LE STSTÊME OOLITBIQUE DANS LE MASSIF DU JURA
l'^ FraaclM -Comté. Bajoclea, BathoBlen. — La Franche-Comté présente un développement très complet du système oolithique, qui doit exciter l'intérêt non seulement en raison de l'allure troublée des couches au voisinage de la chaîne
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Fig. 413. — Coupe au 30000*, prise au sui de Besançon, normalement à la direction des chaînes (d'après M. Marcel Bertrand).
1. keuper; % étage rhétien : 3, hettangien et sinémnrien; 4, calcaire noduleux liasien; 5, schistes à posidonies; 6, lias supérieur; 7, bajocien : 8» couches à ostrea acuminata; 9, grapde oolithe; 10, callovien ferrugineux; 11, oxfordien; 12, corallien; 13, séquanien ; 14, ptérocérien; F, faille de Trois-Chàtels ; F', faille de Montfaucon.
du Jura (fig. 413), mais à cause des transformations que subit le type angloparisien en approchant de la zone alpine.
Le bajocien de la Franche-Comté débute par Yoolithe ferrugineiise d'Ougney, directement superposée au calcaire supraliasique à RhynchoneUa qfnocephala et Pecten pumilus. Cette couche, qui renferme Amm, Murchisonœ et Pecten persoruh lU8^ supporte le calcaire à entroques (calcaire lœdonien de M. Marcou), à Rhyu" chonella spinom et le tout est couronné par un calcaire à polypiers, rempli de nodules siliceux, avec Waldh, mbhucculenta. L'ensemble de l'étage a 100".
La série bathonienne comprend les termes suivants :
4. Cornbroêh et Dalle nacrée de Thurmann (calcaire à oolithes oviformes de Thirria). 3. Grande oolilke {Forest-marble des géologues francs-comtois ; calcaire roux sabk^ux de Tkurmaon; calcaire compact inférieur de Thirria).
2. Calcaire marneux jaunâtre, à pholadomyes. 1. Mame$ de Vesoul, a Ostrea acuminala.
(1) Bleicber, Annales des Mineê, V série, I, p. 401 (1873).
Les assises i et 2, puissantes d'environ 40™, forment le sous-étage végulien. L'assise 3, caractérisée par Rhynch. decorata, atteint 80" et se divise en couches épaisses d'un calcaire blanc compact.
Le Combrash et la dalle nacrée, qui n'ont qu'un méftre à Miserey et 8°» à Besançon, atteignent SS" à Dôle et 40"» à Champlitte, où l'on recueille Wald^ heimia digona, Eudena cardium, Echinobrissm clunicularis. La dalle nacrée est un calcaire en plaquettes, renfermant de grandes huîtres à reflets nacrés. Elle établit un passage presque insensible entre le bathonien et le callovien, auquel certains auteurs l'ont rattachée (i).
Le batlionien dôlois, dont le faciès varie beaucoup suivant les localités, offre en général trois assises consécutives , distinguées par leur teinte dominante (2) . A la base est le bathonien irisé, comprenant les couches à Amm. subfurcatus^ Pholadomya Murehisonse et Ostrea acuminata. Le bathonien blanc, qui vient ensuite, est formé des calcaires à oolithes cannabines de Sampans, de Toolithe subcrayeuse à spongiaires et à nérinées, enfin du calcaire ruiniforme. La série se termine par le bathonien jaune, composé d'une assise à Amm. mb Backerise, Eckinobrissus clunictdaris, Waldheimia digona, que surmonte l'argile â Dictyothyris coarctata et Ostrea costata^ couronnée elle-même par des couches à silex rubanés, avec Hemicidaris'luciensis et Acrosalenia spinosa (dalle nacrée).
OzfordleB, Ooralllen. — Le callovien, toujours peu développé en Franche- Comté, mais accompagné en général de minerai de fer, se borne près de Besançon à la zone à Amm. anceps. La zone à A, macrocephalus existe au sud-est, près de Villeneuve.' L'oxfordien, dont l'épaisseur atteint 100", est formé par des marnes à Ammonites pyriteuses, que surmontent les calcaires hydrauliques à chailles, à Tereb. Galliennei et Rhynch. Thurmanni, ou les marnes à Pholadomya ventricosa et P. exaîtata. A Dôle, où l'étage n'a que 45", les marnes, très réduites, supportent un calcaire blanc, spathique, à rognons et fossiles siliceux, que couronnent des calcaires marneux à Amm. Schilli et CoUyrites (3).
