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DISPOSITION DES COUCHES

obliques (figure 61), que l'on doit rapporter comme cause à l'action des marées. Dans d'autres grès, de la formation carbonifère à l'époque actuelle, il n'est pas rare de rencontrer un parallélisme inégal de structure qui change brusquement de direction à de courtes distances et sans aucune transition (lig. 02). Dans une même couche on peut alors distinguer beaucoup de petits systèmes de structure parallèle disposés sans régularité les

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Fig. 61. — Stratification parallèle diagonale dans les grès de Suhler Neudorf en Thûringer Wald.

Fig. G2. — Stratification inégale.

uns par rapport aux autres, et présentant d'ordinaire de petites difl'érences dans leur composition et leur couleur.

Ces couches sont formées, dans la plupartdescas,par le dépôt des matières tenues en suspension ou en solution dans les eaux. Les surfaces qui séparent les couches correspondent à une interruption, à une pause ou à un changement dans les conditions déterminantes ; aussi les couches formées par les grès et les calcaires sont-elles souvent séparées par une mince couche d'argile ou de glaise, et on trouve à la surface des couches les restes des anciens habitants de la mer dans la situation qu'ils ont prise en tombant sur le sol. L'épaisseur d'une couche est appelée sa puissance; elle peut être de moins d'un pouce ou de plusieurs pieds et peut varier en différents points de son étendue ; elle diminue assez régulièrement vers ses bords. Dans ce cas, ses surfaces se rapprochent de plus en plus jusqu'à se couper.

Ce phénomène d'une couche qui se dispose en coin n'est bien appréciable d'ordinaire que si l'on compare la puissance de deux points éloignés d'une même couche. S'il arrive qu'une masse rocheuse de faible importance présente cette disposition de tous côtés, elle prend le nom d'amas lenticulaire. Si les contours de' ces dépôts sont très-irréguliers et s'ils possèdent en même temps des dimensions considérables, on les appelle des stocks (gypse, sel gemme). Des couches particulièrement puissantes prennent le nom de bancs. Le point où une couche vient couper la surface du sol, sous un angle droit ou un angle oblique, s'appelle son affleure-

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ment lorsqu'elle est eu situation horizontale ou inclinée ; si elle est en situation verticale ou à peu près, on r.ij)pclle une tête de couche.

Les surfaces des couches, tant supérieures qu'inférieures, sont d'ordinaire unies ; ells présentent quelquefois cependant des particularités en étroits rapports avec leur formation. Ici se rangent les sillons ondulés, les traces de gouttes de pluie, les réseaux de bourrelets, les pseudomorphoses de sel gemme, les traces de pas d'animaux, et beaucoup d'autres indices de la vie organique. Sur les côtes marines sableuses ou boueuses et unies, il se produit, par le choc des vagues dans le flux et le reflux, des élévations et dépressions ondulées, étendues. Si un sol qui présente ces particularités se durcit et est ensuite recouvert parles sédiments, les sillons se trouvent conservés dans leur forme et s'impriment en creux dans la couche qui les recouvre. On rencontre les sillons aux surfaces de stratification de beaucoup de grès, grauwackes, schistes argileux, quartzites et minerais de fer siliceux, même dans la formation schisteuse ou huronienne (en des points isolés de la côte sud du lac Supérieur). A la surface de certaines couches sableuses et argileuses, on peut observer de petites impressions arrondies que l'on rapporte à la chute des gouttes de pluie à marée basse, sur un sol boueux ou sableux; elles ont été remplies de sable par le flot et ainsi préservées. Par suite du dessèchement d'une couche de boue pendant que la mer s'était retirée se sont formées des crevasses en réseau qui ont été remplies par les dépôts du flot suivant et qui apparaissent sous forme de bourrelets, à la face inférieure de la couche nouvellement formée. C'est de la même manière qu'ont été conservées les traces de pieds des animaux. Très-souvent, les surfaces de stratification sont recouvertes des restes des habitants de la mer qui a formé les dépôts, souvent enfin, on peut observer le phénomène de deux couches séparées par de minces lits d'une autre matière, par une lisière.

§ 2. Séries de couches. — Par sériesde couches, groupes découches ou systèmes de couches, on entend une succession de strates concordants. La concordance des couches n'est déterminée ni parla ressemblance des fossiles seulement, ni par une identité dans les caractères pétrographiques, mais par le parallélisme des couches entre elles. Une série de couches est, par conséquent, le produit d'un dépôt continu, non interrompu, au fond d'une mer ou d'un lac.

La liaison en un système de couches souvent différentes au point de vue pétrographique peut être plus ou moins étroite. Elle l'est le moins là où des couches de nature hétérogène alternent sans ordre et brusquement, sans passages intermédiaires. La plus étroite connexion est due au passage insensible des éléments d'une couche à ceux d'une autre couche. Ainsi, des grès pauvres en ciment dans leurs couches inférieures s'enri-

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chisscnt de plus en plus de la matière argileuse qui les relie, jusqu'à ce qu'elle prédomine sur les grains de quartz, que ceux-ci, même, disparaissent complètement et que les couches les plus récentes de la formation soient des schistes argileux purs ou sableux. Par la trituration de leurs galets et en se chargeant de marne et d'argile, les conglomérats deviennent (les grès, des calcaires ; les gneiss se transforment en micaschistes en perdant leur feldspath et en accentuant davantage leur structure schisteuse. Lorsque des groupes de couches ou des couches isolées sont liées entre elles par l'alternance, il y a parmi les couches d'une espèce de roche des lits d'une autre espèce, d'abord rares et minces et qui augmentent ensuite en puissance, jusqu'à ce que, par ce remplacement progressif, la roche d'abord prédominante soit complètement disparue. Ces connexions par alternance peuvent surtout s'observer chez les calcaires cristallins, les micaschistes et les chloroschistes. La liaison de couches pélrographiquement différente se manifeste aussi par le développement de cowcre/ions dans une direction quelconque. D'abord rares, peu importantes, elles augmentent en dimensions et finissent par remplacer la matière rocheuse au sein de laquelle elles étaient primitivement clairsemées. Des modifications dans les éléments d'une roche peuvent aussi se montrer à l'intérieur d'une même couche. Dans le paragraphe précédent, nous avions affaire à des dépôts marins qui changeaient de- nature au cours des époques géologiques : il s'agit ici de dépôts synchrones, mais de nature variable dans différents points, qui donnent naissance à un mode de liaison tout à fait particulier, à ï alternance en coins. Nous en voyons un exemple dans la figure 63 oîi deux terrains, l'un calcaire A, et l'autre formé de grès B , par exemple, sont indépendants l'un de l'autre à une assez grande distance. On voit, à une distance moindre, les couches de calcaire devenir plus minces dans la direction des couches de grès, diminuer progressivement et se disposer en coin, tandis que, en même temps, les couches de grès qui s'intercalent aux couches calcaires avancent de plus en plus entre celles-ci et gagnent en puissance jusqu'à ce qu'elles forment à elles seules toute la série des couches. L'observateur voit naturellement.

Fig 63.

la même chose, s'il va de B en A ; seulement, dans ce cas, c'est le grès qui diminue et est remplacé progressivement.

§ 5 . situation des couches ; bouleversement des couches par redres-

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