FILONS
toujours on les trouve disséminés au milieu d une cei*taine quantité de matières pierreuses appelées gangues.
On peut distinguer, parmi les gîtes minéraux, plusieurs variétés de formes, dont chacune comporte un mode spécial de production. Les principaux types sont les suivants :
1° Gîtes stratifiés, régulièrement intercalés entre les couches du terrain encaissant et synchroniques du dépôt de ce dernier;
2*» Gites en amas, formant, à la jonction de deux terrains différents, des massifs plus ou moins lenticulaires, dont le mode de production peut rester parfois très problématique ;
3" GUes en filons, occupant des fentes bien caractérisées de l'écorce terrestre. Ces fentes sont le plus souvent indépendantes de la stratification des terrains qu'elles traversent. Mais il arrive quelquefois que la cassure emprunte le plan de séparation de deux strates successives. 11 en résulte alors des filons^ouches, difficiles à distinguer des gisements stratifiés.
Les gites en amas semblent devoir être considérés comme des variétés de filons, qui prennent naissance lorsque, sur certains points, les fentes métallifères subissent un élargissement exceptionnel. Nous ne leur ferons donc pas, dans cette étude, une place à part, sauf à rechercher, dans certains cas intéressants, les causes auxquelles peut être attribuée Textension en largeur des fentes de l'écorce. Quant aux gîtes stratifiés, il en a été naturellement question dans la description des terrains dont ils font partie. De cette manière, avec la signification restreinte que nous leur attribuons ici, les gîtes minéraux viennent bien à leur place parmi les produits de l'activité interne.
Deux choses sont à considérer dans les gites : la fente qui les contient, produite dans une des dislocations de Técorce terrestre, et le remplissage^ dont les matériaux ont été amenés et déposés par des actions chimiques spéciales. Ce dernier peut avoir été immédiatement postérieur à la formation de la fente, ou au contraire ne s'être produit qu'après un assez long intervalle.
PBÉHOMÊHES DE FRACTURE
HéflaltioB des filons. — Les fentes des gites minéraux et métallifères sont, en général, assez bien définies comme parcours et prennent le nom de filons. Vinclinaison ou pendage des filons se rapproche le plus souvent de la verticale ; mais il peut en être autrement si, après l'ouverture des fentes, le terrain qu'elles affectent a subi de notables bouleversements. On donne aux deux parois d'un filon le nom d'épontes; celle qui, par suite du défaut de verticalité, s'appuie sur l'autre, porte le nom de toit, tandis que la seconde s'appelle mur. Fréquemment, le corps du filon est séparé du toit et du mur par une certaine épaisseur de ma-
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tières argileuses ou détritiques, fbrmant ce qu'on appelle une salbande. Il arrive souvent que les épontes d'un filon offrent des parties polies et striées*, dites miroirs de fUonSt résultat du frottement mutuel des parois, lors de la formation de la fente et du glissement du toit sur le mur.
La direction d*un filon est Torienlation de Thorizontale en chacun de ses points. Cette orientation comporte des variations de détail assez sensibles pour que, la plupart du temps, il convienne de s*en tenir à la pratique des anciens mineurs, qui évaluaient la direction en heures (hora) de la boussole, depuis zéro jusqu'à 12.
^inclinaison d'un filon est l'angle que fait avec l'horizontale la ligne de plus grande pente. La puissance est l'épaisseur, comptée normalement d'une éponte à l'autre. Cet élément peut varier depuis l'épaisseur d'une feuille de papier, qui est celle des fentes imprégnées de tellure natif d'Offenbanya en Transylvanie, jusqu'à la puissance de 50 à 60*° qu'offrent certains filons du Uartz. Au delà de ces chiffres, les fentes perdent toute régularité et leurs remplissages méritent d'être qualifiés d'amas.
Orientation. Croisements. — Un filon bien défini garde généralement une
orientation moyenne constante sur une assez grande longueur, surtout quand le terrain encaissant ne change pas de nature dans ce parcours. Cependant il est un cas où la direction peut êlre brusquement déviée; c'est quand il y a rencontre de deux filons; dans ce cas, le glissement relatif des deux lèvres de la nouvelle fente
Fig. 567. -Rencontre de nions. ^ P^^^ ^^^^ ^^ ^^P^^®'" ^^ ^«"^ trOUÇOns le fllon
Les filons 1, 1, les plus anciens, sont lo plus ancien et il se produit un rejet de ce
:SK" j.'tr..Vrt -«"'âtt dernier (ûg- 567). c'est-à^ire une brusque inter- Enfin les filons 4 rejettent tous les ruptiou de Sa masse qui vient buter contre le
autres. *
croiseur; une galerie horizontale menée dans ce filon doit donc être reprise en avant ou en arriére après avoir cheminé quelque temps dans le croiseur.
Champs de fracture. Leur Imitation artlllelelle. — Les fîlons métallifères ne sont presque jamais isolés; de plus, au lieu d'être disséminés à peu prés partout, ils se concentrent habituellement en assez grand nombre dans certaines régions, où ils forment plusieurs séries enchevêtrées de cassures, chaque série étant composée de fentes à peu prés parallèles. De la sorte, un district minier constitue un réseau de fentes, qu'on ajustement appelé un champ de fracture.
Des champs de fracture bien caractérisés s'observent dans l'Erzgebirge et notamment à Freyberg ; dans le Hartz, autour de Clausthal ; en Cornouailles ; en Bohême, à Przibram et à Mies ; en Hongrie, à Schemnitz ; en France, près de Vialas (Lozère) et de Pontgibaud (Puy-de-Dôme), etc.
La figure 568, qui représente une coupe verticale prise dans le district de Przi-