SYSTÈME CRÉTACÉ. CALCAIRE PISOUTHIQUE
Ii*assise 2 qui, avec la précédente, forme le sous-étage santonien, est la moins riche en fossiles; elle renferme Actinocatnax veruSj, Echinoconus conicuSy Lima Uaperiy Inoceramus involutus^ Bourgueticrinus ellipticm^ Marsupites omatusy avec les mêmes brachiopodes et les mêmes Cidaris que Tassise 1 . Un fait très remarquable est le développement que prennent, au sommet de la craie à Micr. coranguinumf les accidents magnésiens. 11 en résulte une craie jaune, dure, piquetée, comme celle de Beynes et de Rolleboise, ou même, comme àBimont, prés de Breteuil, un sable jaune avec rognons dolomitiques à cassure spathique, dont on voit le passage progressif à la craie blanche, de laquelle ce sable dérive, sans doute, par Faction de sources minérales contemporaines du dépôt (1).
La craie à Bdemnitella quadrata contient les Offaster pilula, 0. corculum^ Micraster glyphus, Spondyltu œqualisy Cranta parisiensis, qui d'ailleurs peuvent remonter un peu plus haut, tandis que la partie supérieure de la craie à Bel. mucranala renferme à Meudon, en fait d'espèces qui lui sont propres, Momsaunu Camperiy heiodon ancepty plusieurs Apiychusy quelques vestiges des genres Ammonites, Anq/loceras, HamiteSy Scaphites, ainsi que Terehraiella parisiensis, Terebratula camea^ T. Eebertiy Rhynchonella octoplicataj R, limbata, Ostrea vesictdariSy 0. semiplana, Ananchytesovata, Micraster Brongniarti, Cyphofoma coroU lare, Cidaris pleracantha, C. serrata. Il y faut ajouter de nombreux bryozaires et des poissons, Corax pristodontus, Otodus appendiculatusy etc. Plusieurs de ces fossiles établissent une certaine liaison entre la craie de Meudon et les couches daniennes de Haêstricht (2).
Calealre plsoUthUiae. — Le système crétacé ne se termine pas, dans la région qui nous occupe, avec la craie de Meudon. A Meudon môme, on voit reposer en concordance, sur la partie supérieure, jaunie, durcie et caverneuse de cette craie, une couche, épaisse de 2 à 3", d'un calcaire jaune en petits gi'ains arrondis, qualifié de calcaire pisolithique et formé, en grande partie, de débris de coquilles. Étudiée poiur la première fois en 1858 par Ch. d'Orbigny, la faune de ce calcaire a été reconnue en 1846 par Desor comme équivalente à celle de la craie de Danemark.
Les affleurements du calcaire pisolithique sont toujours très limités; on n'en observe que des lambeaux, dont les principaux sont ceux de Meudon, de Bougival, de Vigny, de Laversine, d'Ambleville, de Montainville, de Flins, ceux des environs de Montereau, enfin ceux de . Faloise et du Mont-Aimé,' près de Vertus. Plusieurs de ces gisements, notamment ceux de Vigny et de Laversine, offrent cette particularité d'être non seulement superposés, mais encore adossés à la craie, comme s'ils s'étaient formés au pied d'escarpements. A Laversine, près de Beauvais, le lambeau pisolithique a 100" de long sur 10«> de large et 10 ou 12" de hauteur. La roche, qui n'est plus exploitée, est un calcaire friable, celluleux, formé de fossiles brisés. On y trouve quelques silex cornés, grisâtres, se
(1) N. de Mercey, loc, cit.
(2) Voir plus loin.
d54 GROUPE SECONDAIRIi:.
fondant avec la masse encaissante. A Vigny, on compte 25™ d'une roche en partie concrétionnée, formée de petits fragments de calcaire blanc, terreux, enveloppés et cimentés par du calcaire spathique; les moules de fossiles, encroûtés de calcaire, y abondent, notamment les radioles de Cidaris et les polypiers. A Ambleville, la roche est friable, à grain fin, d'un beau blanc, durcissant à Tair. Le calcaire pisolithique de Faloise près de Vertus, recherché pour les constructions à cause de la facilité avec laquelle il se taille au sortir de la carrière, a une puissance qui varie de 20 à 25'". Compact au sommet, il est, dans presque toute sa masse, blanc jaunâtre, celluleux et composé de moules de fossiles. Dans les environs du Mont-Aimé, la puissance de cette assise, qui parfois contient des silex, varie de 10 à 50" (i).
En résumé, tous les affleurements du calcaire pisolithique ont un caractère littoral très prononcé et témoignent d'un changement notable survenu dans les conditions du bassin parisien, primitivement occupé par la mer sénonienne. A cette période de changement correspondent, dans le nord de l'Europe, des assises daniennes qui ne sont pas représentées aux environs de Paris, où le calcaire pisolithique ne correspond qu'au sous-étage garumnien.
La faune pisolithique comprend : Nautilus danicus, iV. Heherth Trochus GabrieliSf Cerithium Carolinum, C, dimorphumy C. uniplicatum, Capulus consobrinu8y Crassatella pisolithicaf Corbis (Fimbria) multilamellosa, C. mblatnellosa, Cardium Dutempleanumy Lima Carolina, Ostrea canaUculata^ Cidaris Forchhamtneri (C. Tombecki), Goniopygus minoVy etc. Beaucoup de ces espèces ont des affinités tertiaires assez marquées, et ce caractère est encore accusé par la présence de grands cérithes dont les moules sont analogues à ceux du Cerithium giganteum du calcaire grossier. On comprend du reste que le calcaire pisolithique, dépôt évidemment littoral, offre une faune très différente de la craie pélagique sous-jacente, à laquelle d'ailleurs il n'a pas succédé sans interruption, le sous-étage maëstrichlien faisant défaut à Paris. Au Mont-Aimé, le calcaire pisolithique contient des poissons et des reptiles, en particulier Gavialis macrorhynchus,
Calealre A baeolltes. — Nous avons dit qu'entre la craie de Meudon et le calcaire pisolithique il y avait certainement une lacune. A cette lacune, remplie par le sous-étage maêstrichtien, correspond le calcaire à bacidites du Gotentin. Ce calcaire, qui repose sur A ou 5"" d'un grès vert à Orbitolina, possède une puissance moyenne de 15 à 20"^ et débute ordinairement par im lit de poudingue à galets de roches anciennes. La masse principale est formée de bancs calcaires jaunes, durs, compacts, alternant avec des lits sableux plus blanchâtres (2).
Les affleurements du calcaire à baculites sont très clairsemés. Les principaux se trouvent à Fresville, Picauville, Orglandes, Golleville, Néhou. La faune, intimement liée à la fois à celle de la craie de Meudon et à celle de Maastricht, com-
(1) D'Archiac, HisL des progrès de la Géologie, IV, p. 231.
(2) Dollfos et Vieillard, Terrains tertiaires et crétacés du Cotentin, 1876.
SYSTEME CRÉTÂCË. BOULONNAIS.
prend surtout : Mosasaurus Camperi, Scaphites constrictus, Bacuîite» anceps, Amm. GollevillemiSy Ostrea vesictUaris^ Janira quadricostata^ Pinna creiacea. Cranta antiqua, C. Ignabergensis, Temnocidaris Baylei, Hemiaster pruneUa^ Rhynchopygtu Marmirdy Cassidtdus lapiscancrif Caratomus avellana et de nombreux bryozoaires.