‹ Traité de géologie (volume 2)Chapitre 102 sur 483 · FORMATIONS CORALLIENNES · texte numérisé non relu

FORMATIONS CORALLIENNES

loppement des espèces coralligènes est la chaleur. Ces organismes cessent d*exister partout où, dans le mois le plus froid, la température de la mer s'abaisse au-dessous de + 20*. Les formations coralliennes sont donc limitées par les deux isochimènes de -h 20®, relatives à la surface de TOcéan. Le parcours de ces deux lignes est affecté d'irrégularités que nous avons signalées plus haut en en faisant connaître la cause (i). Ainsi, tandis que, dans TAtlantique méridionale, il y a des coraux au large de Rio-de-Janeiro, par 20® lat. S., il ne s'en trouve pas aux lies Galapagos, situées dans le Pacifique sous Téquateur, à cause du courant froid antarctique qui longe toute la côte occidentale de TAmérique du Sud.

La moyenne annuelle de la température pour les mers à coraux est de 25®,35 pour le Pacifique septentrional et de 2P,2 pour le Paciûque méridional.

Dans l'espace ainsi délimité, les espèces coralligènes sont véritablement florissantes. On y peut distinguer, de part et d'autre de l'équateur, deux zones : la z, tomnile, limitée par l'isochimène de 2o%4 et la z, mbtorride, de l'isochimène de 25*,4 à celle de 20". Dans la première, tous les genres coralligènes sont abondamment représentés : c'est le cas des îles Fidji. Dans la seconde, qui comprend les îles Sandwich, il n'y a pas de madréporides et les tribus des aslréacés et des fungiés y comptent peu d'individus ; en revanche, les coraux plus résistants, tels que les Porites^ y abondent. Le Brésil fait partie de cette zone.

Il esta remarquer que l'identité de température, entre deux points de l'Océan, n'implique par celle des organismes coralligènes. Il y a de nombreuses particularités régionales dont les conditionsphysiques ne suffisent pas à rendre compte et qui ne peuvent être expliquées qu'en faisant appel à 1 influence du passé. Ainsi les coraux du golfe de Panama n'ont aucun des caractères de ceux des Antilles.

Conditions pliysl^aes diverses. — Après lactionde la température vient celle de la profondeur. On a reconnu que les espèces coralligènes ne se développent pas au-dessous de vingt braises ou 57 mètres d'eau. Au delà de celte profondeur, elles peuvent encore exister à l'état individuel, mais deviennent incapables de s'associer pour construire des récifs. La cause de celte impossibilité ne doit pas être cherchée dans la température, car, dans le Pacifique moyen, la nappe située à 50 mètres de la surface possède le plus souvent une température supérieure à 25*. Sans doute la nécessité de l'accès de l'air et de la lumière est pour quelque chose dans cette limitation bathymétrique de la zone corallienne.

Les coraux peuvent être exposés à l'air pendant la durée de la basse mer. On en a vu qui, à ce moment, dépassaient de 0'",15 le niveau de l'eau. Mais une eau très [)ure leur est absolument nécessaire et ils ne peuvent croître à l'embouchure des fleuves, non plus que sur les rivages de sable ou de vase, à cause des matières solides que l'eau tient alors en suspension. L'eau douce n'est pas, par elle-même, un obstacle au développement des coraux, car en vertu de sa légèreté spécifique, elle reste à la surface; c'est par les sédiments qu'elle charrie d'ordinaire

(!) V. anle, p. 90.

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que son influence peut devenir nuisible. Les animaux perfoi*ants sont pour les espèces coralligènes im voisinage très gênant ; mais les serpules ne leur font pas de mal et se contentent d'incruster les parties mortes. Enfin les coraux, ayant besoin d'une assiette, ne peuvent s'établir sur une côte abrupte.

La rapidité avec laquelle s'accroit, non un récif, mais im corail vivant, varie avec les espèces. Les madrépores, ou coraux branchus, sont ceux qui se développent le plus vite. En 1857, H. Whipple a observé, sur la quille d'un navire qui avait fait naufrage 64 ans auparavant, une branche de madrépore de 5 mètres de long, ce qui correspond à un accroissement annuel peu inférieur à 0",08. Sur le genre Pontes^ M. Dana a mesuré un accroissement de 0"*,038, tandis que, pour la même espèce, observée près de Taïti, MM. de fienazé et Leclère ne trouvaient que 0">,018. Une Mœandrina des côtes de Floride a domié le chiffre de 0">,025.

RÉCIFS CORALLIEIIS

Celntarcs et barrières de réelfs. — On peut distinguer, avec M. Dana, les récifs coralliens proprement dits, qui bordent les côtes des îles et celles des continents et lesUes coralliennes, isolées en plein Océan, loin de toute autre terre.

Un récif corallien est un banc de rocher, construit par les coraux sur le fond de la mer dans le voisinage des côtes. L'approche d'un rivage bordé de récifs se révèle au navigateur par une ligne de brisants située au large de la ten^e et qui résulte de ce que la vitesse des vagues s'amortit sur cet obstacle surgissant tout à coup en travers de leur route. Le récif affleure, en général, juste à la hauteur de la basse mer.

On distingue les ceintures de récifs (fringing reefs) et les hannères de récifs (barrier-reefs), les premières bordant immédiatement la teiTe fenne, tandis que

les autres en sont situées à des distances susceptibles d'atteindre, Je long des côtes d'Australie, de 80 à 100 kilomètres. La figure 61 représente ces diverses formes telles qu'elles sont réalisées dans les îles Fidji. La condition des récifs est assez différente

Fig. 61.— Formations coralliennes des Iles

Fidji, a, Goro, avec ceinture de récifs; suivaut qu'ils soni extérieurs, cef^i-k-dive re-

^, Angau, avec ceinture et barrière ; c, l'ar- ,i. . ., , ,, ,.

chipci des Expioring uies avec barrières ^^vaul directement le choc de la pleine mer, très éloignées; rf, Nanuku. Atoll avec une ^u intérieurs, c'est-à-dire protégés en avant

seule pointe de rocher (d'après J.D. Dana). '^ ^

par d'autres récifs formant barrière.

Béelfo extéricars. — Les récifs extérieurs s'élèvent environ jusqu au tiers de

la hauteur de la marée, sauf en quelques points où l'accumulation de leurs propres

débris leur fait dépasser le niveau de la pleine mer. Leur surface n'est pas unie

et à mer basse on y observe de nombreuses flaques d'eau où prospèrent les espè-

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