‹ Traité de géologie (volume 2)Chapitre 237 sur 483 · Dolomie du moulin de ilure · texte numérisé non relu

Dolomie du moulin de ilure

Les quatre premières assises appartiennent au sous-étage du calcaire de Visé. Le calcaire de Tournai fait défaut dans le Boulonnais aussi bien que dans le nord du pays de Galles.

La dolomie de Hure est cendreuse, brun foncé, renferme 33 pour cent de carbonate de magnésie et contient de nombreuses tiges d*encrines.

Le calcaire du Haut-Banc, activement exploité, fournit un marbre gris rougeâtre et violet (marbres dits Henriette et Caroline). On y observe Productus Cora et des polypiers du genre Lithostroiion. Son épaisseur est de 150°.

Le marbre Napoléon, gris ou rosé , renferme : Terebratula elongata , Spirifer glaber, Orthis crenistria, Chonetes papilionacea , Productus undatus, P. semireticulatuSy P. scabriculns, P. giganteus, Euomphalus pentangulatus, Natica antiqua, Loxonema sulcata (2). Cette assise a de 25 à SO*".

Le calcaire à Prod. giganteus, noir à IJardinghen et parfois semi-cristallin par suite de Tabondance des tiges d'encrines, contient souvent des lits de silex. C'est à cette assise, synchronique du calcaire de Visé, qu'appartient le marbre gris à veines rouges dit Joinville,

Le grès des plaines d'Hardinghen, équivalent du millstone grit, est brun clair, micacé et renferme de petites couches de schiste, de houille et de calcaire. On y a trouvé Productus carbonarius, Stigmaria ficoides. Calamités (3).

(1) Gosselet, Esquisse des terrains primaires. — Barrois, Geologists' Assoc, VI, n* 1. (!2) Godwin Austen et Sharpe in barrois, loc. cit, (3) Barrois, loc. eit,

DE LAPPARERT, TRAITC DE CCOLOGIE. -48

Le terrain houiller de Locquinghen est essentiellement schisteux : il y a peu de bancs degrés; mais le minerai de fer y est assez abondant. Les schistes associés à la houille offrent une flore composée de Pecopteris Loshiy Hevropterû heterophylla, Sphenopteris coraUoides^ Trichomaniies ddicatulus , Annularia radiatUy Calamités Suckowi. Cet ensemble caractérise la zone des charbons gras qui, selon Tabbé Boulay (1), occupe, dans Tordre descendant, le second rang parmi les divisions du terrain houiller franco-belge.

LE SYSTEMS PCRMO-CARBOMIFÈRB DAMS LA RÉaiOM DBS TOSABS BT DB LA rORÊT-MOIRB

AUnre ^nérale. BasslM de l« Sarre. — La grande bande houillère qui comprend les gisements de TAngleterre, de la Flandre, de la Belgique et de la Westphalie, marque, selon toute vraisemblance, la ligne de lagunes qui suivait le rivage de la terre ferme à Tépoque carbonifère. Au sud de cette ligne, on ne rencontre plus que des lambeaux houillers assez étroitement limités , de formation nettement continentale et appartenant, pour la plupart, à ime phase de végétation postérieure. De plus, quand ces bassins ne reposent pas directement sur le terrain primitif, ils en sont séparés par des formations de nature arénacée, où le calcaire, quand il existe, ne joue qu un rôle tout à fait subordonné.

Le premier et le plus important de ces lambeaux est celui de la Sarre. C*est le seul qui présente, avec un développement sérieux, des couches de houille contemporaines de celles du Hainaut et, ce qu'il y a de remarquable, c'est que la série de ces couches est en stratification parfaitement concordante avec un ensemble houiller de formation beaucoup plus tardive , de telle sorte que la paléontologie seule a permis de séparer les deux étages.

La série de la Sarre, épaisse de plus de 3000"», comprend :

Grès rouge êupérieur, formé de conglomérats sans fossiles, déposés après les éruptions porphyriques et mélaphyriques.

Couches de Lebach. b. Argile schisteuse, avec minerai de Lebach, renfermant Wal- A. i chia avec insectes et Archegoêaurus, Acanthodes, XenacanthuSj Amblypterus, Pa-

^, ?® < lœoniscm.

pr* mien, j ^ Couche mince de houille avec toit de schiste siliceux à Âcanthode$ et Xenacanlhuê.

