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DESCRIPTION DES DÉPÔTS QUATERNAIRES

8i GABACTÈRES OÉMÉRAUX DE L*ÉPOQUE QUATBRMAIRE

Déftaitien de l'épo^ve qaateniMire. — La partie de Tère moderne qu*on a désignée sous le nom d'époque quaternaire {postpliocène et pleistocène de Lyell) es! caractérisée par Tapparition de Thomme sur le globe.

Depuis que ce grand fait s*est produit, la géographie terrestre parait, au moins dans nos contrées, n'avoir subi que des changements insignifiants. Le monde organique ne s*est enrichi d*aucune espèce nouvelle ; mais plusieurs formes ont disparu parmi celles qui faisaient cortège aux premiers hommes et les grands nammifères herbivores, déjà sur leur déclin vers la fin de la période pliocène, ont vu leurs principaux repré,sentants quitter peu à peu la scène du monde.

Il semblerait donc que Tétude de Tépoque quaternaire ne dût pas être séparée de celle des phénomènes actuels, si cette phase de Thistoire du globe n'avait été marquée par un événement considérable ; nous voulons parler d'un changement momentané de climat qui, en imprimant, dans toute la zone tempérée, une activité extraordinaire aux précipitations atmosphériques, a permis aux phénomènes d'érosion et d'alluvionnement de se manifester sur une échelle grandiose. Comme conséquence de ce changement, de grandes nappes de neiges et de glaces ont couvert les massifs montagneux ainsi que les régions septentrionales, produisant, au moins dans toute l'Europe, un refroidissement marqué, avec lequel l'âge des grands cours d'eau a pris fin. Plus tard seulement la température s'est radoucie et le régime actuel s'est établi avec l'âge des tourbières et des habitations lacustres. De cette manière, tandis que, de nos jours, l'action des glaciers, des rivières et de l'atmosphère sur la surface terrestre est réduite à des proportions presque insignifiantes, cette action a suffi, au début de l'ère moderne, pour étaler sur de grandes étendues des dépôts parfois très épais. Si l'ensemble en est trop peu considérable pour constituer un groupe ou même un système, il est du moins permis d'y voir une division d'une certaine importance en faisant, du temps où ces dépôts se sont formés, une époque spéciale, dite époque quaternaire.

Quelque rapprochée qu'elle soit de la nôtre, cette époque est encore très mys-

térieuse et soulève des problèmes dont plusieurs sont loin d*ayoir reçu leur solution définitive. Les dépôts qu'elle a laissés sont ordinairement juxtaposés plutôt que superposés et la succession en est parfois très obscure. Les mêmes variétés de roches, limons, graviers, argiles à blocaux, s'y répètent à diverses hauteurs et plusieurs de ces dépôts peuvent avoir été remaniés sans que rien le fasse presf>entir. Enfm Tabsence ou la rareté des débris organiques, parmi lesquels ceux des vertébrés sont presque seuls de nature à fournir quelques lumières, rendent particulièrement délicate la détermination de l'âge relatif. Ce n'est donc qu'avec une grande réserve que nous aborderons ce difficile sujet. D'ailleurs il convient de ne pas oublier que c'est seulement en Europe et dans le nord de l'Amérique que les dépôts quaternaires commencent à être bien connus; dès lors toute conclusion à laquelle nous conduira notre examen devra être restreinte aux régions dont l'étude en aura fourni les éléments.

Cartteières de la tmmne qvAterBAire. — Le phénomène quaternaire ayant sa principale source dans un changement du régime atmosphérique, son action ne s'est fait sentir que sur les continents et la température de la surface des mers dans les hautes latitudes en a été seule affectée. Sous cette influence, les coquilles arctiques de la zone littorale se sont tantôt avancées vers le sud, tantôt retirées au nord sans que jamais il se produisit, dans les mers, de changements capables de motiver l'apparition de nouveaux êtres. La faune marine de l'époque quaternaire est donc celle de nos jours, dont elle ne diffère que par quelques particularités dans la répartition géogi^aphique des mollusques de sui'face. C'est -ainsi que diverses coquilles arctiques, telles que Mya truncata (fig. 552), se

Fig. 5S2. Fig. 553. Fig. 554.

