‹ Traité de géologie (volume 2)Chapitre 381 sur 483 · TT ES ÉTRAXIGERS DIVERS DU SYSTÈME ÉOGÈWE · texte numérisé non relu

TT ES ÉTRAXIGERS DIVERS DU SYSTÈME ÉOGÈWE

AllemaipMe dln Nord. — Formadon Uipaltlféro. — L'éocène supérieur est représenté dans l'Allemagne du Nord par un ensemble lignitifére, qui se poursuit depuis les bords de l'Elbe jusqu'à Kônigsberg et Cracovie. Ce sont des couches, généralement meubles, de galets quartzeux roulés, parfois agglomérés en poudingues, de sables siliceux, de grès quartzeux en bancs réguliers ou en nodules ; d'argiles et de schistes argileux gris, souvent riches en plantes fossiles et enfin de lignite ; ce dernier est très variable de composition et de texture ; l'une de ses variétés, connue sous le nom de pyropissite, est exploitée à Weissenfels pour la fabrication de la paraffine.

Les gisements de lignite sont tantôt lenticulaires, tantôt sous forme de couches dont la puissance moyenne est de 2 à 6«, quoique, par exception, elle atteigne 50™ au Meissner et 50"» à Zittau. Dans la Saxe, notamment aux environs de Halle, l'éocène lignitifére (oligocène inférieur des Allemands) repose directement sur les roches porphyriques.

Le lignite est surtout formé de conifères et en particulier de cupressinées. Presque tous les gisements qui entourent le Hartz sont constitués par des tiges de Taxites Ayckii et TaxoxyUm Gœpperti; ceux de Silésie, de Cuppressinoxylum ponderosum, C. protdarix, etc. : ceux de Leipzick de Séquoia CoutUiœ avec PaU macites et Betula. En revanche, les argiles et les grès qui encaissent les lignites sont surtout riches en restes de dicotylédones angiqspermes, Quercus, Laurus,

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Cinnamomum , Magnolia , Sassafras , etc. , associées à diverses espèces de palmiers des genres Sabal^ Flabellaria, Phœniciles. L^ensemble de cette flore rappelle la Louisiane actuelle, avec quelques affinités australiennes et indiennes.

La formation lignitifère est recouverte à Magdebourg et Helmstàdt par des sables et argiles d'origine marine, contenant Ostrea ventilabrum, Arca appertdiculata, Cytherea Solanderi, Pleurotoma subconoidea, avec de très nombreux polypiers.

C'est aussi à Téocène supérieur que doivent être rapportées les couches succinifères du Samland, près de Kônigsberg. L'ambre ou succin y est réparti en profusion dans une couche de sable glauconieux, épaisse de 1",50 à l'",70, presque entièrement au-dessous du niveau de la mer et recouverte par 23" de sable glauconieux pauvre en ambre ; ce dernier sable supporte des argiles, des sables et du lignite. L'ambre, qui provient de plusieurs espèces de Pinus, parmi lesquelles P. succinifeTy contient de nombreux insectes, arachnides et myriapodes. Le lignite qui le recouvre renferme une flore caractéristique de l'oligocène moyen ou miocène inférieur.

Toscane. — En Toscane, où Téocène appartient au type alpin, le calcaire nummulitique est surmonté d'un macigno abondant en restes végétaux, au-dessus duquel se déploie l'étage ligurien, divisible en trois assises : i^ à la base, calcaire marneux à fucoïdes, Chondrites Targioniif C. iniricatus, C. furcatus; 2<> zone des serpentines et gabbros de la Ligurie maritime et de l'Emilie, des jaspes de Monte-Catini, des argiles écailleuses ou argille scagliose du mont Amiata ; 3^ au sommet, zone de VAlberese, calcaires compacts, esquilleux, alternant avec des argiles brunes schisteuses (i).

