RÉPARTITION DES VOLCANS. ÂS
Galapagos peuvent être à bon droit rattachés à la dépression intercontinentale. La même conclusion s*appliquerait aussi aux Canaries et aux Açores, qui mar^ quent Tentrée de la Méditerranée et aussi celle de la dépression saharienne.
Cotocldence des ehalaes ▼oleaal^aes avec les ipraades lignes de dépresstoa. — On voit donc que, sur la surface du globe, les grandes zones déprimées sont, par excellence, des zones volcaniques. Il y a plus, l'activité éruptive paraît atteindre son maximum aux points où la dépression intercontinentale vient rencontrer les trois autres. Ainsi les volcans si pressés du Mexique et des Antilles sont situés à Tintersection de la chaîne américaine et de la chaîne méditerranéenne et c'est à la rencontre de cette dernière avec la partie occidentale de la ceinture du Pacifique que le phénomène volcanique acquiert, dans les îles de la Sonde, sa plus grande ampleur. De même il semble que le croisement de la ligne intercontinentale avec c^lle de TAtlantique ait accentué dans ce dernier océan le caractère volcanique, d'ordinaire beaucoup plus atténué que celui du Paci» Hque, en donnant naissance aux volcans des Canaries et du Cap Vert.
L*étude de la répartition des volcans suggère une autre remarque d*une grande importance : c'est qu'ils se rencontrent presque toujours mr le flanc le plut nnde des rides de l'écorce terrestre. Ainsi on en chercherait vainement sur les^ côtes orientales des États-Unis ou sur celles du Brésil, entourées, comme on sait, d'une plate-forme sous-marine à faible profondeur, qui prolonge au large le domaine des continents. Pour la même raison, ils font défaut le long des côtes du nord-ouest de l'Europe ainsi que sur le littoral arctique. Au contraire, tous ceux de la ceinture orientale du Pacifique appartiennent à une côte abrupte, qui s'enfonce rapidement sous les flots de l'Océan. Ceux de la Nouvelle -^Zélande et des Iles Mariannes longent une portion du Pacifique où la sonde s'enfonce presque de suite à plus de 6000 mètres, et la belle série du Japon, des Kouriles et du Kamtschatka marque l'arête d'un talus escarpé qui plonge jusqu'à 8000 mètres au-dessous du niveau de la mer. De môme, devant les Antilles, on atteint rapidement des fonds de 6000 et même 7000 mètres et une chute du même genre, quoique moins brusque, se fait remarquer au lai^e de Java et de Sumatra.
Il est donc bien vrai, comme on a coutume de le répéter, que les volcans sont situés, presque sans exception, sur des îles ou sur des côtes; mais ce n'est pas à» cause de la mer qui baigne ces rivages, car on comprendrait mal l'absence du phénomène volcanique sur tout le littoral atlantique de l'Amérique. C'est parceque les volcans jalonnent des lignes de brusque dépression, dont le parcours ne peut manquer de coïncider avec un rivage manlime. Aussi est-il excessif de vouloir tirer de celte remarque la conclusion que la mer est nécessaire à la production des phénomènes volcaniques. La vérité est que ces phénomènes doivent avoir la même origine que les mouvements par lesquels la croûte terrestre, en s'affaissant, définit les zones où doit venir s'accumuler l'élément liquide. L'activité volcanique a son siège principal sur les points où les mouvements de l'écorce pa-
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raissent avoir été le plus accentués. De plus Timportance des éruptions semble en rapport direct avec Tamplitude des affaissements survenus, puisque les manifestations volcaniques, au voisinage du Pacifique, dépassent incomparablement en intensité celles de TAtlantique. Pour tous ces motifs il est difficile de se refuser à voir, dans Texistence des volcans, une conséquence, aussi directe que générale, des réactions provoquées par l'énergie interne de notre globe.
Yoleans conUBenCanx. — Cette localisation des volcans sur le bord des zones déprimées est un fait universel qui se vérifie jusque dans Tintérieur des continents. Ainsi l'Asie centrale est traversée par une zone d'affaissement, suite naturelle de la dépression aralo-caspienne et qui est caractérisée par le bassin du Lob-Nor et celui du grand désert de Gobi.
Or le premier est borné au nord par la chaîne gigantesque du Tian-chan ou des Monts Célestes, où il a certainement existé des volcans. D'après les chroniques chinoises, le Pe-chan, situé dans cette chaîne, aurait vomi, jusqu'au septième siècle de Tère chrétienne, « du feu, de la funiée et de la pierre fondue durcissant à Tair ». Le fait a été plus d'une fois révoqué en doute; mais l'incertitude à cet égard n'est plus possible depuis que, au sud d'Oumritsi, presque à l'extrémité orientale de la chaîne, Sloliczka a travei'sé une contrée volcanique des mieux caractérisées avec ses coulées de lave basaltique, ses cônes d'éruption et ses cratères ébréchés (1).
On a essayé de rattacher l'ancienne activité volcanique du Thian-chan à la présence de mers intérieures aujourd'hui desséchées. Mais l'existence de ces mers n'attestait qu'une chose, c'est que ces régions faisaient alors partie d'une zone déprimée. D'ailleurs la mer n'a joué aucun rôle dans d'autres éruptions non moins incontestables, comme par exemple celles de la Mandchourie. Ainsi il existe au sud d'Aïgoun, à plus de neuf cents kilomètres de la mer et loin de toute masse tant soit peu importante d'eau douce ou salée, une région volcanique où des éruptions ont certainement eu lieu en 1721 et 1722. Le Russe Vasilyev a retrouvé les rapports détaillés des savants chinois, décrivant la formation de cratères et de courants de lave, la projection de débris, les nuages de vapeurs, les émanations de fumerolles sulfureuses. Le nom même de la montagne, Ouyoun- Kholdongi ou « Dix Buttes », laisse soupçonner la formation, plusieurs fois répétée, de cônes de débris (2).
De même, vers les sources du Djounboulak, affluent de l'Oka, sur la frontière entre la Chine et la Sibérie, dans les monts Sayan, se trouvent deux buttes cratériformes, dites tasses, d'une hauteur de 125" au plus. Une coulée de lave de 20*'" de longueur s'en échappe, recouverte par des blocs de granité; or il n'y a, en fait de masses d'eau dans le voisinage, que les lacs d'eau douce du Baîkal et du Koso-gol (5).
(i) Reclus* Nouvelte Géographie universelle, IV, p. li.
(2) Id., ibid,, VI, p. ^48. — Semenow in Naumaiin, Lehrbuch, ï, p. 76.
(3) Kropotkin in ReclUiS, nouvelle Géographie universelle, VI, p. 752.