Fig. 5S3. Mya Iruncala, Linn., du quaternaire marin. — Fig. 533. Hélix hispida, HûlI., du loess. Fig. 554. Pupa muêcorum^ Dr., du loess.

rencontrent en Grande-Bretagne et en Scandinavie, au milieu de dépôts côtiers aujourd'hui portés à des hauteurs notables au-dessus du niveau de la mer.

Il en est autrement de la faune terrestre. Le refroidissement dont le forest-bed portait déjà les traces devait, en s' accentuant, rendre au moins difficile l'existence des grands proboscidiens herbivores et des hippopotames. Il suffisait que, dans leurs tentatives de migration, ces animaux vinssent à rencontrer des obstacles infranchissables pour que leur destruction devînt certaine, lors môme que l'honune chasseur des premiers âges ne s'y fût pas appliqué. Pour cette raison, la faune terrestre quaternaire, dans une région déterminée, offre ce double caractère de pouvoir renfermer, avec des espèces encore vivantes dans la région, des espèces éteintes et d'autres émigrées, la retraite de ces dernières pouvant avoir eu lieu vers le nord ou vers le sud.

Espèces ételates, «spéees éMi^rées. — A la première catégorie appartiennent les éléphants, d^abord Elephas antiquiu, successeur direct d*£. meridio' naliSf puis le Mammouth ou E. primigenius; ensuite les Rhinocéros Hchorhinus, R. Mercki, Hippopotamus major, Ursus spelœm, Hyœna speUea, Felis spelaea, Cervus megaceros, etc.

Parmi les espèces émigrées figurent le Renne (Cervus tarandus) et le Glouton (Gulo iuscus), aujourd'hui retirés dans la zone glaciale arctique ; le chamois {Antilope rupicapra) et la marmotte (Arctomys marmota), de nos jours habitant les Alpes ou les Pyrénées, ainsi que YVrsus ferox des Montagnes Rocheuses, et Y Aurochs, dont il subsiste quelques individus dans les forêts de TEurope orientale.

On peut dire que, dans la première phase de Tépoque quaternaire, la note est donnée par les espèces éteintes, tandis que, dans la deuxième, où celles-ci ne se montrent plus ou deviennent de plus en plus rares, on voit dominer les espèces qui depuis ont émigré yers le nord, notamment le renne, ce qui implique un refroidissement momentané très sensible.

Les petites espèces de mollusques quaternaires sont surtout terrestres et appartiennent aux genres Hélix (fig 555), Succinea, Pupa (fig. 554), ClausUia, etc.

Divisions de lAfawne quaternaire. — Dans TEurope occidentale, les Elephas antiquus, Rhinocéros Mercki, Hippopotamus major, paraissent former un groupe plus ancien que celui qui est composé des Elephas primigenius et Rhinocéros tichorhinus, Ursus spelœus, Hyxna spelœa. Mais ces deux groupes, loin d*étre nettement séparés, se pénètrent mutuellement. De même qu'£. antiquus est associé, dans le forest-bed, à £. meridionalis et à E. primigenius, de même ce dernier, quand E. meridionalis a disparu, est souvent en compagnie d*£. anHquus, auquel il doit survivre assez longtemps pour coexister avec le renne, quand celui-ci sera devenu l'espèce dominante. En réfléchissant que le grand hippopotame appartient toujours au groupe le plus ancien, tandis que le mammouth et ieAAm. a'cAorAinttô étaient munis, Tun d*une épaisse crinière, Tautre d une peau laineuse, il paraîtra raisonnable d'admettre, depuis l'époque pliocène de YE. meridionalis jusqu'à la fin de l'âge du renne, un refroidissement progressif, ayant entraîné d'abord l'extinction d'jB. antiquus et d*Hipp. major, puis celle de leurs survivants mieux armés. De cette manière, l'époque quaternaire ancienne, jusqu'au rétablissement du régime humide avec les tourbières, pourrait se diviser eo trois âges se fondant insensiblement les uns dans les autres : 1 âge de Y EL antiquus dominant ; 2<> âge de Y El. primigenius et du Rhin, tichorhinus ; 3<» âge du Renne dominant.

Faune qaateraaire d'Amériqae et d'Aaetralie. — • Les détails qui viennent d'être donnés s'appliquent à la faune quaternaire d'Europe ; on voit que les cm^ nivores y tiennent une place très importante à côté des herbivores. Ce 3ont ces derniers qui dominent dans l'Amérique du Nord, sous la forme des Elephas americanus, E. primigenius et des mastodontes qui, absents de l'Europe quater-

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