: a, conglomérat; b, calcaire de la Leitha; c, sable marin et Tegel; 11, étage sarmatique; 111, couches à congéries.
des marnes d'eau saumâtre, avec nombreux céritbes, Cer. pictum, C. rubiginosum et les genres Potamides, Buecinum, Tapex, Mactra. Ces couches sont reconnues maintenant sur de grands espaces de la Russie méridionale et de l'Asie centrale, dans toute la province aralo-caspienne (1).
Par-dessus viennent les couches à Congéries, constituées, à la base, par une argile qui forme le sous-sol de la ville de Vienne et se distingue par l'abondance de Congeria subglobosa et Menalopsis Martiniana, avec restes des genres Dinotheritim. Rhinocéros, Mastodon, Antilope. La partie supérieure de cette argile renferme des lignites et est couronnée par les couches du Belvédère, sables, graviers et argiles à Mastodon et Rhinocéros.
La flore de l'étage sarmatique est la même que celle d'Œningen, avec cette différence que les palmiers y font complètement défaut. Dans les couches à congéries, les Callitris et les camphriers ne se montrent plus et les Acacia ont quitté le sol européen ; mais on observe encore des Séquoia et des bambous ; le hêtre apparaît plus fréquemment que dans le miocène, par des types dont la grande extension atteste l'influence de l'humidité (2).
Europe orientale. — Les célèbres gisements salifèresde Wieliczka et les gîtes analogues de la Hongrie et de la Transylvanie appartiennent au pliocène. Le sel gemme et les argiles dans lesquelles il est intercalé renferment de nombreux fossiles, dont les trois quarts sont identiques avec ceux de l'argile à congéries du bassin de Vienne.
La Croatie et l'Esclavonie offrent un grand développement d'argiles àpaludines qui, reposant sur les couches sarmatiques, appartiennent au pliocène inférieur. En Roumanie, il existe d'autres couches à Paludines ou à Vivipara qui, supérieures aux couches à congéries, se placent sur l'horizon des dépots de l'Europe occidentale à Elephas meridionalis (3). Ces dernières assises se relient, par les paludines et les mélanopsides, aux dépôts bressans du même âge. La grande extension de ces dépôts, dans toute l'Europe orientale et l'Asie occidentale, témoigne du mouvement d'émersion qui a peu à peu réduit l'ancienne mer danubienne aux cuvettes saumâtres de la région aralo-caspienne.
(I) Tournouor, Bull, de la Soc. géol. de France, 3a série, III, p. 292. 2) De Sa porta, le Monde des plantes, p. 325. [~>) Tournouër, Bull, de la Soc. géol. de France, 3e série, VIII, p. 317.
Algérie. — Le système pliocène marin est très peu répandu en Algérie, est cantonné dans quelques dépressions du littoral (1). On le voit dans la p de Djidjelli, sous la forme de marnes fossilifères; puis aux environs d'à constituant les collines du Sahel, enfin auprès d'Oran et de Mostaganem.
Près d'Alger, le système se compose de marnes argileuses grises, sunna de calcaires jaunes sableux. Les gisements de Douérah et de l'Oued Nador très riches en fossiles. H en est de même des grès des environs d'Orai abondent les échinides.
Des dépôts lacustres pliocènes occupent d'assez grands espaces dans la Me et les environs de Constantine. On attribue à la même époque certains coi littoraux du Sahara. Auprès d'Oran, des dépots pliocènes d'eau saumétr fourni des restes à'Bipparion.
Amériqae d« Nord. — Les sédiments pliocènes sont peu développés dan États-Unis du versant atlantique. On ne les observe guère que dans les Carol où ils sont à l'état de sables et de limons, contenant plus de 50 pour 100 pèces vivantes, et dans le haut Missouri, sous la forme de couches d'eau d< avec nombreux mammifères.
Mais l'importance du système est considérable dans la région des Montai Rocheuses, où son épaisseur varie de 600 a 1000'". On y distingue (2) : Â. Conglomérat de Wyoming.
3. Grès du Niolirara et calcaires siliceux. 2. Grès silicem et tufs volcaniques de Humboldt. 1. Grès et calcaires du Korlb Pork.
Toutes ces couches sont d'eau douce et ont formé autrefois trois grands aux alentours desquels régnait un climat subtropical, voisin de celui c Floride méridionale. Des palmiers y Hérissaient et la faune comprenait, av. crocodiles, un grand nombre de mammifères des genres Elephat, Mtutvtlon, noceros. l'rocametus, Protohippiis, Erpius, etc.
Dans le .Nebraska, de nombreux emies de geysers éteints se montrent au ni des couches pliocènes.
Kri Californie, le pliocène alïerle, comme au
préparation mécanique naturelle, dans les partie dent aux anciens thalwegs les plus profonds. 1><
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