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SOURCES CHAUDES, SALSES ET MOFETTES

souffljlrds et sources chaudes

Sovliiards on Sanionl. — En continuant l'étude des manifestations de moins en moins violentes de l'activité volcanique sur son déclin, nous rencontrons d'abord sur notre route une classe d'émanations qui auraient pu tout aussi légitimement être décrites avec les geysers, mais que leur intime liaison avec les salses et les émanations froides nous a engagé à réserver pour cette dernière catégorie. Nous voulons parler des Soufflards ou Suffioni.

On donne ce nom à des dégagements de vapeur d'eau, de 105<» à 120® de température, qui forment des jets de 10 à 20 mètres de hauteur et sont disposées par groupes sur des fentes du sol. Les soufflards les plus connus sont ceux de la Toscane, où on les voit réunis par 10 ou 50 à la fois à Monte Gerboli, Gastel Nuovo et Monte Rptondo.

L'eau qui résulte de la condensation de la vapeur se déverse dans des bassins appelés Lagoni : elle renfeime de l'acide borique, qu'on en extrait en utilisant la chaleur des soufflards; il s'y forme aussi des dépôts de soufre et de gypse. Telle est, en particulier, l'origine de l'albâtre de Yolterra.

(t) Comptes rendut, UXXI, p. 1361.

Les suffionide la Toscane forment sept groupes distincts, concentrés dans n» même district au sud-est de Volterra. Leur approche est signalée par d^épais nuage» blancs et d'abondants dégagements d*hydrogéne sulfuré. Le sol est blanchâtre, détrempé et imprégné d'acide sulfurique. L*eau des lagoni est sans cesse agitée d'un mouvement tumultueux par la formation d'énormes ampoules dont chacune» en crevant, projette une gerbe d'eau bouillante.

On peut, à l'aide de forages, créer dans la même région des soufQards artificiels, qui se distinguent au début par la violence de leurs explosions ; cette violence est d'ailleurs susceptible de se reproduire, si l'on bouche momentanément les orifices, de manière à obliger les g^z à acquérir une forte pression.

L'acide carbonique est prépondérant dans les mélanges gazeux des soufflards do la Toscane. L'hydrogène sulfuré y entre en proportions notables ; le gaz des^ marais figure comme élément accessoire et est mélangé, ainsi que l'a constaté Ch. Sainte-Claire-Deville, à de l'hydrogène libre. La proportion relative des deux gaz combustibles est d'ailleurs très variable d'un soufflard à un autre.

Quant à l'eau des lagonU elle contient, avec l'acide borique, de la silice libre

4*t difTérents sels de soude, de potasse, de chaux, de magnésie et d'ammoniaque.

II y a des suffioni dont la température est très inférieure à cent degrés et qui,

par suite, établissent une transition insensible entre cette catégorie d'émanations

et celle des salses, dont il sera bientôt question.

Des émanations d'acide borique ont eu lieu aussi dans les contrées volcaniques de l'Amérique occidentale. C'est ainsi que le borax, ou borate de soude, forme un lac àClear-Lake, en Californie. On en observe également dans le sud de l'Orégon, le Nevada et l'Arizona.

Soarees chaudes d'origine TolewBiqiie. — A la suite des SOulTlards, nou» décrirons, sous le nom de sources chaudes d*origine volcanique, des sources thermaies que leur évidente connexion avec les volcans nous a empêché de classer avec les sources thermominérales, bien qu'elles ne présentent ni projections ni phénomènes d'intermittence comme les geysers.

Cette distinction, si arbitraire qu'elle puisse paraître, en raison de la difficulté de tracer une ligne de démarcation entre les deux séries, n'en est pas moins dans la nature des choses et il y a longtemps que le principe en a été indiqué par Elie de Beaumont dans son admirable Note sur les émanations volcaniques et métallifères (1). Voici dans quels termes l'illustre géologue s'exprimait à cet égard (2) :

€Les sources minérales sont généralement disposées par groupes dans chacun desquels existent une ou plusieurs sources tliermales principales, qui pourraient être considérées comme des volcans privés de la faculté d'émettre aucun autre produit que des émanations gazeuses qui, dans le plus grand nombre des cas,, n'arrivent à la surface que condensées en eau minérale ou thermale.

(1) BulUtin de la Soc. géol. de France, ^ série, t. IV, 1847 p. 1249.

(2) Ibid., p. 1272.

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