CHAPITRE XVll
Définition. — Caractères physiques des produits volcaniques. — Divers types
d'éruptions.
Définition. — Les phénomènes volcaniques sont des manifestations de l'activité interne du Globe, localisées en des points déterminés de la surface terrestre que Ton appelle des volcans. On peut définir un volcan la bouche de sortie par où, d'une manière permanente ou temporaire, des matières à haute température, originaires de Tintérieur de la Terre, sont amenées au jour. La sortie de ces matières a lieu principalement par une ouverture située au sommet d'un cône volcanique; c'est le cratère^ orifice d'une cheminée par laquelle a lieu l'ascension des matériaux d'origine interne.
Les paroxysmes de l'activité volcanique ne sont autre chose que ce que Ton appelle communément les éruptions, phénomènes essentiellement intermittents. Il y a, en effet, des volcans éteints, ou considérés comme tels, qui depuis l'époque historique n'ont plus eu d'éruptions. Tels sont les volcans de l'Auvergne, dont les plus récents, ceux de la chaîne des Puys, datent de la période Quaternaire, tandis que ceux du Mont Dore et du Cantal sont éteints depuis une époque plus reculée. Rien n'indique d'une manière certaine que le repos de ces volcans soit définitif.
Les volcans en activité présentent des alternances de phases de tranquillité et de paroxysmes; leur activité se réveille quelquefois après une très longue période de sommeil.
Dans l'Antiquité, le Vésuve n'était pas considéré comme un volcan et cependant son cône, formé lors d'éruptions très anciennes, existait déjà. Le réveil eut lieu en l'an 79 de l'Ère chrétienne et c'est au cours de cette première éruption dont l'histoire ait connaissance que furent détruites les villes d'IIorculanum et de Pompéi. A partir de
cette date il y eut un paroxysme à peu près tous les cent ans. De 1306 à 1631, le volcan traversa de nouveau une période de calme. Depuis 1712, des périodes d'activité presque continue, dont quelquesunes ont duré plus de 25 ans, alternent avec des périodes de repos de 2 à 7 ans.
D'autres volcans ont un régime beaucoup plus régulier. Le Stromboli est remarquable par son intermittence, à très courte période. Les éruptions, qui se traduisent par une ascension de la lave dans le fond du cratère et par une faible explosion, se produisent à des intervalles très rapprochés, tantôt très réguliers et ne dépassant pas 2 minutes, tantôt moins réguliers et sensiblement plus longs.
Nous étudierons ici tout d'abord les caractères physiques des produits rejetés par les volcans, pour passer ensuite en revue les différents types d'éruptions [1-5]. Dans un second chapitre, nous apprendrons à connaître la structure interne des appareils volcaniques. Puis il y aura lieu de nous livrer à l'examen sommaire des émanations gazeuses des volcans et des roches éruptives. Nous terminerons l'étude des phénomènes volcaniques par un aperçu de la distribution géographique des volcans et par des considérations générales sur les causes du volcanisme.
Caractères physiques des produits volcaniques. — Les produits amenés à la surface lors des éruptions volcaniques ont été généralement répartis dans les trois catégories des projections gazeuses^ des projections solides et des coulées, mais il convient d'y ajouter, d'après les observations faites en 1902 et 1903 à la Montagne Pelée, les extrvsions visqueuses.
Projections gazeuses, — Nous ne parlerons pas, dans ce chapitre, des émissions gazeuses temporaires ou constantes qui se produisent sur les flancs ou aux abords du volcan et qui ont reçu le nom de fumerolleSy nous nous en occuperons plus tard. Il ne sera question ici que des dégagements gazeux explosifs, projetés au dehors avec violence par le cratère ou, plus rarement, par de grandes fissures qui prennent naissance sur les flancs du cône.
Leur composition chimique est mal connue et a été déduite principalement de celle des fumerolles du bord du cratère. La vapeur d'eau semble prédominer de beaucoup, les autres gaz représentés sont l'acide carbonique, l'oxyde de carbone, l'azote, le méthane, l'hydrogène. Ces deux derniers sont susceptibles de s'enflammer, de sorte que l'on voit quelquefois jaillir d'un cratère de véritables flammes.
Ê, Hauc. — Traité de Géologie.
Pl. XVII.
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