‹ Traité de géologie (volume 2)Chapitre 163 sur 483 · CLASSIFICATION DES ROCHES · texte numérisé non relu

CLASSIFICATION DES ROCHES

iiu et celui de micropegmatolde quand il ne se révèle qu*avec le secours du niicioscope polarisant.

La figure 123 représente, d'après M. Michel-Lévy (1), la texture micropegniatoïde du porphyre granitoide de Boën. Autour d*un grand cristal ancien, le quartz et le feldspath sont venus former des assemblages enchevêtrés. Tandis que, aux niçois croisés, toutes les parties noires de la figure sont éteintes, les parties blanches du haut s'éclairent toutes à la fois d'une même teinte, en même temps que les petits cristaux cunéiformes de l'angle inférieur à droite en prennent une autre.

Variété» porphyrlqoes. — Dans le second cas, des cristaux de dimensions relativement considérables sont disséminés au milieu d'une pâte qui peut offrir l'une des textures ci-dessus mentionnées. Ainsi se développe la tenture porphyrotde, bien caractéri- '^'^J*^;.," T^i"*!!. •"•fropegma-

^^ /' r :f » lofde {d'après M. Michel-Lévy). —

sée dans les porphyres d'ornement. Mais comme une Grossissemem, 80 diamtires. roche quelconque , granitoïde , trachytoïde ou vitreuse, peut recevoir cette apparence de la présence de gros cristaux tranchant sur le fond, nous réserverons le mot de porphyroïde pour cette disposition très générale, et nous appellerons graniloporphyrique, irachytoporphyrique et vitroporphyriqiie les trois variétés de texture résultant de l'association du faciès porphyroïde avec chacun des trois types fondamentaux. Ces variétés diverses pourront d'ailleui*s être subdivisées suivant la manière d'être spéciale de la pâle au milieu de laquelle se développent les cristaux qui font de la roche un porphyre.

Textures do type vitreux. — La texture vitreuse en elle-même est susceptible de plusieurs variétés. Tout d'abord il y a des verres où l'écoulement de la niasse fondue s'accuse par la direction que les éléments delà pâte ont conservée, cette direction, dans un verre amorphe, pouvant être mise en évidence par des zones de coloration, des lignes de granules ^'^- ^?\' r p*'"'.^ P!;"*!î"®Ji"

^ » o o ^ pechstein de Fréjus (d'après M. Mi-

ou des traînées régulières de microlithes. C'est la chei-Lévy. texture d'écoulement ou fluidale.

Ensuite, dans beaucoup de roches vitreuses, le retrait qui accompagne la solidification fait naître des fentes circulaires ou spiraliformes, dont on voit de beaux exemples dans les rétinites et les perlites. C'est la texture perlitique (fîg. 124).

Enfin on peut appeler texture cristallitique celle des verres en grande pailie dévitrifiés par des cristalliles comme ceux de la figure 115.

(1) Bull, de la Soc. géol. de France^ 3» série, III, p. 190.

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TextoTM du tjpe «rAchytoide. — La texture mixte ou trachytoîde comprend trois types (1). Dans le premier, l'espèce de lutte qui s'établit entre Fétat cristallin et Tétat amorphe donne naissance à des globules ou sphérolithe$ d'une matière cristalline radiée, interrompue par des zones concentriques de substance amorphe. C'est la texture sphérolithique ou globulaire.

Dans le second, la matière mixte forme des traînées nuageuses et offre la composition d'un feldspath sursaturé de silice, comme celui despétrosilex. Une semblable texture s'appellera pétrosUiceuse.

Enfin le troisième cas est celui d'une pâte, plus ou moins vitreuse, abondante en microlithes ; c'est la texture microlithique (voir la figure 117).

Loi^sque la texture sphérolithique se développe en petit, les globules élémentaires, formés de fibres cristallines radiées, donnent lieu, sous les niçois croisés, à im phénomène optique intéressant, que la théorie de la polarisation explique suffisamment. Les globules se montrent traversés par une croix noire, cpii se déplace quand on fait tourner l'un des niçois. La présence, dans une roche, de globvles à croix noire est donc l'indice le plus net de la texture micr(hsphérolir thique.

Il est à peine nécessaire de faire observer que plusieurs variétés de texture peuvent se rencontrer ensemble dans la même roche. Ainsi s'explique la grande diversité des types lithologiqucs auxquels donne lieu l'association d'un nombi*e restreint de minéraux.