Couches de Cusel^ à Walchia piniformis^ Callipteris confei'ia. Calamités gigas, \ associés à des plantes houillères.

ib. Supérieures, avec grès rouge feldspathique à la base, a. Inférieures, contenant quelques lits dj houille, avec Atuhracosia, Estheria, Leaia (crustacé), Pecopteris arborescens, Odontopteris obtusiloba.

f c. Supérieures. — Conglomérats et grès rouges grossiers. Couches 1 argiles schisteuses, lits insigniflants de houille.

, .e Sarrebruck. j ^ Mo^ennes^ | ,^.^ ^^ ^ ,„^.„, ^^,^^^

Les couches de Sarrebnick proprement dites correspondent, par leur flore, à (\) Le Terrain houiller du Nord de la France et ses végétaux fossiles, Lille, 1876.

SYSTÈME PERMO-GiKBONIFÈRE. TYPES YOSGIENS. 755

la zone moyenne de la deuxième phase, à celle qui comprend les bassins du Nord et du Hainaut. Quant aux couches d*Ottweiler, qu*aucime discordance ne sépare des précédentes, elles appartiendraient à la fin de la troisième phase et se placeraient sur Thorizon des couches supérieures de Saint-Étienne.

Pour M. Weiss (1), les couches d*Ottweiler et celles de Cusel forment deux zones de passage entre Tétage houiller et Tétage permien, la première avec affinités houillères dominantes, tandis que la seconde serait plus nettement permienne. Le sommet de l'assise d'Ottweiler offre deux couches de calcaire, assez régulières malgré leur faible épaisseur.

(fapMiwacke ▼«»«0leMie. -^ Le bassin de la Sarre est situé assez en avant de la région vosgienne pour que ses caractères soient en quelque sorte intermédiaires entre ceux des grandes lagunes maritimes et ceux des dépôts continentaux. C*est à cette dernière catégorie qu'appartiennent , sans contestation , les gisements houillers du pourtour des Vosges, consistant en plusieurs lambeaux qu'on peut ramener à deux groupes (2) : celui de Saint-Hippolyte et de Ville, et celui de Bonchamp et de Roppe.

Avant d'en faire connaître 'les traits essentiels, il convient de mentionner le faciès particulier de l'étage anthracifère dans les Vosges. Cet étage se présente sous la forme d'une grauwacke, généralement brun jaunâtre ou verdâlre, dont le principal gisement s'observe à Burbach, près de Thann. Celte grauwacke se lie intimement, comme Élie de Beaumont l'a depuis longtemps reconnu (3), aux porphyres brunn des Vosges, lesquels ne sont autres que les équivalents des por- ' phyres noirs du bassin de la Loire. On voit le porphyre à cristaux de feldspath passer latéralement à une sorte de conglomérat porphyi-ique à fragments anguleux, puis à une grauwacke à grain fin et celle-ci se transforme fréquemment en un véritable pétrosilex où persistent les empreintes végétales de la grauwacke. Ainsi cette dernière est un tuf de porphyre. On l'observe encore sous cette form4^ à Rougemont, prés de Belfort.

Dans cette localité comme à Burbach, la fgrauwacke abonde en végétaux fossiles, Stigmaria ficoides^ Bomia - radiata ^ Lepidodendron Veltheimianum ^ Cardiopteris frondosa, C. polymorpha^ Sphenopteris Schtmperi, Triphyllopteris CoUombi (i).

A la même formation appartiennent les schistes de Plancher-les-Mines, qui paraissent être placés à la hauteur du calcaire carbonifère proprement dit, car ils renferment Productus giganteus et les genres Amplexus^ Euomphalus et Phillipsia (5). Du reste, des fossiles marins et notamment des Productus ont été tout récemment découverts à Burbach, confirmant l'assimilation de la grauwacke de Thann au Cidtn ou faciès côtier et terrestre de l'étage anthracifère.

(i) Foêtile Flora der Steinkohlenform. im Saar-Bhein Gebiele, 1872, p. 219.

(2) Âbbé Boulay, BtdL de la Soc. d'hUt. nat, de Colmar, 1879.

(3) Explic, de la carte géol, de France, I, p. 354.

