TYPE VOSOIEN DU TRIAS
Alsace et Lorraine. — Le système triasique présente, dans la région vosgienne, une composition très analogue à celle du type franconien. Il y a cependant quelques différences importantes, dont les principales tiennent à l'existence du
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grès des Vosges à la base du grès bigarré et au fait que les gisements salifères de la Lorraine, au lieu d*étre, comme ceux du Wurtembei^, concentrés dans le muschelkalk, sont intercalés dans Tétage keupérien. La coupe transversale du trias de la région est donnée par la figure 511, qui
Lorraine.
Phalsbourg. Saverne.
Alsace.
Ftg. 311. — Coupe da triis d'Alsace'Lomiiie (d'après Gredner). ^ a, grés des Yosges; b, grés bigarré;
Ct muschelkalk ; d, keuper.
fait connaître en même temps Tallure de la grande faille par laquelle le masàif a été disloqué.
L*étage vosgien se divise en deux assises : le grès des Vosges et le grès bigarré proprement dit.
Le grèi dei Vosges^ qui surmonte immédiatement le grès rouge permien, avec lequel il n*offre pas de discordance, est un grès grossier, à grains de quartz* assez souvent cristallisés et offrant des facettes qui miroitent au soleil d*une manière caractéristique. Le ciment est du peroxyde de fer, qui donne à la masse une couleur rouge de brique ; quelques parties argileuses attestent la présence de feldspath décomposé. Les couches micacées y sont rares. Les bancs, dont Tépaisseur varie entre 0'",50 et 1", sont bien séparés les uns des autres et les plus durs, demeurant en saillie sous forme de corniches, donnent aux escarpements de grès des Vosges un aspect ruiniforme très remarquable.
Il existe dans cette assise des couches de poudingues, avec galets roulés de quartz laiteux et de silex gris ou rougeâtre, dont la grosseur varie depuis celle d*une noix jusqu'à un grand axe de 0'°,20. Ces poudingues abondent dans les districts où le grès des Vosges est le plus épais, notamment à Raon-rÉtape, où M. Rozet lui assigne 500™ de puissance (1), tandis qu'il a ZlO^ sous le parallèle de Nancy (2). Les galets de granité, de leptynite et de gneiss y sont rares et toujours plus ou moins décomposés.
L'assise du grès des Vosges était autrefois considérée comme une dépendance du grès rouge permien. Hais, d'après M. Benecke (3), il n'existe, dans les Vo^es, aucune discordance de stratification entre le grès des Vosges et le grès bigarré. D'ailleurs le grès de la Spessart, qui est du grès vosgien, repose sur le Zechstein ; par conséquent on ne saurait à aucun titre le rapporter au grès rouge permien. M. Benecke propose de désigner le grès des Vosges sous le nom de grès bigarré principal (Hauptbuntsandstein)^ par opposition au grès à Voltzia ou grès bigarré proprement dit. Le premier n'a fourni jusqu'ici bucune trace do fossiles.
(1) Élie de Beaumoot, Explic. de la carte géoL de France, I, p. 375.
(2) Braconnier, Description des terrains de Meurthe-et-Moselle.
(3) Âbhandlwigen zur geol. specUUkarte von EUass-Lothringcn, 1877.