Ordre de eonsolldatlon des élémento. Aetloas seeoadalre». — Une considération assez importante est celle de Yordre de consolidation des divers éléments d'une roche. Une pâte encore fluide peut amener au jour des cristaux tout formés et sa propre consolidation est susceptible de s'effectuer en plusieurs stades. C'est ainsi que, dans un verre qui se refroidit après la coulée, on voit

quelquefois naître des arborisations de cristallites, puis, un peu plus tard, des fentes de retrait qui divisent en fragments les cristallites déjà constitués. Les cristaux anciens, ou de formation antérieure à la consolidation de la pâte, se reconnaissent à ce que souvent ils sont brisés, leurs fragments ayant ensuite été ressoudés, plus ou moins de travers, par le magma. D'autres fois, les dissolvants de ce Kg. 1Î5. — Cristal de quarii usé et dernier Ont corrodé les cristaux et la pâte a pénétré

corrodé, dans une rhyolithed'Aden, .*, . » • . /« .r^^v

d'après M. Vélain. (L'aspect de la dans les cavitéS amsl produites (fig. 125).

SÎaXr^nXîï^y^télu^^ » Y « des cas où l'ordre de consolidation n'est uniforme, sauf pour ce qui con- nullement douteux. Ainsi, dans la figure 117, on

cerne les sphérolithes.) °

voit une pâte vitreuse de pechstein porphyrolde, dont les microlithes accusent la texture fluidale^ Or les traînées de microlithes changent do direction à la rencontre des gros cristaux* dont elles épousent en (\) Fouqué et Micliel-I^vy, ojf. cil.

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quelque sorte le contour, comme fait un liquide visqueux quand il s^épanche autour d'un obstacle solide.

Mais souvent l'interprétation des faits prête à de sérieuses difficultés. Tel cristal, qui semble corrodé par un autre, peut s*ôtre moulé autour de ce dernier. Un petit cristal, complèteraenl enclavé dans un plus gros et semblant par suite antérieur à celui-ci, peut être le résultat d'une consolidation tardive au sein d'un premier individu d'abord réduit à son enveloppe.

C'est pourquoi, tout en tenant grand compte des indications données à cet égard par les auteurs, il ne nous parait guère possible, du moins quant à présent, d'ériger l'ordre de consolidation à l'état de donnée caractéristique pour la spécification des roches.

Enfin il est un autre élément dont l'appréciation n'^t pas moins délicate ; il s'agit des minéraux qu'on peut attribuer à des actions secondaires, c'est-à-dire très postérieures à la consolidation de la roche et produites par métamorphisme ou altération sur place de certaines parties constituantes. Nous sommes de ceux qui pensent que l'action de ce facteur ne doit pas être exagérée et qu'en dehors de certains cas très nets d'épigénie ou de pseudomorphisme^ qui d'ailleurs ont pu se produire au moment même de la consolidation des roches, il convient, jusqu'à nouvel ordre, de ne pas faire une trop grande place aux actions secondaires.

Hinéraiix dominants. — En revanche, l'indication de certains minéraux dominants peut être très utilement employée dans un but de classification, surtout quand il s'agit des roches basiques, beaucoup moins variées dans leur texture que les roches acides. Aussi nous servirons-nous volontiere des mots de famUle du péridot, fcmiiUe de V amphibole, etc., pour désigner certaines classes importantes de roches qui tirent leur principale caractéristique de la présence du péridot, de l'amphibole et autres silicates analogues.

La spécification des espèces minérales dominantes est du reste iin moyen simple de préciser le caractère chimique d'une roche plus qu'on ne peut le faire par l'emploi des mots acide, basique ou neutre. En effet, d'une manière générale et sauf quelques types exceptionnels, on peut dire^que toute roche d'origine interne est formée de deux sortes d'éléments, les ims feldspathiques ou acides, généralements blancs ou de teinte claire, les autres basiques et noirs ou de teinte foncée. Or l'indication de l'élément blanc dominant, suivant que cet élément est l'orthose ou un plagioclose, fait connaître si c'est la potasse ou bien la soude et la chaux qui l'emportent parmi les oxydes légers, tandis que la mise en évi* dence de l'élément noir (mica noir, amphibole, pyroxéne, péridot), qui peut être ferro-magnésien ou ferreux et calcarifère, ou simplement magnésien, apprend à connaître celle des bases lourdes qui est prépondérante.

