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PIN ENTOURÉ PAR UNE COULÉE DE LAVE

et calciné à la base du tronc seulement. Éruption du Vésuve, avril 1906.

É. Hauc. — Traité de Géologie.

Pl. XXIV.

CHEIRE DU LAC d'aydat ( Puy-do-Dômc).

Coulée de lave rugueuse sortie des volcnns basaltiques quaternaires

des Puvs de Lassolas et de la Vache.

Cliché E. Kurkdjian.

CÔ>*ES VOLCANIQUES DE BROMO, BATOK, WIDODAREN, SMERŒ,

VUS du Sanatorium de Tosari (Java).

vallée de la rivière Blanche. La nuit apparaissaient des surfaces incaûdescentes, qui indiquaient la formation de fissures. La montée de l'aiguille avait lieu par saccades et à plusieurs reprises elle s'est trouvée interrompue par une brusque diminution de l'altitude» due & des écroulements, dont le dernier ramena l'aiguille à une hauteur beaucoup plus faible.

D'abord verticale, l'ascension fut ensuite oblique. La section de l'aiguille était polyédrique au début, deux de ses faces étaient presque planes et présentaient des cannelures verticales. Plus tard la forme devenait cylindrique.

Lacroix attribue la formation de l'aiguille de la montagne Pelée à Yextrusion d'une masse solide d'andésite, sortant par une ouverture du soubassement, comparable à une filière. L'extérieur se aoKiiMlnit, alors que l'intérieur était encore visqueux et laissait échapper de» explosions de gaz, des nuées ardentes, qui, en général, étaient accompagnées d'un écroulement, mais suivies aussitôt d'un brusque mouvement ascensionnel.

La condition nécessaire pour qu'un magma puisse édifier un dôme, c'est qu'il soit émis à l'état très visqueux. Les magmas acides, peu fusibles, possèdent cette propriété, et c'est pourquoi les roches constituant les dômes appartiennent le plus souvent à des types pétrographiques riches en silice. « Mais une semblable viscosité peut être aussi acquise par les magmas basiques beaucoup plus fusibles que les précédents; il suffit, pour cela, qu'ils soient émis à une température peu élevée, ou, ce qui revient au même, avec une vitesse suffisamment faible pour permettre un refroidissement assez rapide. Il n'y a donc aucune impossibilité théorique à l'existence de dômes de roches basiques.... La formation d'un dôme ne dépend pas tant de la composition chimique du magma qui le produit que des conditions dans lesquelles s'effectue son émission » [11].

Divers TYPES d'éruptions. — D'après ce qui précède, il est manifeste que la composition chimique d'un magma n'est pas sans influence sur le caractère général des éruptions, mais, comme l'a établi Lacroix [12], le facteur principal est son état physique, sa fluidité ou sa viscosité plus ou moins grande, au moment de l'éruption.

Conformément à ce principe, on peut distinguer plusieurs types d'éruptions, caractérisés chacun par un dynamisme spécial.

On a appelé hawaïen un type d'éruptions correspondant à l'épancliement d'un magma d'une extrême fluidité. Dans les deux volcans du Kilauea et du Mauna-Loa, dans les tles Sandwich [9], la lave

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basaltique coule comme de l'eau, formant de véritables cascades lorsqu'elle atteint le haut d'un escarpement (pi. XXI, 1). Lors des grands paroxysmes, elle remplit entièrement d'imnienses cratères circulaires, qui finissent par déborder (pi. XX, 2; XXI, 2); ou bien elle jaillit par des fissures. Son émission n'est accompagnée d'aucune éruption violente. Sa fluidité est telle que les gaz s'échappent facilement, en donnant lieu à des fontaines jaillissantes de lave en fusion. Les gouttelettes projettes s'étirent en filaments et donnent naissance aux « cheveux de Pelé ». Les éruptions ne sont accompagnées d'aucune projection de lapilli ou de cendres.

