‹ Traité de géologie (volume 2)Chapitre 38 sur 483 · DISTRIBUTION DES TEMPÉRATURES · texte numérisé non relu

DISTRIBUTION DES TEMPÉRATURES

le réjK^me des courants superficiels qui s'y produisent, de mérae elle détermine le mode de propagation de la température dans leur masse.

Quant à la cause qui produit ce mouvement des eaux antarctiques vei's le nord, quelques observateurs ont voulu y voir reiTet d*une sorte de circulation océanique verticale^ analogue à cette circulation horizontale par laquelle on a tenté dVxpliquer les courants de surface. Il y aurait, dans cette manière de voir, déversement des eaux équatoriales vers les pôles et retour des eaux polaires par la profondeur. Mais le diagramme ci-dessus, comme celui qu*on pourrait dresser pour le Pacifique, nous empêche d'admettre une telle hypothèse et nous croyons volontiers, avec M. Wpille-Thomson, qu'il ne faut voir dans les faits obser\'és que la preuve d'une différence d'équilibre entre les deux hémisphères. Dans celui du sud, qui est essentiellement océanique, il y a excès de précipitation sur l'évaporation. L*excès contraire a lieu dans l'hémisphère boréal et dès lors les deux colonnes océaniques ne se faisant plus équilibre, les eaux antarctiques affluent sans cesse pour rétablir la balance. Cette affiuence se fait d'ailleurs lentement et en quelque sorte par conduction au lieu de donner naissance à des courants profonds d'une vitesse appréciable. Ainsi, comme dans tous les exemples que nous avons examinés jusqu'ici, la raison d'être du phénomène thermique dans les océans serait non pas cosmique, mais géographique et liée, par conséquent, à Tétat actuel de notre globe.

TcmpëraUire des mers intérieures. — Tout autre est la distribution de la température dans les mers intérieures. Prenons pour exemple la Méditerranée. Cette mer, qui ne communique avec l'océan que par le détroit de Gibraltar, dont la profondeur varie entre 220 et 365 mètres, se divise en deux bassins, séparés l'un de l'autre par la crête sous-manne qui relie la Sicile et l'Afrique, à 365 mètres au-dessous de la surface de l'eau. Dans le bassin occidental, la température, de 2 Va 25* à la surface, s'abaisse à I3^ à 183 mètres de profondeur. De ce point jusqu'au fond, situé par 2575mèti'es, elle demeure presque constante et comprise entre 1> et I2*,78. Dans le bassin oriental, la température est de 26°,67 à la surface, de 13<>,61 à la hauteur du haut-fond sicilien et de 13^,5 au fond du bassin, situé par 3488 mètres. Si donc le premier bassin subit un peu l'influence réfrigérante de l'océan voisin, ou du moins celle des tranches de cet océan comprises entre la nappe d'eau chaude et la profondeur de 365 mètres, le second bassin offre, au-dessous de la nappe chaude, épaisse de 365 mètres, une température absolument uniforme et justement égale à la moyenne du mois le plus froid.

La mer de Sulu, située dans l'archipel des Indes néerlandaises, et profonde, en son milieu, de 4800 mètres, est séparée de la mer de Chine par une barrière sous-manne située à 740 mètres de la surface. A cette profondeur, la température de la mer de Chine est de 10*,28 et elle s'abaisse encore de là à 1700'», où elle devient constante jusqu'au fond et égale à 2<»,34. Oj* la température de i 0^,28 est celle de la mer de Sulu dans toute la nappe comprise entre 740 et 4800 mètres.

Quant à la Mer Rouge, où la température dépasse quelquefois 32<> à la surface.

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nulle part, dans aucune saison, elle ne s*abaisse, sur le fond, au-dessous de 2i**,67, minimum d'hiver de la région. Enfin le même fait se vérifie encore dans certains ijords de Norvège, qui, très profonds au milieu, sont séparés de la mei* par des crêtes sous-marines. 'Ainsi M. Mobn a observé, dans un de ces fjords, à 80 ou 90 mètres de la surface, une température de 6^, se maintenant constante jusqu'au fond, à 1280 mètres.

Par conséquent il est peimis de dire (pio toute mer fermée possède, dans ses profondeurs, une température uniforme, qui est ou bien ceUe de Vhiver dans la région, ou celle de la dernière couche océanique avec laquelle elle est en libre cornmunication.

La conclusion de cette rapide étude des conditions thermiques dans les mers ost que la latitude, c*est-à-dire le facteur astronomique, n'intervient que pour fixer la température de la surface des masses liquides et encore à la condition de voir le résultat modifié, soit par la configuration des bassins, soit par les courants marins. A partir de la couche superficielle, tout ce qui se passe dans les régions inférieures, de beaucoup les plus importantes, ne dépend que du relief du fond e\ de la facilité plus ou moins grande avec laquelle ses diverses parties peuvent communiquer. On comprend aisément combien ces considérations importent au géologue, en raison de Tinfiuence que ces conditions variables doivent exercer sur le développement des organismes et le mode de formation des dépôts marins.

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