IHfllenltés de la elasslflcatlon des roehes. Idée générale dn système adoipté. -*• Nous ajouterons qu'à un moment où la pétrographie, longtemps paralysée faule de mojens suffisants d'information, vient à peine de prendre soli

essor» nous ne saurions avoir la prétention d*ofrrir ici une classification qui puisse être exempte de toutes critiques. Nombre de savants distingués se sont déjà essayés à cette tâche et il suffit de constater à quel point leurs vues sont souvent divergentes pour apprécier les difficultés d'une telle entreprise. Le mode de groupement auquel nous nous arrêterons, en grande partie inspiré par les travaux de MM. Hichel-Lévy, Fouqué et Rosenbusch, offrira du moins lavantage de respecter, mieux que les autres, les analogies de gisement, en évitant de confondre dans un même groupe, sur la foi de certaines ressemblances minéralogiques, des roches aussi différentes par leur âge que par leur fonction dans Técorce du globe.

Les roches d'origine interne forment à nos yeux une série parfaitement ordonnée, où les principaux caractères de chaque groupe témoignent d'une modification progressive dans les conditions de la consolidation. 11 est vrai que plusieurs savants professent l'opinion que des roches identiques peuvent avoir été produites à des époques très éloignées les unes des autres. Mais pour que cette identité ait lieu à la fois dans la composition chimique, dans la composition minéralogique et dans la texture, il faut d'une part que le magma liquide soit demeuré invariable, d'autre part que les conditions extérieures de sa consolidation n'aient pas varié. Or ce serait mal connaître la marche progressive des événements dont l'écorce terrestre a été le théâtre, que d'admettre en principe la possibilité habituelle d'une pareille invariabilité. Que le fait se soit présenté plus d'une fois, nous ne prétendons pas le nier; mais nous pensons qu'il en a été autrement dans la plupart des cas. L'art du pétrographe doit précisément consister à savoir reconnaître ces menues différences qui séparent deux roches d'apparence analogue, comme l'habileté du paléontologiste consiste à ne pas confondre deux espèces d'âge très différent, quoique très voisines l'une de fautre par leurs caractères extérieurs.

Bxiposé des redierches de M. Horhj, Perles Titreuses artlfleielles. laitiers. — Pour démontrer qu'il ne s'agit pas là d'une vue théorique conçue a priori, mais bien d'une notion qui s'impose, en quelque sorte, comme le résultat d'une expérience très générale, nous ne croyons pouvoir mieux faire que d'exposer, pour terminer cet aperçu, les vues auxquelles de consciencieuses observations ont récemment amené le fondateur même de l'étude microscopique des roches, M. Cliflon Sorby.

Désireux d'apprécier à leur valeur la signification des inclusions et celle des diverses manières d'être de la cristallisation dans les roches d'épanchement, M. Sorby (1) s'est fivré à une série d'études comparatives sur la texture des roches naturelles, d'une part, et celle des produits artificiels des laboratoires et des fourneaux métallurgiques, d'autre part.

Les premières expériences de l'auteur ont porté sur les perles vitreuses qu'on

{i) British Associaiion, 1880. ^Geological Uagoaine, 1880, p. 408.

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oblieiil en fondant au chalumeau, avec le borax, des oxydes métalliques. Si l'on sature les perles et qu'on varie les conditions de leur refroidissement, il est aisé de faire naître des circonstances très diverses et de constater chaque fois, avec le microscope, les résultats produits. Ur on obsei^ve que, dans ces expériences, il est très rare qu'il se forme des petits cristaux simples et solides. La production la plus constante et la plus caractéristique est celle de squelettes cristallins; ces squelettes sont composés de tout petits individus, assemblés de manière à simuler des arborisations ou des ramifications en éventail et rentrant dans les cristallites et trichites si bien étudiés par Yogelsang. En outre, de nombreuses aiguilles isolées, de la même nature, sont disséminées dans la masse.

L'étude des laitiers de fourneaux a montré à M. Sorby que, sauf dans quelques cas exceptionnels, les cristaux bien formés y étaient très rares. En Angleterre, où l'on emploie rarement des fondants pour la fabrication de la fonte, les laitiers ne renferment jamais de feldspath, mais on y trouve une variété de pyroxéiie en cristaux. Conune dans les perles de borax, les squelettes de cristallites abondent, affectant les formes les plus variées.

Boches ▼oleanlqueif. — Si des laitiei's on passe aux produits de la fusion artificielle, avec refroidissement lent, des roches naturelles telles que le basalte, on observe que la matière obtenue est bien, conune celle qui lui a donné naissance, entièrement composée de cristaux, appartenant aux mêmes espèces minérales. Mais ces cristaux n'ont plus la même forme et aiTectent d'auti'es dispositions; ils sont sensiblement plus petits et manifestent ujie tendance marquée à se grouper à la manière des cristallites. Si donc, sous l'influence d'une fusion sèche, la composition minéralogique de la roche n'a pas varié, du moins sa texture s'est considérablement rapprochée de celle des laitiers et des j»crles vitreuses.

