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LE MIOCÈNE DANS LA LIMAGNE

Les faluns de la Touraine ont pour équivalent, dans rAquilaine, les faluns du haut de Saucats, à Oliva Basteroti et Buccinum baccatum, et les faluns de Baudignan et de Gabarret, à ossements roulés de Dinotherium et de Mastodon, avec Melania aquilanica.

Au-dessus vient la mollasse marine de V Armagnac, à Ostrea crassissima et Pecten solarium. Enfin la série se termine par les faluns jaunes et bleus de Salles, d'Orthez et de Saubrigues, à Pleurotoma cataphracta, Voluta Lamberti, Cardita JouanneHj Ostrea crassissima, Pecten scabrellus, Trochopora conica, offrant déjà des affinités avec le pliocène italien.

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Llmagne. Arkoses et marnes. — La Limagne (fig. 538) formait, à Tépoque miocène, un vaste lac d'eau douce, que des soulèvements ultérieurs ont morcelé

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Fig. 538. — Coupe de la Limagne sur la rive droite de l'Allier (d'après M. Julien).

1, granité; 2, arkoses et argiles sableuses; 5, calcaire à Potainides ; 4, calcaire i Limnées; 5, calcaires

et pépérïtes i phrygaiies et à Hélix Ramondi; 6, calcaire à Melania aquilanica; 7, basalte.

en deux bassins, celui de Glermont et celui d'issoire (1). Un bassin analogue existait dans le Yelay et la haute vallée de la Loire et d^autres lambeaux attestent Texislence d'un lac de la même époque sur l'emplacement actuel du massif du Cantal.

A la base des sédiments tertiaires on observe, dans la Limagne d'Auvergne, 50 ou 60*" d'arkoses et d'argiles bariolées, plus ou moins sableuses, résultat de la désagrégation, presque sur place, des roches granitiques qui forment le fond du bassin. Ces arkoses, que plusieurs auteurs ont rapportées à Téocène, appartiendraient, selon M. Julien, au tongrien, avec lequel elles se relient stratigi aphiquement d'une manière continue, en même temps qu'elles fournissent, avec des restes de palmiers, un végétal d'afûnités tongriennes, Betula dryadum. Les arkoses sont surmontées par 350" de bancs calcaires et marneux, alternant avec des lits argileux et des couches de cendres basaltiques, lesquelles, cimentées par de la vase calcaire, donnent naissance aux pépérites de la Limagne. La succession des assises, du haut en bas, est la suivante (2) :

(1) Julien, Annuaire du club alpin, 1881, p. 446.

(2) Julien, loc. cit.

DK LAPPARF.5T, TRAITÏi AB CÉOLOGtI. 60

4. Bancs supérieurs de Gergovie, à Melania aquilanica (40 à 50"). 3. Couches à Hélix Kamondi (200-).

2. Couches à Limnœa pachyga$ler et PlanorbU cornu (50"). \. Couches à Potamides Lamarcki (50").

Les couches de Tassise 1, dont M. Julien a démontré la continuité dans tout le sud de la Limagne et qu'on observe à Gergovie, Corent, Saint-Romain, Durtol, Royat, etc., sont tantôt en bancs ëpais, tantôt en feuillets excessivement minces. Le gypse y est exploité et Ton y trouve des plumes d'oiseaux» des poissons du genre Lebias^ des Bythinia Diibuissoni et des graines de Chara. L'argile, grise ou verdâtre, avec Cypris faba, abonde dans les couches à limnées, où les calcaires sont moins jaunes que dans l'assise inférieure.

Calcaire à phryf^anes. Calcaire de Clergoirle. PépéHtee. — Âlors Commencent les pépérites, assez bien stratifiées et résultant de pluies de cendres dans les étangs et les marais auxquels le lac avait fait place ; là se sont développées des myriades de phryganes, dont les larves ont souvent formé leurs étuis ou induses d'une agglomération de petits planorbes et de paludines, donnant naissance au calcaire à phryganes. On y trouve les Hélix Ramondi^ H. ligeris, H. phacodes, Pupa^ etc. De temps en temps, quelques bancs calcaires bien réglés se montrent au milieu de la masse, où ils ramènent alors les limnées et les planorbes de l'assise 2. L'activité thermale s'est en outre traduite par la formation de vrais travertins et de dépôts de silice.

Sur les hauteurs de Gergovie et de Merdogne, entre deux nappes de basalte, se présentent le calcaire marneux et les sables fluviatiles à Melania aquitanica , avec Melanopsis, Unio, Cyrena. La flore se compose de Myrica lignitum, Jf. lœvigata^ Laurus primigenia, Cinnamomum lanceolatum, Liquidambar europœum, Diospyros vàriam. Les feuilles sont petites, chétives, d'apparence coriace et dénotent un climat sec et chaud, d'affinités australiennes (i).

Les pépérites ou tufs basaltiques de la Limagne, si puissantes autour de Pontdu-Château, Vertaizon, Vic-le-Comte, etc., sont remplies d'Hélix Ramotidi ei d'îlots de calcaire à phryganes. Les vertébrés appartiennent aux genres Anthracotherium, Wiinoceros, Cœnotherium^ Dremotherium, Amphitragulm.

Calcaires d'issoire, Aarlllac, Ganaat, Boaaiie, ete. — Dans le bassin d'Issoire, le calcaire à potamides est parfois compact et donne le marbre de Nonette, dans lequel Brongniart a découvei*t en 1809 le Potamides Lamarcki. Ce même fossile abonde, aux environs d'Aurillac, dans des marnes calcaires, épaisses de SO"*, superposées à des arkoses et contenant aussi Bythinia Dubuissoni. Au-dessus vient, à Aurillac et à Hurat, un calcaire à limnées et à planorbes, avec Limnœa pachygaster^ L. symmetrica^ Planorbit cornu. Hélix Ramondi. Dans le Cantal, les marnes sont quelquefois très fissiles, au point de compter jusqu'à 30 feuillets distincts sur une épaisseur de O"»,©? à O^jOi (2). Cette fissi-

(1) Julien, loc. cit. — De SaporU, Plantes des arkoses de Brives, 1878.

(2) Oustalet, Ann. des se. géol, 1870, 1871.

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