SYSTÈME INFRACRÉTACÉ. PUISAYE, ARGONNE
jusqu'à 40" de puissance, tandis que l'argile n'en a que 25 en y comprenant une zone à Epioêter Ricordeanus. Dans cette même localité, les marnes argileuses à Amm, inftatm ont iO"».
Sables de la Pntsaye. — A l'ouest d'Auxerre, l'étage albien affecte un faciès particulier. Les sables verts grossiers de la base varient peu et se suivent jusqu'à la Loire ; mais ils sont surmontés par 30" d'argiles peu fossilifères, que couronne la puissante assise des 9ahle% ferrugineux de la Puisaye, Ces sables, qu'on peut regarder, soit comme l'exagération des assises sableuses subordonnées au gault de Saint-Florentin, soit comme la base de la zone à A. inflatus^ ont 50" à Seignelay, 100 à 150 aux environs de Saint-Fargeau et 40 à Neuvy (Nièvre). A Chassy, les sables sont couronnés par un grés tendre, léger, avec .4mm. inflatm et Arca carinata. A Pourrain, c'est une couche d'ocre de 0'",50, surmontée de 8'» d'argile, qui termine la série des sables et l'on y recueille aussi Amm. infla^ tus, Astarte Dupiniana, etc. (1).
Sur la rive droite de la Loire, à Myennes, les argiles inférieures aux sables de la Puisaye sont micacées et contiennent des nodules ferrugineux avec fossiles du gault. Leur épaisseur est de 30". Les mêmes argiles se retrouvent sur la rive gauclie, à Sancerre, où M. Ebray (2) a montré qu'il existe encore, par-dessus, 40" de sables ferrugineux, couronnés par 11" de graviers et sables argileux, glauconieux, à Amm, infiaius. Ce sont ces graviers qui, à Wailly, ont donné lieu à une exploitation de phosphates. Les argiles du gault se prolongent, sous forme de glaises panachées, jusqu'"ïjux environs de Vierzon, où elles sont superposées à des grès ferrugineux. Mais ces deux assises ne s'avancent pas plus loin à l'ouest. Quant aux graviers phosphatés, ils dépassent à peine Wailly.
Sables verts A nodules, Gaize de l'Arg^ooDe. — L 'albien de la Meuse et des Ardennes comporte une division en trois assises. L'assise inférieure est un sable vert argileux, à Amm. mamillaris, avec nodules de phosphate de chaux dits coquins, activement exploités dans toute l'Argonne, où ils se présentent en couches, irrégulières et ondulées, de 0",18 en moyenne. Ces nodules paraissent résulter d'une concentration de phosphate de chaux autour de corps organiques en décomposition, spongiaires, bois fossiles, tests calcaires de coquilles. Quant à l'origine première du phosphate, il est difficile de l'indiquer avec certitude.
L'assise moyenne, ou zone à Amm. lautus et i4mm. tuberculatus, est une argile téguline, puissante de 25 à 30" dans la Meuse, mais diminuant d'épaisseur à mesure qu'on marche vers le nord. Ainsi elle n'a plus que 15" dans l'est des Ardennes et 2 ou 3" seulement près de Saulces. De plus cette assise tend à se confondre avec la zone à Amm, mamillaris. Cette ammonite et Amm, tuberculatus se présentent ensemble, soit dans les exploitations de phosphates du Rethelois, soit dans une roche siliceuse et poreuse du même district qui mérite le nom de gaize,
(1) Gh. Barrois, Ann. de la Soc. géoL du Nord, II, p. 10.
(2) Bull, de la Soc. géol. de France, 2« série, XVÏ, p. 2!5.
C'est la gaàe de Draize de M. Barrois (i). Dans l'Argonne, à la partie supérieure du gault argileux, on observe un cordon de nodules bruns phosphatés, très différents de ceux des sables verts et plus riches que ces derniers. Ces nodules, exploités à Talmats, appartiennent à une zone à Epiaster Ricordeanus (2) et Amm. splendens, que surmonte immédiatement l'assise supérieure de Talbien ou zone à Amm, inflatus.
Cette dernière zone est très développée dans TArgonne, où elle constitue, sous le nom de gaize ou pierre morte y un massif lenticulaire atteignant iOG"* d'épaisseur. La gaize est un grès calcarifère argilo-siliceux, formant une roche poreuse, légère, avec 50 pour 100 de silice gélatineuse et que caractérisent ilmm. inflatus (A. ro&tratus), A. falcatiis, A. auritus, A. Reuatudanus^ Turrilites Puzosianusj T. Bergeri, Hamites aitenuatmy U. virgtdalus, Epiaster distinclus, etc. C'est à Hontblainville, dans la Meuse, qu'elle offre son plus grand développement. Elle n'a plus que 80* à Grandpré et se termine en biseau prés d'Attigny. On en retrouve quelques rudiments dans le Rethelois ; mais elle affleure de nouveau dans la Thiérache aux environs de Marlemont, sous la forme d'un sable vert argileux avec nodules de grès gris lustré, glauconieux et très fossilifère (5).
Type wealdlen. — Dans la région des Alpes, les dépôts infracrétacés, succédant sans interruption aux assises oolithiques, offrent, comme ces dernières, un caractère exclusivement marin. En môme temps, dans le Jura, les premières couches néocomiennes accusent, par leur superposition directe aux calcaires de Purbeck, un retour de la mer sur un district où des émersions partielles tendaient à se produire.
Un ordre de choses tout différent a prévalu dans le nord-ouest de l'Europe. L'émersion annoncée par les couches saumâtreset d'eau douce du Purbeck anglais et ps(V celles des marnes deMûnder et du Serpulit a triomphé définitivement dès le début de la période infracrétacée et c'est presque uniquement par des formations deau douce que les premiers dépôts de cet âge se manifestent dans le sud de l'Angleterre, comme en Belgique et sur la frontière du Hanovre et de la Hollande. Ce faciès nouveau se prépare d'ailleurs, ainsi que nous l'avons vu, depuis la Haute-Marne, par l'intercalation d'un certain nombre de couches d'eau douce au milieu des sédiments marins. Mais au lieu de chercher à suivre de proche en proche les progrès de cette transformation, transportons-nous de suite au point où le mode terrestre est le plus complètement réalisé.
En Angleterre, dans l'île de Purbeck comme dans celle de Wight, le système
'i) Ann. de la Soc. géol. du Nordj Y, p. 284. (2) Cil. Barrois, loc, cil, (5) Id., loc, cit.