LE SYSTÈME LIASIQUE EN BOURGOGNE. S
neux et la zone à il. spinatuê se transforme en une assise de marnes argileuses noires, faciles à confondre avec les marnes de Flize, mais beaucoup moins riches en reptiles et contenant d^ailleurs Pecten œquivoLvu et Spiriferina tumida (i).
Dans les mêmes parages, autour d'Hirson et de Maubert-Fontaine, le liasien forme, à la surface des terrains primaires, de petits gisements coquilliers, analogues à ceux qui occupent la même situation dans le Calvados (2).
I.E STSTlSME LIASIQUE DAMS LA BOURGOAHE ET LES RÉAIOHS VOISIHES
A. ÉTAGE RUÊTIEN
Boarcosne. — On peut donner, comme type de Fétage rhétien de la Bourgogne, la coupe des environs de Couches-les-Mines (5). Elle offre, du haut en bas:
3. Calcaire siliceox, ferrugineux, chamois; grès grossiers, marnes versicolorcs et calcaires cloisonnés à Avicula corUorla, Gervillia praecurêor, avec un bone-bed à Saurichlhyê acuminatus, Gyrolepis tenuislriaius (environ 5» ,50).
2. Calcaire gris siliceux, à chaux hydraulique, k Avicula contorta, Plicatula intentriata^ Myophoria inflata, avec un hone-bed h. Sargodon tomicus et Uybodus mitior (2*).
i. Grès à Avicula contorfa, Anaiina prœcurtor^ Myliluê minuluty Clatkropteris platyphylla, avec un bone-bed à poissons (8">).
Ainsi il y a trois bone-beds distincts; tous trois abondent en débris de grands sauriens et les grès renferment de nombreuses empreintes végétales.
Tandis que, à Couches-les-Mines et à Auxy, Avicula contorta se rencontre fréquemment, soit avec Ostrea Hisingeri^ soit avec Protocardium rhœticum et Anaiina prœcursor^ à Rive-du-Bois ce fossile fait défaut et Ton observe deux grès superposés : a la base, un grès à végétaux, avec Eqtmelum arenaceum^ Tœniopteris tenuinerviSf T. viUalat Clalhropleriê platyphylla, etc. ; au sommet, un grès à Mylilus (M.minutus, M. psilonoti, M. Hoffmanni, etc.) et à Pullaslra (Schizodut).
Ënûn, si le rhétien se lie pélrographiquemenl au Keuper, d'autre part il repose transgressivement sur ce- dernier et ses affinités paléontologiques sont plutôt avec la série jurassique.
Dans TAuxois proprement dit, le rhétien a de 2 à 3 mètres et se compose surtout de grés, avec marnes, luroachelles et calcaires marneux (4). Ses fossiles sont les mêmes que ceux de TAutunois ; aux espèces déjà énumérées, nous ajouterons Cardium cloacinum et Pecten cloacinus. L'étage se termine ordinairement par un petit banc couvert de débris d'annélides et quelquefois d'astéries. A Pouilly, on y observe des lits calcaréo-marneux qui fournissent le ciment noir de Pouilly, bien distinct du ciment gris de la même localité, subordonné à l'étage liasien.
(1) Six, Ann. de la Soc, géol. du Nord, VÏII, p. 208.
(2) D'Archiac et Piette, BulL de la Soc. géol. de France, 2« série, IVIU, p. 567.
(3) Pellat, Bull, de la Soc. géol. de France, 2« série, XXII, p. 563. — 3« série, IV, p. 740.
(4) Collenot, Deêcription géol. de VAuxoiê^ p. ii2. — Bull, de la Soc. géol, de France, 3* série, VU, p. 784.
A Thostes, près de Semur, on voit 0«,50 à l'",50 de lits argileux offrant un mélange de fossiles rhéliens et hettangiens, superposés à une assise d*arkose, arénacée ou argileuse, dont l'épaisseur varie de 1 à 5 mètres et où Ton remarque des taches vertes et bleues de carbonates de cuivre.
Fraache-Cointé, Berrl. — En Franche- Comté, le rhétien, épais d'environ i5 mètres, débute par un bone-bed, que surmontent les grès de Maillot (i), à Cardium cloacinurh, Mytilus minutusj etc., alternant avec des calcaires cloisonnés, des grès et des marnes noires ou bariolées.
A Chalindrey, Tétage se compose de 0",10de grès ferrugineux à Avicula contortUt reposant sur 4 mètres de grès blanc ou jaune à Discina Babeana et Gervillia inflata. Au-dessus de ce système, à Provenchères, se trouve un bone-bed où de nombreux restes de vertébrés sont associés à Pholadomya corhuloidesy Cardinia mactroide», Schizodus Ewaldi, Mytilus minulus, Pecten Vabniensis. Le tout est recouvert par une couche de marnes jaunes et bigarrées.
En Berri, autour de Saint-Amand, c'est aussi une assise de marnes rouges et vertes qui termine en haut le rhétien. Au-dessous viennent des schistes calcaires à Mytilus^ surmontant un grès dolomitique à empreintes végétales. Ce même grès devient, sur la rive gauche du Cher, une arène grossière bariolée, qu'on exploite pour la verrerie. L'épaisseur de l'étage est difficile à fixer, parce qu'il se relie intimement au Keuper sous-jacent; on peut l'évaluer à une quarantaine de mètres; on y obser\e des amas de jaspes qui contiennent, près de la Châtre, les fossiles de la zone à Avicula contorta.
B, ÉTAGE HETTANGIEN
B^wgogne. — L'hettangien de la Bourgogne, toujours peu épais, se divise en deux assises, constituant par leur ensemble Vinfralias de Leymerie ; l'assise inférieure est la Lumachelle de Bourgogne ou pierre bise des carriers ; l'autre est le calcaire jaunâtre marneux dit foie de veau. Dans TAuxois, la lumachelle, ou zone à Amm, planorbis, est le vrai gisement d'Oslrea irregularis ou 0. Hisingeri. On y trouve de nombreuses cardinies, Cardinia sinemuriensisy C. trapexium^ C. Listerij C. hybrida, etc., avec Amm, tortilis, A. Burgundiœ et beaucoup de fossiles d'Hettange. C'est à cette zone, épaisse de 2 à 4 mètres, qu'appartiennent les minerais de fer de Thostes et Beauregard, parfois silicifiés au voisinage d'une faille. A Vic-sous-Thil, la lumachelle est imprégnée de galène et de barytine.
Quant au foie de veau^ il est assez constant et peut être représenté par la coupe
de Leurey (2).
7rv«^ i A^^ /.««.,7v./..« I 0",iO. Marne blanchâtre, sans fossiles.
Zone à Amm, angulatus. } ^^^ Calcaire argileux jaunâtre, très fossilifère.
* ( 0",30. Calcaire argileux jaunâtre, marbré de roux, assez dur, peu
Zone à Amm, liasicus. . . | fossilifère.
( 0",10. Marne jaune sans fossiles.
(1) J. Martin, BulL de la Soc, géol, de France, 2- série, XVII, p. 865.
(2) CoUenot, op. ciL, p. 158.