De fj«£ipo;, continent
également sur les bords des aires de surélévation, quelquefois même sur toute leur surface, en même temps que, dans Taire d*enno\'apr»^, la profondeur diminue. Si Ton assimile un continent à un group»^ d'aires de surélévation, séparées par des aires d'ennoyage, on voïi pourquoi il peut être envahi, tantôt partiellement, tantôt entièrement, par une transgression marine.
Les continents ne sont autre chose que les parties surélevées des anciennes zones de plissement, mais celte surélévation est discontinue, les faisceaux de plis présentant des maxima et des minima dans Taltitude de leurs axes. Marcel Bertrand a montré [XV, 16] que les surélévations se produisaient suivant des lignes orthogonales par rapport aux directions principales des plissements, mais il considérait à tort ces dernières comme circumpolaires et les directions transversales comme méridiennes, alors que les zones de plissement sont essentiellement sinueuses et que les surélévations transversales peuvent prendre par rapport aux méridiens une direction quelconque. Marcel Bertrand considérait en outre le « plissement orthogonal » comme synchronique du plissement principal, alors qu'il est toujours postérieur, comme le montrent les données que nous possédons sur l'histoire des chaînes de montagnes.
Les zones de plissement adjointes aux anciens noyaux continentaux sous la forme de chaînes de montagnes peuvent présenter à la fois des mouvements orogéniques posthumes, parallèles à la direction des plis anciens, et des mouvements épirogéniques, sous la forme de surélévations transversales à cette direction. Par contre, les géosynclinaux, qui entourent les aires continentales, ne sont pas segmentés et leurs mouvements, précurseurs des mouvements orogéniques qui donneront naissance à la future chaîne, sont exclusivement longitudinaux. Les mouvements des aires de surélévation et ceux des géosynclinaux ont donc lieu, en général, suivant des directions orthogonales; mais nous savons déjà qu'ils sont complémentaires; la loi des transgressions et des régressions peut dès lors s'énoncer également sous la forme suivante :
Les mouvements orogéniques sont accompagnés de mouvements épirogéniques contemporains, de direction généralement orthogonale^ mais de signe contraire.
C'est là un résultat* qui découle de la synthèse des faits d'obser-
1. Lcrwinson-Lcsïiinfr [25] et surtout Korpinsky [26] ont montré qu'en Russie les mer? anciennes occupent des dépressions dont l'axe est alternativement dirige dans le sens des méridiens et dans le sens des parallèles. Celle constatation montre avec évidence que, conlrairemenl à l'opinion de Marcel Bertrand, les plissements principaux et ce qu'il appelait les plissements transversaux ne sont pas du même Age. La généralisation tontine
vation relatifs à la répartition géographique et à la date des transgressions et des régressions marines successives, faits dont l'exposé trouvera sa place dans la partie de cet ouvrage consacrée aux périodes géologiques.
Quant aux causes de ces mouvements complémentaires, leur discussion prendra place dans le chapitre suivant.
La théorie qui vient d*être exposée, bien qu'elle ait déjà obtenu des adhésions nombreuses, n'a pas encore rallié l'unanimité des sutTrages, mais la grande majorité des géologues attribue aujourd'hui, avec l'école stratigraphique française, avec Lœwinson-Lessing [2o], avec Karpinsky [26], avec E. Kayser [0, 4], avec Sir Archibald Geikie [27], les déplacements des lignes de rivage à des mouvements du sol et non à des oscillations du niveau des mers.
1. — RoRERT CiiAMBERS. Ancient Sea-Margins, as Memorials of Change in the relative Levai of Sca and Land. Edinburgh, 1848.
2. — L. QuENAULT. Les mouvements de la mer, ses invasions et ses relais sur les côtes de Tocéan Atlantique, etc. 1 br. in-8S 67 p., 1 pi. Goutances,
3. — Al. Ghévremont. Les mouvements du sol sur les côtes occidentales de la France. 1 vol. in-8*», 479 p., 16 pi. Paris, 1882.
4. — Arturo Issel. Le oscillazioni lenle del suolo o bradisismi. Saggio di geologia storica. Atti délia /?. Université di Genova, V, 422 p., 26 fig., 1 carte, 1883.
5. — J. AdhéMxVR. Révolutions de la mer. Formation géologique des couches supérieures du globe. 1 vol. in-8<», 18ip., 4 pi. Paris, 1846.
6. — James Groll. On the physical cause of the submergence and émergence of the land during the Glacial Epoch. Geol, Mag., N. S., dec. 2, I, p. 306-314, 346 353, 1874.
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10. — Karl Pettersen. The slow secular rise or fall of continental masses. GeoL Mag., N. S., dec. 2, Vï, p. 298-304, 1879.
11. — H. Hergesell, Ueber die Aenderung der Gleichgewichtsflâchen der Erde durch die Bildung polarer Eismassen und die dadurch verursachten Schwankungen des Meeresniveaux. Beitr. zur Geophysik, ï, p. 59-132, pi. II, III, 1887.
par LœwinsoQ-Lessing renrerme déjà une grande part de vérité; mais la distinction entre les géosynclinaux et les aires continentales, entre les mouvements orogéniques et les mouvements épirogéniques ne pouvait encore être faite à Tépoque où le travail du savant russe fut entrepris.
12. — Ericii von Drygalski. Die (;eoiddeformationen der Eiszeît. Zeihehr, d. Cet. /. Erdk. zu Berlin, XXII, p. 163-280, 16 Ûg., 1887.
13. — Robert Sibipson Wooiavard. On the form and position of Ihe sea level. BulL ofthe U. S. Geol. Suri»., n^ 48, 88 p., 1888.
14. — Erich von Dryoalski. Ueber Bewegungen der Kontinente zur Eiszeh und ihren Zusammenhang mit den Wârmeschwankungen der Erdrinde. Verh, d, V///^»» Deutsch, Geographentages zu Berlin, p. 162-180, 1889.
15. — Thomas F. Jamieson. On the cause of the dépression and re-elevalion of the land during the glacial period. GeoL Mag.y N. S., dec. 2, IX, p. 400-407, 457-466, 1882.
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19. — WiLiiELM Ramsav. Ueber die geologische Entwicklung der Ilalbins^^l Kola in der Quartârzeit. Fennia, XVI, n« 1, 151 p., 9 fig., 5 pi., 1 carte, 1898.
20. — W. Krogger. Om de semglaciale og postglaciale nivâforandringer i Kristianiafeltet (Molluskfaunan). Norges geologiske undersôgelse, n"" M, 731 p, 19 pi., 69ng.,lU00, 1901.
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