Les coulées basaltiques de Hawaï occupent des surfaces immenses et atteignent de grandes épaisseurs. Seules les émissions de même nature de quelques volcans de l'Islande peuvent leur être comparées, au moins dans les régions volcaniques actuellement en activité.

Le type strombolien est encore caractérisé par une grande fluidité du magma f<mdu, mais les éruptions, dues aux dégagements gazeux. y atteignent une grande violence, de sorte que les projections solides sont abondantes. Elles sont rejetées à l'état incandescent; en raison de leur solidification imparfaite, elles affectent la forme de bombes en fuseau, avec noyau arraché à la profondeur, ou celle de scories vitreuses. Les cendres font à peu près défaut, de sorte que les vapeurs projetées lors des explosions sont presque incolores. Les coulées s'épanchent sur les flancs du volcan, mais sont d'ordinaire localisées d'un côté; elles s'arrêtent dès que la pente diminue sensiblement et couvrent des surfaces bien moindres que les coulées du type hawaïen. La surface de ces épanchements est hérissée de blocs scoriacés, à aspérités très aiguës (pi. XXII, XXIII). La marche de la lave se fait, dit Lacroix [12], « avec un bruissement caractéris tique, produit par le cliquetis des blocs qui s'entrechoquent ».

Le type vulcanien, réalisé en 1888-1889 à Vulcano, dans les îles Lipari, est remarquable par le défaut de fluidité du magma. Grâce à sa viscosité, la lave tend constamment à boucher le cratère, de sorte que les explosions sont accompagnées d'une pulvérisation de matériaux, d'où la production de cendres abondantes, qui rendent très opaques et très denses les nuées projetées verticalement dans les airs. Les bombes ont l'aspect craquelé qui a été signalé plus haut. Les coulées sont plus rares et moins abondantes que dans le type précédent; comme le magma visqueux coule lentement, sa surface s'étire. se fronce, se brise, de manière à laisser baver par les crevasses des parties encore pâteuses. C'est ainsi que prennent naissance les laves

à surface unie (pi. XX, 1), les laves plissées et cordées. Leur progression est silencieuse, contrairement à celle des éruptions du type strombolien.

Enfin, Lacroix [12] distingue encore un type péléen, qui est une variété du type vulcanien, caractérisée par la marche descendante des nuées. Les nuées ardentes de la Montagne Pelée sont un des exemples les plus remarquables de ces projections, mais on peut concevoir de semblables nuées à une température et à une vitesse inférieure à celle qui occasionna le désastre de Saint-Pierre. Le type péléen n'est d'ailleurs pas spécial aux Antilles, Lacroix rappelle [11] que des nuées ardentes ont accompagné les éruptions de San Jorge, dans les Açores, en 1580 et 1808, et celles de plusieurs volcans andésiliques, du Japon et de Java. Il semble que, dans ces éruptions du type péléen, le magma ait été à tel point visqueux que les explosions ont en général été impuissantes à déboucher entièrement Torifice, de sorte que les gaz ont dû trouver une sortie latérale et n'ont pu être projetés verticalement. Les coulées sont sans doute extrêmement rares, l'émission du magma ayant lieu par extrusion, aboutissant à la formation d'un dôme.

Il est rare qu'un volcan présente pendant toute la durée de son histoire des éruptions appartenant toujours au même type, il passe en général, quelquefois même au cours d'une même éruption, par des phases successives, dont chacune correspond à un type déterminé. Ainsi, lors de sa dernière éruption, le Vésuve a d'abord été le théâtre d'explosions stromboliennes, puis d'explosions vulcaniennes. Le même volcan a présenté tantôt des éruptions exclusivement explosives, qui se produisent d'ordinaire après une période plus ou moins longue de repos, tantôt des éruptions plus ou moins violentes, accompagnées d'épanchement de laves. Lacroix a fait voir qu'à la Montagne Pelée le même magma, « bien que n'ayant pas sensiblement changé de composition chimique dans le temps, a été successivement émis par les types de manifestations les plus différents : production de coulées fluides, épanchées au loin; amas de lave très visqueuse, accumulé autour de l'orifice du dôme de sortie pour construire le dôme de 1902-1903, avec, en même temps, violents phénomènes explosifs; enfin, éruptions uniquement explosives, ayant édifié de formidables couches de ponces. »