Les argille scagliose de l'Emilie seraient, d'après M. Mantovani (2), un tuf boueux venu de la profondeur et contenant parfois des blocs arrachés à des formations plus anciennes. Telle est aussi l'opinion de M. Th. Fuchs (3) qui, faisant revivre une idée déjà émise par MM. Abich et Alph. Favre, a proposé de regarder le flysch comme une sorte de tuf, produit d'éruptions boueuses. Le flysch, surtout dans l'Apennin, est fréquemment en rapport avec des roches éruptives, notamment des serpentines et des gabbros, et l'on n'y trouve que des fucoïdes, comme si les organismes délicats avaient dû fuir la région où il se déposait. Cependant M. Gûmbel (4) a signalé des spicules d'épongés, en très grande abondance, au milieu des marnes et des calcaires siliceux du flysch dans la Suisse, la Bavière, l'Autriche et les Apennins. Si donc cette formation dérive de phénomènes internes, du moins la sédimentalion extérieure y a puissamment marqué son empreinte.

(1) De Stefani, Soc. Totcana di scieme nat., 1878.

(2) A>MwJfl/irM877, p.215.

(3) Sitiungtberichte der K. Akad. der WUieiuchaften, Vienne, 1877.

(4) VerhandL der K, K. geoL Reichsanstalt, 1880, p. 213.

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Hongrie. — La formation nummulitique se poursuit en Hongrie, où Ton peut distinguer (i) :

Locene ropeneur. | CQ^^hes k Orbitoides et NvmmulUes Tchihatcheffi.

p . i Couches à Numm, striata.

Ëoceue moyen, j couches à grandes nummulites {N. spira, N. perforaia, N. complanala).

Éocène inférieur? Lignites à Cyrena gi'andis.

Cet ensemble est surmonté par des marnes à cyrènes, que M. Hébert regarde comme l'équivalent des glaises vertes du bassin de Paris.

Par les Carpathes, la Turquie et la Grèce, Téocène nummulitique de la Hongrie va rejoindre celui du littoral méditerranéen.

Afrique. — Très développé dans Test de la région algérienne, le système éocène diminue d'importance vers Touest, et n'est plus représenté que par quelques traces dans la province de Constantine (2). Sa puissance dépasse 400" dans le Tell, où, discordant avec les terrains antérieurs, il est formé d'argiles avec nummulites, que couronnent des bancs énormes de grès ferrugineux.

Dans les hauts plateaux, aux environs de Tebessa, du Hodna, de Teniet-el-Haad, il se compose, à la base, de marnes grises où abonde Ostrea multicostata; puis viennent des calcaires marneux gris à silex noirâtres, parfois très riches en échinides, Macropneustesy Periaster ohtmm, etc., et en nummulites; enfin un calcaire dur jaune en plaquettes. Au sud de Sétif, on rencontre à ce niveau des argiles multicolores avec bancs de gypse.

On retrouve la formation nummulitique bien caractérisée en Syrie et en Égj-pte; on sait d'ailleurs qu'elle se poursuit par la Perse jusque dans l'Asie centrale.

Amérique do Nord. — Étaye llfnitlfére. — L'éocène de l'Amérique du Nord a été divisé (5) en deux étages : l'étage lignitifère {lignitic group) puissant de 1200", où dominent les formations d'eau douce et qui est bien développé dans le bassin du Mississipi, ainsi que dans la région des Montagnes Rocheuses et les territoires de l'Ouest ; ensuite l'étage d'Alabama, représenté par des couches marines sur les bords de l'Atlantique, du golfe du Mexique et du Pacifique, mais se terminant par des formations lacustres et ne comprenant, dans le massif des Montagnes-Rocheuses, que des couches d'eau douce.

Nous avons déjà signalé le mélange de fossiles marins crétacés, de dlnosauriens et de végétaux éocènes qui caractérise le groupe lignitifère d'Amérique. Il est môme un bon nombre des espèces reconnues dans les couches lignitifères des Montagnes-Rocheuses, telles que Séquoia Langsdorfi, Phragmiles Œningensis^ Alnus Kefersteiniy Cinnamomum Scheuchzeri, etc., dont l'apparition n'a eu lieu en Europe que dans la période miocène. Ainsi la flore tertiaire américaine parait avoir précédé celle d'Europe et le fait n'a rien de surprenant si l'on admet que la propagation des végétaux s'est faite vers le sud à partir des régions polaires;

(1) Hébert et Numer-Chalmas, Comptée rendus, LXXXV, pp. 122, 181, 259.