Le corallien, puissant de 40 à 60", offre à Gray, Besançon, Salins, Ornans, une succession assez constante de calcaires à polypiers et de bancs grumeleux à Glypticus hieroglyphicus et fossiles siliceux, supportant des bancs oolithiques à Diceras arietinum et Cardium corallinum (pierre de Vergenne), que couronnent 5 ou 6" de calcaires compacts. A Dôle, la base de l'étage est formée de calcaire marneux à Rhynch. pectunctdoides et Bourguetia striata. A Byans et à Quingey, les bancs de la base, contenant Waldheimia delemontana et GlypHcuSf sont également marneux et exploités pour chaux hydraulique et ils supportent des calcaires durs, à spongiaires. Au sud-est le faciès marneux envahit à la fois Toxfordien supérieur et la base du corallien, où apparaît, avec Hemicidaris crenularis, une ammonite voisine de A. Martelli. Près de Levier, on peut constater que ces
(i) Choffat, Bull, de la Soc. géol. de France, 3* série, TI, p. 558.
(2) Jourdy, Bull, de la Soc. géol. de France, 2* série, XXVIU, p. 240.
(3) Carte géol. de France, notice de la feuille de Besançon, par M. Bertrand.
SYSTÈME OOLITfllQUE- TYPE JURASSIEN. 887
calcaires marneux viennent buter, sans qu*il y ait de faille, contre un récif de polypiers (1). C'est à cet étage de calcaires, épais de 30™ dans le Jura salinois et riche en spongiaires (Scyphia, Tragos^ Cnemidium) et en pholadorayes, que M. Marcou a pour la première fois appliqué l'épithète d*argovien.
Calcaire h astartes. Ptéroeériea. — Le séquanien, épais de 60™, est formé de calcaires compacts, un peu marneux à la base, à Waldheimia egena et Rhynch. pingui». Oolilhiques dans leur partie moyenne, ils se terminent en haut par des marnes qui, au sud de Gray, absorbent tout Tétage et renferment des plaquettes à Astarte minima (d'où le nom de calcaire à Astartes donné à cette assise par Thirria.) Vers la partie supérieure, on observe, par places, des calcaires oolilhiques à grain fin, de nature corallienne, avec polypiers, nérinées et dicérates, qui présagent Toolithe de la Mothe (2). Cest à la base du séquanien qu'appartiennent les calcaires marmoréens à nérinées de Saint- Ylie et de Damparis, près de Dôle.
Quant au ptérocérien, on doit lui attribuer une vingtaine de mètres de marnes grumeleuses et de calcaires marneux à Tereb. mbsella et Nerinea Gosœ.
Ce même sous-étage ptérocérien (strombien de Thurmann) a, dans le Jura, notamment aux environs de Porrentruy, une grande importance sous le rapport stratigraphique, au point d'absorber presque complètement le virgulien, réduit à quelques mètres dans le Jura neuchâtelois et le Jura bernois. Sa faune, développée au Banné et à Noirvaux, comprend Pterocera Oceani^ Ceromya excentrica^ Pholadomya Proteiy Hytilus jurensis, Trichites Saussurei, Pseudocidaris Thurmanni, etc.
Wlrirnllea, Porilaa4lea. — A Besançon et dans la vallée de l'Ognon, le virgulien est formé de calcaires marneux, intercalés entre deux bancs à Ex, virgula. Près de Salins, ces calcaires, qui autrefois étaient habituellement qualifiés de portlandienSf deviennent compacts, d'aspect laiteux et ne contiennent d'exogyres qu'à leur partie supérieure. Aux environs de Gray, le virgulien a 40 mètres et se compose de calcaires blancs compacts, en bancs minces, avec Pholadomya multicostata et Layignon rugosa, intercalés, à Besançon, entre deux lumachelles à Ex. virgula.
Au bolonien appartiennent les calcaires compacts peu fossilifères, dits portlandiens dans le Jura, qui contiennent, à leur partie supérieure Nerinea salinensis et N. subpyramidalis (3). Près de Gray, ces calcaires, épais de 50 mètres, sont, vers leur base, criblés de tubulures et l'on y observe Amm. gigas, Hemicidaris Purbeckemis, Le bolonien continue par des calcaires compacts, avec intercalations marneuses et dolomitiques, qui renferment Nerinea trinodosa, Nalica marcomana^ Corbula mosensis, Astarte socialis (4) et dont une partie, contenant Trigonia gibbosa^ équivaut peut-être au portlandien proprement dit.
(1) Bertrand, loc. cU,
(2) Voir plus haut, p. 875.
(3) Bertrand, Noticeê eû^licativei deê feuille$ de Begançon et de Gray:
(4) De Tribolet, Bull, de la Soc, géol, de France^ 3* série, lY, p. 2Si.
Enfin au sommet apparaît ce qu'on appelle la Dolamie porUandienne du Jura, roche cloisonnée, jaune ou rouge, sans fossiles.
Le sous-étage purbeckien est représenté dans le Jura. En effet, on doit à M. Pidancet la découverte, près des Rousses, de couches d^eau douce dans lesquelles N. Lory (i) a le premier signalé des fossiles. Ces couches, gypsifères aux environs de Pontarlier, présentent, d*après MM. Jaccard et de Loriol (2), la coupe suivante à Villers-le-Lac :
5. Calcaire d'eau douce (5" ,55) à Corbula Forheti^ Chara Jaccardi^ PlanorbU Loryi, Pkyta wealdiana, Valvata heliciformis.