(4) Rœchlin Sclilumberger et Schimper, le Terrain de tramition des Voegee, 1802.

(5) Jourdan in Delesse, Hevue de Géologie, III, p. 312.

L'étage anthracifére est représenté, dans le grand-duché de Bade, par les couches de la Kinzig à Peœpteris aspera.

Mjmwàhtmmx, iMviUcrs ▼••^eas. — Si Ton cherche à classer les lambeaux houillers vosgiens d'après leurs flores, on arrive, selon M. Tabbé Boulay, aux conclusions suivantes (1) :

Les gisements des Vosges, dont Tépaisseur varie entre 100 et 200", se rattachent à quatre zones distinctes :

!<" Le petit bassin de Saint-Uippolyte et Boderen appartient au début de la deuxième phase de végétation et correspond aux couches inférieures du terrain houiller franco-belge. Les poudingues grossiers et les arkoses y prédominent.

2® Les lambeaux du Hury, de Lalaye et les bassins de Ronchamp et de Roppe forment un faisceau unique qui est à cheval, en quelque sorte, sur la deuxième et la troisième phase. Il correspond, d'une part, aux zones inférieure et moyenne de Sarrebruck et, de l'autre, au terrain de Rive-de-Gier, qu'il dépasse pour atteindre la base du système de Saint-Étienne : VAnnularia sphenophylloides y domine.

5^ Le lambeau de Lubine appartient à la troisième phase; il représente la partie moyenne du système de Saint-Étienne.

4<» Enfin la partie du bassin de Ville qui comprend les gîtes de Honcourt, Nothalten, Erlenbach, Triembach, constitue le sommet de la formation houillère et confine immédiatement à la phase du grès rouge, présentant des analogies avec les couches d'ivaize à Saint-Étienne. On y observe Poa-Cordaites latifolins et Tœniopteris multinervia. Un calcaire fétide, très dur, est subordonné à cette assise, dont il occupe le sonunet.

Permlen des Vosges et de l'Odeiiwald. — Le permien de la région vosgiemie comprend, à la base, des grès et conglomérats feldspathiques, puis des ai^iolithes qui, dans le Val d'Ajol et le Val dp Ville, contiennent des troncs silicifiés de fougères, arborescentes et de gymnospermes. Au-dessus de cet ensemble vient le grès rouge proprement dit.

Ce grès rouge est à éléments grossiers, parfois bréchiformes. Il renferme beaucoup de parties argileuses, est dépourvu d'éclat cristallin et s'associe fréquemment à des argilolithes y dont la teinte est tantôt bleue, tantôt verdâtre, tantôt rouge amarante. Sa liaison est intime avec le porphyre quartzifère, dont il n'est très souvent qu'un tuf.

A sa partie supérieure, on observe des amas plus ou moins continus de dolomie avec rognons d'agate. Quelques géologues y ont vu un équivalent du zechstein.

Quant au grès des Vosges^ qui recouvre directement le grès rouge, on parait aujourd'hui disposé à le ranger avec le trias plutôt qu'avec l'étage permien, à cause de son identité avec le grès de la Spessart, qui repose sur le zechstein (2).

On peut encore rattacher à la région vosgienne, à titre d'écart la reliant au Morvan, l'affleurement permien de la Montagne de la Serre, qui se compose de

(i) Abbé Boulay, Bull, de la Soc. d'hist. nal. de Colmar, i879.

(î) Benecke, Ahhandlungen zur geoL Specialkarte von EUass-Lolhringettf 1877.

poudingues, de grès d*un rouge foncé et d'argiles sableuses micacées, lie-de-vin ou verdâlres. On y a trouvé Walchia Schlotheimi, W. hypnoides et un fragment de mâchoire de saurien.

Les poudingues sont visibles aux Croisières, entre OtHange et le bois de Montmirey. A Offlange, un sondage a été poussé à 115" de profondeur sans sortir du permien rouge.

La Forét-Noire ne formant avec les Vosges qu'un même massif, il convient d'ajouter à ce qui précède quelques mots siu* la région de l'Odenwald, qui se rattache assez étroitement à la première.

La coupe du permien de TOdenwald est intéressante, à cause de l'association intime des roches stratifiées avec les épanchements porphyriques. La voici telle qu'elle est donnée par M. Cohen (1).

Page 1