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CHAPITRE I

Exemples de phénomènes géologiques. — Lilhogénèse. — Orogenèse. — Glyptogénèse. — Succession des cycles.

Exemples de phénomènes géologiques. — Parmi les phénomènes géologiques, il en est qui de tous temps ont frappé l'imagination des peuples ou qui tout au moins n*ont pas échappé à Tœil des obser\'aleurs. Tels sont les éruptions volcaniques, les tremblements de terre, le charriage des limons par les fleuves, la marche des dunes, etc. Mais beaucoup de ces phénomènes sont localisés dans certaines régions en quelque sorte privilégiées; aussi, dans les pays couverts de cultures, dans le voisinage des grandes villes situées dans rintérieur des terres, loin des côtes battues par les flots, loin des massifs montagneux qui portent des glaciers, loin des pays volcaniques, l'attention n'est-elle guère retenue par la marche des phénomènes géologiques.

Rendons-nous par contre dans la haute montagne, dans certaines régions des Alpes, par exemple; là il nous est impossible d'échapper à l'impression grandiose qu'exercent sur nous les plus imposantes manifestations des forces de la Nature. Partout nous rencontrons les traces de phénomènes géologiques dont nous pouvons saisir immédiatement les effets.

Nous remarquons d'abord, sur presque toutes les pentes, de grands amas d*ébouUs, alimentés constamment par des chutes de pierres; ailleurs ce sont des accumulations énormes de blocs épars, souvent de taille gigantesque, résultant de ce que, à un moment donné, de grands pans de rochers, voire des montagnes entières, comme dans les éboulemenls tristement célèbres de Servez, en Savoie (1751) (pi. I), de Goldau (1806), d'Elm (1881), en Suisse, se sont détachés d'un seul coup et ont répandu en quelques instants un

manteau détritique sur de vastes surfaces précédemment couvertes de végétation ou même sur des lieux habités par Thomme. L'effet géologique évident de ces catastrophes consiste dans le transport, sur les pentes et jusque dans le fond des vallées, de matériaux arrachés aux régions élevées.

Dans le cas précédent, les éboulis sont déplacés par la simple action de la pesanteur; il est manifeste que cette action se trouvera considérablement renforcée par l'intervention des innombrables filets d'eau que nous voyons ruisseler sur les pentes et tomber en cascades les jours de forte pluie ou au moment de la chute des neiges. Le phénomène est particulièrement grandiose dans le bassin de réception des torrents, où l'attaque énergique de la montagne par les eaux sauvages se produit sous nos yeux; nous pouvons assister ensuite, après les pluies d'orage, à l'entraînement tumultueux des matériaux meubles par le chenal d'écoulement et, enfin, nous voyons ces matériaux s'étaler sur le flanc de la vallée, en formant un vaste cône de déjection, disposé en éventail.

Les glaciers transportent également, mais avec une excessive lenteur, des roches détachées des cimes environnantes, ils les poussent en avant et les accumulent à leur extrémité inférieure sous la forme de moraines frontales.

Dans chacun des trois phénomènes dont nous venons d'indiquer sommairement la marche, éboulements, actions torrentielles et glaciaires, le résultat final est le même, c'est le transport, dans la vallée, de matériaux meubles provenant des régions élevées et ensuite leur dépôt sous la forme de sédiments.

Le coirrs d'eau qui coule dans la vallée entraîne vers l'aval les éléments détritiques que les éboulements, les torrents, les glaciers y ont accumulés; il les charrie, tout en les roulant, les calibrant, les arrondissant, jusque dans la plaine, abandonnant en route les plus volumineux et se chargeant de matériaux nouveaux empruntés à ses berges. Nous le suivons dans la plaine et nous le voyons couler paresseusement, en décrivant des méandres, et, lors des grandes crues, déposer encore des masses considérables d'alluvions. En même temps, il entraîne à l'état de suspension un fin limon provenant de la trituration des roches les moins résistantes, et ce limon se dépose dans les parties du cours où la vitesse des eaux devient relativement faible.

En se jetant dans la mer, le cours d'eau, devenu fleuve, dépose immédiatement les sables ou les graviers qu'il charriait, en formant un delta, ou bien, dans le cas des cotes abruptes et soumises au

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