B. ÉTAGES SUPÉRIEURS
Caractère général des dép4Vts. Élace ttthoiilqae. — La série des étages supérieurs du système oolithique offre, dans la région méditerranéenne, sur le versant méridional de la chaîne des Alpes, un caractère tout particulier. Depuis l'oxfordien jusqu'à la base du système infracrètacè, les sédiments paraissent s'être succédé sans aucun trouble et, dans ces dépôts pélagiques, tous formés sous l'empire de conditions semblables, la faune a varié d'une manière presque continue, en reproduisant des types très peu différents les uns des autres. Aussi
(1) Garnier, toc, cil.
(2) Oppel, Zeits. d, d, geoL Ces., 1863. (5) Benecke, Neueê Jahrlmch, 1864, 802.
Texistence das étages supérieurs à Toxfordien y a-l-elle été longtemps méconnue et l'on a cru d*abord qu'il y avait une lacune, correspondant à l'ensemble des étages corallien, kimmeridgien et portlandiea. Mais cette lacune se conciliait mal avec l'absence de toute preuve directe de l'émersion du massif alpin durant la période correspondante, comme aussi avec la parfaite concordance des assises crétacées relativement aux calcaires jurassiques qui leur servent de base. ' MM. Oppel et Benecke (i) ont été les premiers à établir que les étages supérieurs de l'oolithe existaient dans la région alpine, mais (ju'ils s'y confondaient en quelque sorte, par l'uniformité de leurs caractères, en une seule masse, concordante à la fois avec l'oxfordien et avec le néocomien et qu'Oppel a désignée sous le nom d'étage lithonique (2). Cette dénomination, dans la pensée de son auteur, devait s'appliquer aux sédiments compris entre le kimmeridgien à Amm, longispinus et le néocomien à Amm. semisulcatus et Amm, Astierianus. Ces dépôts, développés en général, sur le versant méditerranéen, à l'état de calcaires plus ou moins compacts, se distinguent par le caractère mixte de leurs céphalopodes et par la présence d'un type particulier de brachiopodes, celui des térébi^atules perforées, telles que Terebratula (Pygope) diphija. L'étage tithonique ne constituait donc pas un membre nouveau de la série jurassique, une sorte , d'étage postportlandien, comme l'ont admis quelques auteurs; mais ce nom devait servir à caractériser le faciès uniforme d'un ensemble d'assises à l'égard desquelles la distinction des sous-étages bolonien, portlandien et purbeckien ne semblait pas avoir de raison d'être.
Si l'idéç fondamentale d'Oppel, celle de la continuité des dépôts, dans la région alpine, entre l'oxfordien et le néocomien, paraît avoir mérité l'adhésion de la majorité des géologues, on peut penser néanmoins qu'il n'est pas nécessaire de maintenir la dénomination de tithonique. Appliquée plus d'une fois, dans l'origine, à des couches que l'expérience a fait connaître, depuis, comme inférieures au virgulien, cette appellation fait double emploi avec les noms de kimmeridgien, de portlandien et de purbeckien, dont chacun peut trouver son application directe à mesure que le progrès des observations et des recherches paléontologiques apprend à subdiviser des massifs calcaires longtemps réputés homogènes. D'ailleurs le mot de tithonique a l'inconvénient d'avoir été très souvent employé comme synonyme de postportlandieny alors que la plupart des dépôts compris sous cette rubrique sont aujourd'hui considérés simplement comme les équivalents des étages oolithiques supérieurs.
EiiTlrons de «renoble. — C'est à Grenoble, à la Porte de France, que la série oolithique revêt pour la première fois le caractère d'uniformité que l'étude des régions plus septentrionales n'avait pas encore fait pressentir. On y obsen^e, de haut en bas, la série suivante (3) :
(i) Neues Jahrhuch, 1864, p. 802.
(2) Zeitêchrifl der deutschen geot, Geielltchafl, 1865, p. 535.
(5) Pictet, Biblioth. universelle de Genève, 1867.
894 GROUPE aSOOmAlRE.
5. Marnes à bélenmites plates du néocomien inftrîeur. 4. Calcaire à ciment hydraulique, à Tereb, diphyoiétm^
3. Calcaire lithographique. | couche grise à Ter. jamtor. 2. Calcaire compact. . . . | b^ ^o"r%" A^^i^Li^;'^^^
1 Calcaires et marnes ^*"*^ * ^"*"^ Aptychu*.
1. uiicaires et marnes. . . j cajcaire compact à fossiles jurassiquas^
L*assise n** 4, longtemps considérée comme oxfordienne, contient les espèces de la zone à Amm. tenuilobatm. Les couches 2 et 5, dont l'épaisseur atteint 100, parfois même 200™ et qui constituent, à proprement parler, ce qu'on appelle le calcaire de la Porte de France, sont caractérisées par Tassociation d'une térébmtule perforée, T.janitory avec des ammonites dans lesquelles un premier examen avait fait reconnaître des formes néocomiennes, mais qui sont devenues depuis Amm. ptychoicuSf A. Staêzyci, A. tramitorius, Aptychus imbricatus. Quanta l'assise 4, formée de calcaires marneux noirs, toiyours bitumineux, et renfermant une térébratule perforée, très voisine de T. janitory et nonunée T. difhyoides, elle se rattache, sans aucun doute possible, à un calcaire bien développé dans l'Ârdéche, où nous allons le retrouver sous le nom de calcaire de Berrias.
A Aiz)', entre les couches 3 et 4, on voit s'intercaler un calcaire d'apparence bréchiforme, contenant des oursins à faciès corallien, Glypticm Loryiy Cidaris glandiferay Acropeltis œquituberculatay associés à des bélemnites plates.
Berrias. Les l^aas. — Le calcaire de Berrias, dont la puissance, à Berrias» dépasse 50 mètres, peut être divisé comme il suit (i) :