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PROGËDÉS D'EXAMEN DES ROCHES

risation pour voir se manifester toutes les apparences qui doivent servir à distinguer les minéraux constituants.

Apparences ehromatlqmes. — Pour bien foire comprendre ces apparences,

Fig. 110. — Plaque de granité de Vire (d'après M. Michel-Lé vy). ^ 1, quartz en gi*andes plages; 2 et 3, quartz en cristaux isolés; Â, mica ; 5, 6, oligoclase ; 7, cristal d'orthose ; 8, orthose en grandes plages.

Fig. 111. — Plaque de la figure 110, vue entre les niçois croisés. — Grossissement des deux figures, 80 diamètres — Les couleui's de polarisation sont remplacées par des hachures conventionnelles.

supposons qu'on ait affaire à une plaque mince de granité, telle que celle dont la partie visible dans le champ du microscope, par un grossissement de 80 diamètre, est représentée dans la figure HO, d'après M. Michel-Lévy (1). Si Ton enlève

ce qu'on appelle en cristallographie la xone pg^, rencontrera le pins souvent les quatre faces du prisme fondeimental et les deux faces g^ ; elle donnera donc un hexagone dont deux côtés, beaucoup plus allongés que les autres, seront parallèles à pg^. Cela posé, au moment où, dans la rotation de la plaque entre les niçois croisés, cet heiagone viendra à s'éteindre, la direction d'extinction, parallèle à la section principale de l'un des niçois, fei*a, à cet instant, un angle facile à mesurer avec celle de Tarôte pg^. Or, cet angle, pour les diverses faces d'une même zone, varie entre certaines limites qui ne sont pas les mêmes pour les différents feldspaths et qu'on peut calculer d'avance en partant des données optiques propres à chacun d'eux. C'est ainsi qu'on peut arriver à déterminer avec assez de vraisemblance la nature de petits cristaux, coupés par le plan des lames minces suivant des contours polyédriques reconnaissables. Pour les feldspaths du dernier système cristallin, qui se présentent en lamelles hémitropes, un très bon procédé de détermination, indiqué par M. des Cloizeaux, consiste à mesurer l'angle, variable avec chaque espèce, que font entre elles les directions d'extinction de deux lamelles consécutives. Ajoutons que ces notions peuvent être combinées avec celles que fournissent les clivages, qui souvent se manifestent sur les lames minces par un entre-croisement de lignes parallèles, se coupant sous des angles déterminés.

Mais ce qui rend le microscope à lumière parallèle singulièrement utile pour la reconnaissance des minéraux, c'est la production des phénomènes chromatiqueê. Lorsqu'un rayon polarisé traverse une lame extrêmement mince, il se divise à l'entrée en deux rayons qui cheminent dans la lame avec des vitesses inégales. Confondus à la sortie, puisque tous deux sont normaux â la plaque, ces rayons interféreraient s'ils n'étaient pas polarisés à angle droit. L'emploi de l'analyseur, en ne laissant passer de leur vibrations que les composantes de même sens, rend celte interférence possible. Il y a donc aflaiblissement d'une couleur de préférence aux autres et, par suite, production d'une teinte de polarisation qui varie avec l'épaisseur de la lame, la nature de la substance et le sens dans lequel elle se trouve taillée relativement à ses éléments cristallographiques.

(1) Bulletin de la Soc. géoL de France, 5* série, III, planche lY, p. 19i>.

5i<^ œMPOSmON DE L'ÉCORGE TERRESTRE.

le nicol analyseur, les différents minéraux constituants demeurent incolores, à Texception du mica, qui reste teinté de brun, et Ton a beaucoup de peine à distinguer leurs contours mutuels des cassures élémentaires qui peuvent exister dans chacun d'eux.

Mais quand la plaque est introduite entre les niçois croisés, on voit apparaître de brillantes colorations, dont la figure 111 donnera une certaine idée si, par la pensée, on remplace les figurés conventionnels par les teintes correspondantes. Ainsi, tandis que le quartz 1 offre un mélange de jaune et de rose clair, les cristaux de quartz 2 ressortent en noir, les cristaux de quartz 3, différemment orientés, en jaune, le mica 4 en brun foncé, les deux oligoclases 5 en jaune bigarré de noir, Toligoclase 6 en brun également bigarré de noir, Torthose 7 en grisâtre, tandis que le fond général d*orthose 8 présente un mélange de bandes sinueuses d'un bleu foncé avec des taches brunes de même orientation. Du môme coup, Tapparitiou des couleurs de polarisation introduit entre les minéraux contigus des différences tranchées qui aident à les distinguer et fait naître sur chacun d'eux des signes souvent caractéristiques des espèces.

Gela tient à ce que la couleur prise par une plaque mince d*un minéral donné, dans l'appareil à lumière parallèle, par suite de la décomposition qu'elle fait subir à la lumière blanche polarisée qui la traverse, dépend à la fois de la nature du minéral, de l'épaisseur de la plaque et du sens dans lequel cette plaque a été taillée relativement aux éléments cristallographiques de la substance. Ainsi le fond d*orthose8, ayant cristallisé assez largement pour avoir partout la même orientation, conserve une seule teinte dans tout le champ du microscope ; les deux cristaux 2, coupés presque perpendiculairement à leur axe principal, s'éteignent l'un et l'autre en même temps entre les niçois. Quant aux cristaux d'oligoclase 5 et 6, ils sont, comme presque tous les feldspaths tricliniques, composés de ce qu'on nomme des lamelles hémitropes, c'est-à-dire des plaques juxtaposées, dont chacune a tourné de 180^ relativement à celle qui lui est contiguê. Ces lamelles, à peu près invisibles à cause de leur finesse quand l'analyseur était enlevé, doivent donc apparaître entre les niçois croisés, avec des couleurs alternantes bien tranchées, propres à faire reconnaître au premier coup d'oeil les feldspaths du groupe desplagioclases.

Le quartz se fait remarquer d'ordinaire par la vivacité de ses teintes de polarisation, parmi lesquelles dominent le rose, le bleu, le jaune et le violet. Si plusieurs cristaux de quartz, différemment orientés, se rencontrent dans le champ d'une même plaque, ils offriront des teintes divei^ses ; mais en général la vivacité de ces teintes, jointe à des contours de forme sensiblement hexagonale, aidera à reconnaître l'espèce.

Si la roche contient des substances vitreuses, c'est-à-dire amorphes, ou encore des minéraux du système cubique, comme ces substances sont isotropes ou, autrement dit, sans action sur la lumière polarisée, elles seront toujours éteintes entre les niçois croisés.

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