CAVERNES A OSSEMENTS
stitué par un calcaire suffisamment solide, on voit s'ouvrir, sur les flancs des vallées, des grottes et des cavernes capricieusement ramifiées et dont nous avons attribué l'origine à l'action des cours d'eau souterrains (1). Ces cavernes ayant dû être creusées au fur et à mesure de l'approfondissement des vallées, il est naturel, d'une part, que les phénomènes d'alluvionnement s'y soient fait sentir, d'autre part, que les pluies y aient fait pénétrer, à plus d'une reprise, des terres venant de la surface. Aussi est-il beaucoup de cavernes où des dépôts de sable, de gravier et de limon se sont introduits par les ouvertures libres ou déposés par l'action des courants intérieurs, sans que rien d'essentiel distingue ces dépôts de ceux qui se sont formés au dehors. D'ailleurs les eaux d'infiltration n'ont pas manqué, à diverses reprises, de donner naissance à des revêtements d'incrustation, et ainsi les alluvions et les limons des cavernes, avec Ursus spelxus, Hyœna spelxa, Felis spelœa, etc., peuvent alterner plusieurs fois avec des planchers stalagmitiques, dont chacun correspond à une période de calme, pendant laquelle l'infiltration s'exerçait librement sur les parois et le fond.
A l'époque où vivaient les grands herbivores disparus, l'homme ne parait pas avoir recherché particulièrement l'habitation des cavernes. Il en était autrement à l'époque dite magdalénienne, alors que les précipitations atmosphériques étaient devenues beaucoup moins abondantes et que probablement un froid excessif, cause de l'émigration ou de la mort des éléphants et des rhinocéros, obligeait les habitants de l'Europe à chercher un abri dans les cavernes. C'est alors que les silex taillés et les ossements humains s'y sont entassés avec ceux des hyènes dont ces grottes avaient été les repaires, et ceux des animaux, rennes, chevaux, etc., que l'homme chassait pour les besoins de sa nourriture. Durant cette phase, il ne s'est déposé dans les cavernes ni graviers ni planchers stalagmitiques. Mais il s'y est formé une terre rouge, véritable limon des cavernes, pouvant devenir une brèche à ossements et à silex et identique de tous points avec la partie rubéfiée du lœss des plateaux et des pentes. C'est ce même limon rouge qui, remplissant les fentes des calcaires, a donné naissance aux brèches ossifères, telles que celles du plateau de Santenay, dans la vallée de la Saône, remarquables, en général, parce que les squelettes y sont entiers, comme si, surpris par l'effondrement du sol sous leurs pieds, les animaux étaient tombés dans des gouffres béants que la neige, sans doute, leur dissimulait.
Grottes diverses. — Des cavernes à ossements s'observent à diverses hauteurs sur les flancs des vallées pyrénéennes, et M. Garrigou (2) a signalé une relation entre leur altitude et les restes qu'elles renferment. Ainsi les produits de l'industrie humaine se rencontrent, associés à ceux des Ursus spelœus, Hyœna spelœa, El. primigenius, etc., 1° dans les cavernes situées entre 150 et 200m audessus du fond des vallées ; 2° dans les couches les plus profondes des cavernes inférieures. C'est à une altitude bien moindre que se rencontrent les grottes de
(1) V. anlè% p. 241.
(2) Bull, de la Hoc. géol. de France, 2« série, XXIV, p. 396.
IW* ÉPOQUE QeàTERNADUS.
l'âge du renne, et enfin les animaux domestiques n'apparaissent qu'à l'entrée fa
cavernes ou à la surface de tous les autres dépita.
En Belgique, les cavernes ou abris de la vallée de la Lesse présentent, 1 1er
base , une couche de pariera d'origine Auviile, de l'Age du mammontk.
que surmonte l'argue jaune A b locaux de l'âge du renne. Cette dernière, a l'exception des Vrm ferox et Felis tpeUa, ne
n,. »,. - c..p. d. u d, iM,b.„ ,«■.,* »„.,>. mnlieM ^
1, c* luira dévonuri; î, plincbcr * tiligmi tique ; S. brèche; ^ r
*, couche noir»; ti, llmoo de» «tenu» ; B, c«illooï rooW». actuelles OU émigrétS-
C'est dans cette terre i blocaux qu'ont été trouvés les crânes humains de Furfooi et du Trou du Frontal.
La figure 557 représente la caverne de Rriiham, en Angleterre, intéressante par l'association qu'elle présente des diverses sortes de dépôts.
•rlfflM de la i«rr« «m «nn«. — L'explication proposée par H. S. YiooA pour l'origine du limon rouge à cailloux anguleux rend bien compte aussi de le formation du limon' des cavernes. Tandis que l'état de congélation du sol, ea empêchant les infiltrations profondes, suspendait le phénomène des revètemento wtalagmi tiques, par les fentes du terrain, comme par l'orifice libre des caverne*, s'introduisait la bouillie limoneuse provenant du dégel de la saison chaude ; et cette bouillie amenait avec elle les éclats de silex, empâtant dans sa masse la ossements et autres produits épars sur le sol des grottes. Comme d'ailleurs ce phénomène paraît s'être produit à l'époque où le renne dominait dans nos contrées, on peut dire que la terre des cavernes est caractéristique de l'âge du renne, sans préjudice des graviers et cailloutis plus anciens qu'elle recouvre et qui appartiennent à des phases antérieures. Le mammouth apparaît encore dans le terre des cavernes; mais il s'y fait rare. Quant à l'abondance des ossements de renne, il faut tenir compte de ce qu'ils ont été souvent entassés par la main de l'homme, qui les recherchai! pour en extraire la moelle.
Tonrblèrea, habitations laentttres, KJoeltkc a noed1 *!»■;■■ ~~ Les tourbières appartiennent, par leur début, à l'époque quaternaire, dont elles marquent!» dernière phase. Tel est du moins le cas des tourbières de la Somme, dont rétablissement a coïncidé avec le retour du régime humide, interrompu pendant l'âge du renne. Nous ne nous étendrons pas longuement sur cette ère des tourbières et des habitations lacustres, qui, sur notre sol, touche à l'époque historique et pendant laquelle une population connaissant la pierre polie, les animaux domestiques, les céréales et bientôt l'usage du bronze, a vécu, notamment sur les bords des grands lacs suisses, dans des habitations sur pilotis dites palafiUt* ou habitation» lacustres.