‹ Traité de géologie (volume 2)Chapitre 212 sur 483 · DÉVONIEN ARDENNAIS · texte numérisé non relu

DÉVONIEN ARDENNAIS

laire du calcaire dans un ensemble de schistes, où ce calcaire parvient, comme à Frasne, à former exceptionnellement des massifs de 500 à 600 mètres. Tantôt le calcaire est bleu, tantôt il est bigarré de rouge et de vert (rouge de Flandre, marbres de Rance et de Fromelennes). Au nord de Givet, près du fort Condé (fig. 25i), on peut relever la coupe suivante :

/ Schistes de Matagne à Cardium palmaturn.

! 50" de schistes à nodules argilcH^caires et masses de calcaire rouge, avec Atrypa reticulari» et Spirifer Vei-neuili, Sous-étaM i ^^" ^® calcaire hieu foncé. fmftniAn < ^O" de schisles à Camarophoria formosa. 1 10" de schistes à Receptaculites Neptunû 6" de calcaire argileux h Spirifer Orbelianus, S, aperturatuê, S. Vemeuili^

Atrypa relicularis, Orthiê êtrialula, Aviculopecten Neptuni. Calcaire de Givet.

Les Bronteus flabellifery Cryphœus arachnoïdes, Goniatites intumescens, Spirifer euryglossus^ Rhynchonella cuboîdes, Pentamertu brevirostris^ Cyathophyllum hexagonum, appartiennent à l'ensemble du calcaire frasnien.

Ce calcaire est d'ailleurs plus constant et plus épais, dans TEntre-Sambre-et- Heuse comme aux abords du Condros, que le calcaire de Givet, avec lequel il a été souvent confondu sous le nom de calcaire eifélien (1). Du reste, selon M. Dupont, les calcaires frasniens constituent, comme ceux de Teifélien, de vrais récifs dont les uns sont formés de Stromatopora et les autres, les calcaires rouges, d'Alvéolites suborbicularis avec Acervularia et Stromatactis,

Quant aux schistes de Matagne, ils sont noirs, durs, homogènes, pyriteux, fmement feuilletés et contiennent Cardium palnuUum {Cardiola retrostriata), Bactrites subconicus, Cypridina {Entomis) serratostriata, Goniatites retrorsus.

A Test de Givet, auprès de Barvaux, ces schistes deviennent peu à peu d'un rouge violacé et renferment une variété à très longues ailes de Spirifer Vemeuili.

Le sous-étage de la Famenne présente deux faciès qu'on a longtemps regardés comme caractérisant des assises distinctes et dont l'équivalence a été démontrée par H. Gosselet; le faciès schisteux des schistes de Famenne et le faciès arénacé des psammites du Condros.

1*» Fades schisteux. On peut distinguer, de haut en bas :

' 4. Calcaire d'Etrœungt A Spirifer distans, avec mélange de fossiles dévoniens fiMM^iiiffA i {Spir, Verneuili, Atrypa reticularis) et de fossiles carbonifères (Spir. distanê, ^*^^ 1 S, mosquemU), , « ' i 3. Schistes de Sains à Rhync. letiensit, la rameime. ^ ^ schistes de Marienbourg khh. DumorUL V 1. Schistes de Senzeilles à Rh. Omaliuti,

Toutes ces assises contiennent le Spirifer Vemeuili (S. disjunctus), qui abonde également dans le frasnien et est ainsi l'espèce caractéristique du dévonien supérieur.

(i) Gosselet, Ann. de la Soc. giol. du Nord, lU, p. 36.

2° Faciès arénacé. On y peut distinguer six assises (1) .

/ 6. Calcaire d'Etrœungt.

( 5. Psammites d'Évieux, micacés et schistoïdes, à Palœopieriê hibemica, Sphe* Sous-étage \ nopteris flaccida^ Racophyton Condrusorum^ etc.

de ^4. Psammites durs, à pavés, de Montfort, avec Cucullœa Hardingii,

la Famenne. J 3. Macigno (grès argilo-calcaire) de Souverain-Pré.

[ 2. Psammites d'Évieux, avec nombreuses tiges de Poteriocrttms.

\ 1. Schistes argileux verts, à lamellibranches nombreux.

Aux environs de Dolhain, un marbre rouge à crinoïdes, avec calcschistes, épais d'une cinquantaine de mètres, parait former une couche subordonnée vers la base des psammites du Condros (2).

Le famennien change encore de caractère dans le bassin de Namur, où il ne se compose plus que de schistes oligistifères à Sp. VemeuUU que surmonte le grès à pavés des Ëcaussines, avec Cucullœa trapezium.

En résumé, dans cette région de l'Ardenne où le dévonien, sans cesser d'être marin, a presque toujours eu un caractère littoral, la diversité des dépôts est extrême. Les rapides variations minéralogiques d'une môme assise, ainsi que les lacunes que présente la série sur un môme point, attestent la mobilité du sol. En môme temps les colorations rouges et vertes très tranchées que présentent les couches semblent indiquer, avec la fréquence des gisements d'oligiste, que les phénomènes chimiques ont dû, à plus d'une reprise, intervenir activement dans la formation des sédiments.

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