(2) Ces renseignements ont été fournis à l'auteur par M. Peron.

(3) Dana, Manual ofGeology, 1875, p. 490.

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car TAménque est bien plus directement reliée que l'Europe aux contrées arctiques. Mais cet argument laisse indécise la question, très controversée, de savoir si le groupe lignitifère appartient au crétacé ou à Téocène ; on pourrait dire que la présence dans sa faune d'une ammonite et l'absence de tout débris de mammifères semblent faire pencher la balance en faveur de la première solution. Du moins est-il probable que rAmérique offre l'exemple d'uiie série lacustre où le passage du crétacé au tertiaire s'est fait d'une manière continue,

AlAbama, NevadA. — L'étage d'Alabama, formé en bas des argiles de Claihome et en haut des couches de Vicksburg, riches en nummulites, contient des fossiles analogues à ceux de Téocène européen, Ostrea sellwformiSf Cardita planicosta, Turritella carinata^ Cilhara Mimssipiensis , Orbitolites Mantelli. Dans les Montagnes-Rocheuses, les couches lacustres de Fort^Bridger, appartenant à cet étage, ont fourni de nombreux mammifères tapiroîdes, ainsi qu Orohippus et les curieux genres Dinoceras et Uintalherium.

L'éocène du Nevada, dont les couches se sont déposées dans quatre grands lacs successifs, se compose, d'après M. Clarence King, des étages suivants :

4. Étage (TUinla (ISO"), grés grossiers et conglomérais, à Epihippm, Hyopaodus.

3. EL de Bridger (TSC"), grés à grain fin, riches en vertébrés, Lemuravusj Dinocera$y Uintathe^ rium ; argiles vertes et sables.

2. Et. de Green-River (GOO"), schistes calcaires, grés calcariféres et lignites, avec poissons analogues h ceux de Honte Bolca.

1. El. de Vermilion Creek (1500"), grés grossiers roses et couleur chocolat, avec nombreux conglomérats. Coryphodon, Eohippus-

Bégion* arctiques. — G'est probablement à Téocène qu'il convient d'attribuer les gisements de lignites avec plantes fossiles, découverts à Atanekerdluk, au Groenland, par 70^ lat N., ainsi que dans le Canada septentrional, l'Islande, l'Ile des Ours et le Spitzberg. Ces gisements, où les genres Séquoia, Taxodium, QuercuSy Juglans, sont représentés par des espèces identiques avec celles du miocène européen, contiennent, d'après M. Heer (1), 9 grandes fougères, 31 conifères, 1 1 monocotylédones et 99 dicotylédones, noyers, platanes, hêtres, chênes, érables, peupliers, etc.

Le refroidissement du globe ayant commencé par les pôles, il est assez logique de considérer cette flore, malgré ses espèces miocènes, qui d'ailleurs ne forment pas plus du quart de l'ensemble, comme antérieure à la flore miocène européenne, c'est-à-dire à la migration vers le sud des plantes qui devaient caractériser cette dernière. Le point le plus septentrional où l'ensemble végétal qui nous occupe ait été observé est la terre de Grinnel, située vers le 82* parallèle. Sur ce point, le sapin argenté et le cyprès chauve croissaient à côté du peuplier et du bouleau, auprès de lacs couverts de nénuphars, Nymphwa arctica; c'est-à-dire que le clhuat de l'époque, à quelques pas du pôle, était celui des Vosges actuelles. Hais les magnolias y faisaient défaut, tandis qu'ils existaient aloi^ au Groenland, par 70* lat. La moyenne annuelle du Groenland septentrional devait être de

(1) Elora foêêilts arcttca

GROUPE TERTIilRË.

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