De Xàxxo;, citerne, et Xtôo;, pierre
LA STRUCTURE DBS APPAREILS ERUPTIPS
la surface inférieure a été observée en plusieurs points. La surface supérieure est presque toujours entamée par Térosion, car les couches qui recouvraient le laccolithe ont été en général enlevées; mais plusieurs affleurements permettent de reconnaître le relèvement des couches déterminé sur tout le pourtour par l'intrusion de la masse éruptive.
Fig. 119. — Coupe dû laccolithe d'Anthracite Range, Elk Mountains (d'après WHrrMAN Cross).
La forme simple en calotte sphérique est rarement réalisée, car, le plus souvent, le laccolithe se divise sur ses bords en plusieurs feuillets, qui pénètrent comme des coins dans les couches environnantes (fig. 120). Chaque laccolithe se dresse au miliead'un plateau formé de couches horizontales comme un dôme plus ou moins
Fig. 120. — Coupe théorique du laccolithe des La Plata Mountains, Colorado (d'après Whitman Cross). ^
régulier, plus ou moins escarpé, plus ou moins buriné par Térosion.
Les terrains dans lesquels se trouvent intercalés les laccolithes des Elk Mountains appartiennent au groupe Crétacé supérieur; Tintrusion a donc dû avoir lieu à Tépoque Tertiaire. L'épaisseur de ces masses intrusives est de 1 000 m, leur diamètre varie en général de 3 à 6 km.
Les laccolithes d'Europe se présentent rarement avec une netteté
pareille, les dislocations qu'ils ont subies postérieurement à leur intrusion rendent leur étude très difficile. La forme en calotte sphérique n*est que rarement visible, mais on observe des intrusions limitées par des surfaces planes et intercalées entre les strates : on les appelle des filons-couches ou des sills. En France, les seuls laccolithes bien caractérisés sont les porphyres bleus de TEstérel, si bien étudiés par Michel-Lévy [8].
Nulle part les laccolithes ne sont accompagnés de scories ou de tufs, nulle part on n y rencontre de matières vitreuses. Mais, par contre, les roches grenues, comparables par leur structure au granité, ne s'y trouvent qu'exceptionnellement, comme par exemple dans la région centrale du laccolithe de Shonkin Sag, décrit par Weed et Pirsson [9J, qui est constituée par de la syénite, alors que
Fig. 121. — Coupe du laccolithe de Shonkin Sap, fli^rlnrood Mounlniiis, Monlana (d'apns L. V. Pirsson). La partie centrale en blanc, syt'nilo et roches de transition; la partie périphérique en noir, shonkinite.
les parties périphériques sont entièrement microlithiques (fig. 121). Ce sont, d'une manière générale, ces roches à deux temps de consolidation qui prédominent dans les laccolithes.
L'assimilation des masses granitiques à des laccolithes n'est donc pas fondée. On se rappelle d'ailleurs que ces masses s'élargissent en profondeur et que jamais on n'a vu au-dessous d'elles des roches sédimentaires. Les laccolithes n'ont pas m n plus métamorphisé les couches entre lesquelles ils se sont introduits, si ce n'est en donnant lieu à des phénomènes calorifiques, comparables à ceux que l'on observe au contact des dykes et des coulées.
Age des ékuptioks. — Les relations des roches volcaniques avec les roches sédimentaires encaissantes nous renseignent dans bien des cas sur y âge relatif des éruptions. Ainsi un dyke est toujours manifestement plus récent que les roches qu'il traverse ; un laccolithe ou un sill sont d'âge postérieur aux couches dans lesquelles ils se présentent à l'état d'intrusion, et une coulée est plus récente que les terrains sur lesquels elle s'est épanchée à l'air libre. Mais ces données ne fournissent que l'âge maximum d'une éruption; son âge minimum peut être déterminé par la présence de cailloux roulés de la roche éruptive dans un sédiment, d'ordinaire dans un conglomérat, qui est forcément postérieur à l'éruption et dont il suffit de connaître l'âge exact.
Si, par exemple, une porphyriie forme des dykes dans le Carbonifère inférieur et qu'une roche identique se rencontre en galets dans le Carbonifère supérieur, on peut considérer son éruption comme datant du Carbonifère moyen. Mais il arrive fréquemment qu'un intervalle de temps beaucoup plus considérable existe entre Tâge maximum et l'âge minimum. La détermination de l'âge de l'éruption sera, dans ce cas, bien moins précise.
Quelquefois la présence de fossiles au milieu d'amas de projections pourra déterminer d'une manière très exacte l'Age de l'éruption à laquelle sont dues ces projections. Mais la présence de coquilles ou d'autres restes organiques dans des tufs volcaniques est de nature à induire en erreur, car les tufs peuvent s'être formés au détriment de cendres datant d'une éruption beaucoup plus ancienne.
1. — PoDLETT SCROPE. The Gcology and Extinct Volcanoes of Central France. 2<* edit. 1 vol. in-8*, 258 p., 17 pi., \0 fig., 2 cartes. London, 1858.
2. — Sm Archibau) Geikib. The ancient Volcanoes of Greut Britain. 2 vol. x\iv + 477 + XV + 492 p., 7 cartes, 383 fig. London, 1897.
3. — Daubrée. Recherches expérimentales sur le rôle possible des gaz à hautes températures, doués de très fortes pressions et animés d*un mouvement fort rapide, dans divers phénomènes géologiques. Bull. Soc. GéoL Fr.^ 3" sér., XIX, p. 313-354, 23 fig. 1891.
4. — W. Branco. Schwabens 125 Vulkan-Embryonen. Jahresh. d. Ver. f, vaterL Naiurk. Wûriienherg, L, p. 505-997, pi. VI. VII, 115 fig., 1894.
5. — Sir Archibald Geikie. The volcanic necks of East Vife. Mémoire of ihe Geohgieal Survey of Scotland, The Geology of Eastern Fife, p. 200-283, 8 pi., 1 carte. Glasgow, 1902.
6. — G. K. Gilbert. Report on the Geology of the Henry Mountains. U, S. Geogr. ^ GeoL Surv, of the Roeky Mountain Région^ 1 vol. in-4<>, 160 p., 6 pi., 73 fig. Washington, 1877.
7. — Whitman Cross. The laccolithic mountain groups of Colorado. W^ Ann, Bep. ofihe U. S. GeoL Surv,, II, p. 157-241, pi. VII-XVI, 1894.
8. — A. Michel- LÉ VY. Mémoire sur le porphyre bleu de l'Esté rel. Bull. Serv, Carie géoL, IX, n« 57, 47 p., 8 pi., 19 fig. 1897.
9. — W. H. Weed a. L. V. Pirsson. Geology of the Shonkin Sag and Palisade Butte Laccoliths in the Highwood Mountains of Montana. Amer. Journ. of Science, 4'»» ser., XII, p. 1-17, 10 fig., 1901.
10. — L. V. Pirsson. Petrography and Goology of the ïgneous Rocks of the Highwood Mountains, Montana. Bull. U. S. Geol. Surv., n"* 237, 208 p., 7 pi., 8 fig., 4905.
11. — Vera de Derwies. Recherches géologiques et pétrographiques sur les laccolithes des environs de Piatigorsk (Caucase du Nord). 1 vol. in-4<», 84 p., 12 fig., 3 pi. Genève, 1905.
12. — Marcellin Boule. L'âge des derniers volcans de la France. La Géo^ graphie, XIII, p. 177-194, 275-300, 349-369, fig. 43-55, 70-83, 92-96, pi. I, II, 1906.