‹ Traité de géologie (volume 2)Chapitre 153 sur 483 · MINÉRAUX CONSTITUANTS DES ROCHES · texte numérisé non relu

MINÉRAUX CONSTITUANTS DES ROCHES

parce que la chaux domine sur la magnésie. Les membres les plus importants sont le DiaUage, surtout calcaro-magnésien, et VAugitey pendant de Thornblende, car il renferme de Falumine; mais il est plus riche en chaux. A cette famille se rattachent étroitement, par leur formule chimique (1), mais avec prédominance marquée de la magnésie, YEypersthène, silicate magnésien et ferreux, et YEnsiatite^ silicate magnésien, dont la Bronxite n*est qu'une variété. Ces trois silicates se" distinguent par leur forme, qui est le prisme orthorhombique de 95**. On leur donne, souvent le nom de Pyroxènes rhombiques.

5<* La famille du Perirfo^ comprenant des silicates surtout magnésiens, plus basiques que les précédents (2) et dont le plus répandu est VOlivine.

A la suite de ce groupe viennent naturellement se placer les silicates magnésiens hydratés, dont les principaux sont le Talc et la Serpentine, cette dernier paraissant être le plus souvent le produit d*une métamorphose opérée aux dépens du péridot et où Teau a joué un rôle capital.

Xliiéraax des géodes. — Jusqu'ici nous n*avons considéré que les minéraux qui forment ce qu'on peut appeler la pâte des roches. Mais il est des cas où cette pâte est caverneuse et parsemée de géodes ou cavités qui ont été ultérieurement remplies par des minéraux cristallisés. Ce remplissage est habituellement opéré par une classe très homogène de silicates appelés ZéolUhes et qui: tous sont des silicates d'alumine hydratés, pouvant contenir des alcalis, des terres alcalines et des terres. Dans le nombre nous citerons YAnalcime et la Mésotype, toutes deux sodiques et cristallisant, la première dans le système cubique, la seconde dans le système orthorhombique, puis la Chabasie, calcaire et rhomboédrique.

On voit, en résumé, que la classe des silicates suffît presque seule à constituer tous les éléments, soit essentiels, soit accessoires, des roches d'origine interne et que dans ces silicates, aux substances dominantes, silice et alumine, se joignent seulement, pour remplir cet ofBce, les oxydes des métaux les plus légers, depuis le potassium jusqu'au fer.

Ëiémeato des gîtes minérawK. — Il nous reste maintenant à parler des éléments de ce que nous avons appelé les gîtes minéraux non métallifères. La transition de ce groupe au précédent se fait par les Argues, c'est-à-<lire par des silicates d'alumine, généralement hydratés, dont le Kaolin est le type. Ensuite viennent une série de minéraux pierreux, dont la classification la plus naturelle est celle qui se fonde sur leur nature chimique : en premier lieu, les Oxydes et, à leur tête, V Alumine, donnant les gîtes de Corindon, avec les Aluminates de fer et de magnésie (Spinelle, Bauxite, etc.) ; puis les oxydes de titane, en particulier le Rutile, et l'hydrate de magnésie {BrucUé). Ensuite viendront les Carbonates, d'abord ceux de la série prismatique , c'est-à-dire les carbonates de baryte, de strontiane (Withérite, Strontianite) et ÏAragonite ou chaux carbonatée prisma-

(1) La formule chimique de tous ces silicates est RO . SiO^.

(2) U formule du péridot est 211 gO . SiO^

556 COMPOSITION DE LtCORCE TERRESTRE.

tique; puis les carbonates rhomboédriques, Calcile ou carbonate de chaux» Dolomie ou carbonate double de chaux et de magnésie, Giobertite ou carbonate de magnésie; les Sulfates de chaux, de baryte et de strontiane (Anhydriie, Gypse^ Bafytine, Célestine), qui tous, au premier chef, constituent des gîtes minéraux typiques; les Phosphates^ de chaux {Apatite, Phosphorité), d^alumine {AmUy' gonite, Klaprothine, Turquoise), les Borates, Niobates, etc. Enfin la série sera close par les Sels haloîdes, comprenant : les Chlorures {Sel gemme), et les Ftuo^ rures (Fluorine ou chaux fluatée, Cryolithe ou fluorure double d*aluminium et de sodium), non moins aptes que les sulfates et les phosphates à former, dans le sein des roches, de ces amas définis que nous avons indiqués comme la forme normale des gîtes minéraux.

Mliierals, Combastlbies. — En dehors des espèces qui viennent d'être énumérées, il n*y a plus à considérer que les Minerais, c'e§t-à-dire ces combinaisons par lesquelles un petit nombre de minéralisateurs, Oxygène, Soufre, Sélénium, Tellure, Antimoine, Arsenic, Carbone, etc., ont fait prendre aux métaux la forme pierreuse en les associant à des gangues qui toutes font partie de la catégorie précédente. Mais il serait hors de propos de mentionner ici les minéraux qui en résultent et dont la plupart trouveront plus naturellement leur place dans la description des gîtes métallifères. Nous ferons seulement une exception pour qpielques espèces qui apparaissent fréquemment dans les roches, surtout parmi celles du groupe basique. Ce sont la Magnétite ou fer oxydulé, Vllménite ou fer titane', la Pyrite jaune ou bisulfure de fer, la Pyrrhotine ou pyrite magnétique, le Fer chromé, le spinelle chromifère ou Picotite, la Pynte de cuivre ou Chalcopyrite, le Mispickel ou arséniosulfure de fer, enfin certains minerais du nickel.

Quant au groupe des combustibles, il est représenté dans les roches d*origine interne par le Carbone pur, soit à Tétat de Diamant, soit à Tétat de Graphite et par quelques hydrocarbures de la famille du Bitume,

Késnmé. B6ie de la sUlce et du earbone. — Tels sont les éléments fondamentaux de la croûte du globe. On voit combien le nombre en est petit et quelle place y tient Toxygène, combiné soit avec le silicium, soit avec le carbone et les métalloïdes, soit enfin avec les oxydes métalliques. On peut dire que l'oxygène constitue, à lui seul, la moitié en poids de la croûte terrestre, ou du moins de la partie de cette croûte accessible à nos investigations; après lui vient le silicium, qui forme 28 ®/o de toutes les masses cristallines d'origine éruptive. Le groupe de l'oxygène, du silicium, de l'aluminium, du magnésium, du calcium, du potassium, du sodium, du fer et du carbone constitue les ^^- de l'écorce. Dans ce qui reste, la prédominance appartient à l'ensemble du soufre, de l'hydrogène, du chlore et de l'azote.

M. Dana a fait observer (1) que la silice, saturée comme elle est d'oxygène et rebelle à toute altération, est, par excellence, l'instrument de la consolidation de l'écorce terrestre ; car lorsque par exception elle se laisse attaquer par des eaux {{) Manual of Geology, 1876, p. 49.

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