Les éruptions sous-martyies ne constituent pas un type spécial. Il s'y forme des coulées, et des matières solides ou gazeuses sont projetées comme dans les volcans subaériens. Les cendres et les ponces sont évidemment entraînées au loin par les courante marins et mêlées

aux sédiments ordinaires. Aussi les appareils édifiés sont-ils presque toujours rapidement détruits. C'est ce qui est arrivé à la lin de 183! pour 111e Julia, qui avait pris naissance en juin de la même anné**, entre la Sicile et Pantelleria, et qui, par conséquent, n'a eu qu'une existence des plus éphémères [i4].

1. — G. PouLETT ScROPE. Considérations on Volcanoes, the probable causes of their phenomena, the laws which détermine their march, the disposition oT Iheir produits, and their connexion with the présent state and past history of the Globe, leading to the establishment of a new theory of the Earth. i vol. in-8', 270 p., fig., 4 pi. London, 1825.

2. — K. FucHS. Les volcans et les tremblements de terre. Bibl, scient, iniern.^ XXI, 1 vol. in-80, 279 p.. 36 ftg., i carte. Paris, 1876.

3. — John W. Judd. Volcanoes, what they are and what they teach. Intern. Scient Séries. 1 vol. in-8o, 381 p., 96 fig. London, 1881.

4 Cn. VÉLAiN. Les volcans, ce qu'ils sont et ce qu'ils nous apprennent.

1 vol. in-8", 127 p., 43 fig. Paris, 1884.

5. — TsypEST Anderson. Volcanic Studies in many Lands, being reproductions of photographs by the author of above one hundred actual objects, with explanatory notes. 1 vol. in-4*^, 202 p., 104 pi. London, 1903.

6. — F. FODQUÉ. Santorin et ses éruptions. In-4«, 440 p., 61 pi. Paris, 1879.

7. — Ch. Vélain. Recherches géologiques faites à Aden, la Réunion, Amsterdam et Saint-Paul. Recueil de Mémoires, Rapports et Documents relatifs à Vobservation du Passage de Vénus sur le Soleil, t. II, 2« partie, n® 2. In-4o, 459 p., 25 pi. Paris,

8. — W. Sartorius vos Waltershausen UNO A. VON Lasaulx. Der Aetna.

2 vol. in-4% XXVIII + 371 + 548 p., 40 pi., fig. Leipzig, 1880.

9. — Cl. Edw. Dutton. Hawaïan Volcanoes. 4(**» Afin. Rep, oj the U. S. Geol. Sun)., p. 75-219, pi. II-XXX, 5 fig. 1884.

10. — H. J. JoHNSTON- Lavis. The South Italian Volcanoes, 1 vol. in-4*», 343 p., 16 pi. Naples, 1891.

11. — A. Lacroix. La Montagne Pelée et ses éruptions. 1 vol. gr. in-4«. XXII + 662 p., 30 pi., 238 fig. Paris, 1904.

12. — II). L'éruption du Vésuve en avril 1906. Revue gén. des Sciences,, 17»ann., p. 881-899, fig. 1-26, p. 923-936, fig. 1-2, 1906.

13. — G. Mercalli. I vulcani attivi délia Terra. Morfologia, Dinamismo, Prodotti, Distribuzione geografica. Cause. 1 vol. in'8», 422 p., 82 fig., 26 pi. Milano, 1907.

14. — Constant Prévost. Notes sur Tile Julia, pour servir à Thistoire de la formation des montagnes volcaniques. Mém. Soc. GéoL Fr., l'« sér., II, n<> 5, p. 91-124, pi. V-VII, 1835.

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