‹ Traité de géologie (volume 2)Chapitre 250 sur 483 · Grès moyea de la Lorraine · texte numérisé non relu

Grès moyea de la Lorraine

2. Marnes gypsifères (ISO**) avec sel gemme en amas lenticulaires.

1. Marnes bariolées sans gypse ni sel, dolomie et grès schisteux {Letlenkohle); 200".

Dans la Meurthe, sous le parallèle de Nancy, Tassise n*> 1 n'a que 35", tandis que les assises 2, 3 et 4 comptent 165"» et les assises 5 et 6, 70".

L'assise n<» 3 correspond au grès de Stuttgart et renferme des végétaux fossiles, notamment EquUetum arenaceum. A très peu de distance s'observent, à Noroy, Sainl-Menge, la Vacheresse, etc., des gisements d'une houille impure, qui a été d'abord confondue avec celle du Kohlenkeuper allemand. Mais M. Levallois a montré (i) que l'équivalent de cette dernière série devait être cherché dans l'assise de marnes bariolées inférieure aux marnes gypsifères et salifères. De la sorte, les combustibles du Keuper de la Lorraine occupent un horizon plus élevé que ceux du Wurtemberg. La môme chose a lieu dans la Haute-Saône, où l'on observe, à Courcelles et à Gouhenans, au-dessus du grand dépôt gypseux et salifère, une houille très pyriteuse, associée à une argile schisteuse contenant Equisetum et Posidonia keuperiana,

fiites salifères lorrains. — Le sel de la Lorraine, qui correspond au Keuper gypsifère et non, comme on l'avait cru d'abord, sur l'autorité d'Alberti, au Kohlenkeuper (^), forme, au milieu des marnes, des couches lenticulaires allongées. A Dieuze, entre la surface et 190" de profondeur, il en existe \Z couches, dont la plus puissante a 13'» et qui forment ensemble une épaisseur de 58", 30 de sel gemme. Ce minéral offre des cavités avec bulles mobiles ; il est mélangé d'argile bitumineuse, de sulfates de chaux et de soude, d'un peu de sulfate de magnésie ; mais il fie contient ni chlorure de magnésium ni tracer d^iode ou de brome. Aussi Élie de Beaumont a-t-il fait ressortir combien il était peu probable que ce sel fût le résultat d'une évaparation naturelle survenue dans des lagunes marines; au contraire, il a indiqué l'analogie que présentent ces gisements avec certains produits immédiatement dérivés de l'activité éruptive.

Des couches de marnes elr d'argile, avec gypse et anhydrite, séparent les couches de sel. Le gypse forme des amas plus nombreux et plus petits que ceux de sel gemme et chacun d'eux affecte la forme d'un gros tubercule, autour duquel les marnes encaissantes sont relevées en voûte et parfois renversées. Ce gonflement s'explique si l'on admet que le gypse soit dû à une épigénie de calcaire par des émanations sulfureuses. En pareil cas, du calcaire se transformant en anhydrite doit éprouver im gonflement de -f^^, c'est-à-dire quatre fois plus fort que celui de l'eau qui se congèle; si le résultat de la transformation est du gypse, le

(1) Bull, de la Soc. géol, de France, 2* série, XII V, p. 741.

(2) Levallois, loc, cil, — Nies, Die angebliche Anhydrilgruppe im Kohletikeuper LUkrifigent^

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