Cela posé, les roches d'origine volcanique, c'est-à-dire celles de la série que nous avons appelée moderne, ne laissent que très exceptionnellement voir des squelettes cristallins élémentaires. A l'exception de l'obsidienne, qui est un verre de même texture que les laitiers, le fait dominant est la tendance au développement de grands cristaux simples et bien définis. Jamais, dans ces roches, l'augite ni la magnétite n'ont été rencontrés en squelettes de cristallites. Cela ne veut pas dire que ces roches volcaniques n'aient pas été fondues. Bien au contraire, la plupart contiennent des inclusions vitreuses parfaitement caractérisées, c'està-dire de véritables verres dont l'état primitif de fusion ne peut faire l'objet d'aucun doute. Mais il est permis d'en conclure que la fusion ignée de ces roches a été entourée de conditions extérieures propres à influer notablement sur le résultat final.

On pourrait croire que la principale de ces conditions a été la lenteur du refroidissement et attribuer la formation des cristallites à une solidification brusque ; mais l'observation prouve que certaines roches naturelles, au contact des terrains

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encaissaiils, qui ont certainement dû amener un refroidissement rapide, se sont bornées à prendre im grain beaucoup plus fin, sans se rapprocher en aucune façon de la texture des verres. L*influence de la masse ne paraît pas non plus de nature à se manifester dans ce sens. Il faut donc admettre autre chose et M. Sorby cherche ce facteur inconnu dans Faction de la vapeur d*eau. Cette vapeur, qui se dégage si abondamment dans les éruptions volcaniques, ne peut manquer, avant de s'échapper, d*agir puissamment sur le mode de développement des cristaux. M. Daubrée a d'ailleurs obtenu, par l'action de l'eau surchauffée, des cristaux d'augite ayant les caractères de Taugite des volcans et non ceux du pyroxène qu'on observe dans les laitiers et les verres. C'est pourquoi, tout en reconnaissant que cette hypothèse n' est encore que plausible et doit attendre de l'expérience sa sanction définitive, H. Sorby la propose comme une explication admissible des faits.

Boches ffraiiltoldes. — Les roches de la famille granitique, c'est-à-dire les roches acides de la série ancienne, sont entièrement formées de cristaux individualisés. Si l'on soumet une d'entre elles, par exemple la syénite des environs de Leicester, à une fusion ignée, suivie d'un refroidissement lent, on voit naître, tant pour le feldspatli que pour la magnétite, des cristallites bien accentués et il n'y a plus de cristaux solides de feldspath, de quartz ni d'hornblende. D'ailleurs il est aisé de constater que, dans la roche à l'état naturel, le quartz est parsemé d'inclusions liquides, attestant qu'au moment de la consolidation de ce minéral l'eau était présente, soit sous forme liquide, soit à l'état de vapeur assez fortement comprimée pour se condenser ensuite en un volume d'eau presque égal au sien. On sait de plus que l'eau des inclusions de certains granités est sursaturée de chlorures alcalins. Quant au feldspath, sa consolidation paraît avoir eu lieu bien au-dessus du point critique de l'eau, c'est-à-dire à une température dépassant celle à laquelle l'eau peut rester liquide, quelle que soit la pression. Le feldspath a gardé dans son intérieur de la vapeur fortement comprimée et relativement exempte de sels solubles ; tandis que le quartz s'est solidifié alors que l'eau était déjà liquide et avait pu se saturer d'alcalis.

M. Sorby a étudié les roches porphyriques de Comouailles, qui offrent des passages assez caractérisés entre les granités et les roches compactes. Sa conclusion est qu'on ne saurait attribuer l'état granitique à une modification survenue^ après coup, dans la cristallinité d'une pâle primitivement vitreuse. Il serait impossible d'expliquer par là cette profonde différence entre les cristaux des deux séries, dont les uns contiennent des inclusions vitreuse^ et les autres des Inclusions liquides.

Bésomé. — En résumé, M. Sorby pense que les caractères fondamentaut de la texture dans les roches peuvent être exprimés par la série ascendante qui suit :

1. Squelettes «le cristallites. I Tu Inclusions vitreuses. 1 5. Inclusions liquides.

'2. Cristallites en éventail. | ^. Cristaux délinis. I

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