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AGE DES BOULEVERSEMENTS

Fig. 78. — a, Zëchstein. b, RoUilicgcnd. c, formation carbonifère traversée jiar un filon de mélaphyrc.

Quan-ington Hill (Durham).

celle (les couches horizonU\les, très-exactement donc quand l'une et l'autre appartiennent à des formations qui se succèdent immédiatement, comme c'était le cas dans les deux exemples cités. Si, dans l'exemple de la figure 75, les schistes siluriens étaient recouverts de grès triasique, c'est-à-dire de formation beaucoup plus récente, en place de grès dévonicns, il se pourrait que le redressement des premières ait eu lieu à un momentquelconque de l'énorme durée des périodes dévoniennes, carbonifères ou dyasiques, et l'on ne pourrait arriver à une précision plus grande. On peut fixer de la même manière, quoique moins fréquemment, l'époque de l'éruption de certaines roches : c'est le cas donné par la fig. 78. Par une faille qui a coupé la roche carbonifère s'est fait voie le mélaphyre dont la solidification a formé un filon. L'affleurement d'abord proéminent des couches carbonifères et de la masse solidifiée du mélaphyre a été nivelé par l'action des eaux, et le zëchstein et le rothliegend ont pu alors se déposer en strates horizontaux. Il résulte de ces faits que la formation de faille avec le refoulement de la série carbonifère et l'éruption du mélaphyre ont eu lieu avant le dépôt du dyas, par conséquent à la fin de l'époque carbonifère. L'âge relatif de cette éruption est ainsi constaté.

Comme nous l'avons déjà souvent remarqué, la naissance des montagnes a été rendue possible ou facilitée par la formation antérieure des soulèvements ou des plissements particulièrement intenses de certaines parties de la croûte terrestre, rendus possibles ou facilités par les failles ; elles sont donc l'expression de grands bouleversements de couches. L'on peut, d'après certains rapports, fixer l'âge relatif de ceux-ci, ce qui donne la possibilité de connaître Vâge relatif des montagnes. Si, contre le pied d'une montagne, nous voyons une série de couches fortement redressées et une autre reposer horizontalement sur cette première série, nous avons le droit de conclure que le soulèvement de la montagne a eu lieu après le dépôt de la première série redressée par cet événement, et qu'il était terminé avant le dépôt de la seconde. Mais les montagnes ne résultent pas d'un acte unique de soulèvement ; elles s'élèvent par toute une série de mouvements successifs ou de longue durée, dont chacun peut être constaté par le moyen que nous venons .de donner : aussi l'âge relatif d'une montagne est-il fixé d'ordinaire par le dernier de ses soulèvements. Da"ns beaucoup de cas, l'on peut déterminer l'époque initiale du sou-

542 SCIIISTOSITÉ TRANSVERSALE.

lèvemenè. Le dernier et définitif soulèvement des Alpes prit place dans la seconde moitié du tertiaire ; le soulèvement du Harz commença à la fin de la période carbonifère» et dura jusqu'à la fin de réj)0(iue crétacée, car, d'un côté, les couches dyasiques ne se sont pas déposées sur le Harz proprement dit (le Ilarz s'élevait donc déjà au-dessus du niveau de la mer), et d'ailleurs le terrain crétacé est encore affecté des bouleversements consécutifs aux soulèvements. Le soulèvement du Thùringerwald arriva entre le dépôt du dyas supérieur et celui du lias. D'autres montagnes, comme celles des Hurons dans l'Amérique du Nord, étaient déjà soulevées avant le commencement du silurien, et les dépôts de cette période reposent horizontalement sur les tètes de couches des schistes huroniens.

§ 8. Schistosité transversale. — La faUSSC Schistosité OU schistosité

transversale est due à ce que la structure sdiisteuseet la fissilité de la roche qui lui est liée, principalement chez les schistes argileux paléozoïques et la grauwacke schisteuse, n'existent pas parallèlement à la stratification, mais coupent les roches sous un angle plus ou moins grand (fig. 79). La

fausse schistosité est quelquefois si développée que la schis-

Fig. 79. - Schistosité transversale. ^osité primitive et

la stratification sont complètement effacées et qu'il n'est possible de reconnaître celle-ci que s'il y a des changements minéralogiques dans la nature des strates ou dans leur couleur. Il n'est pas rare que l'on puisse suivre la fausse schistosité avec les caractères de la plus grande régularité et sur des espaces étendus, sans qu'elle soit du tout influencée par la situation des couches. Celles-ci peuvent être un peu ou fortement redressées, pliées en selles ou en bassins : la direction dans laquelle la fausse stratification coupe la série de roches reste la même. La seule liaison qui existe entre la fausse schistosité et la vraie stratification, c'est que la première est toujours en connexion avec, de fortes perturbations de la seconde et s'étend toujours dans la direction des bouleversements, d'oîi il résulte que la cause du plissement des couches et celle de la fausse schistosité sont les mêmes. Vraisemblablement, elle est le résultat d'une pression latérale puissante, par suite de laquelle les plus petites particules ont changé de direction et se sont disposées à angle droit de la direction de cette force. L'expérience corrobore cette hypothèse. Si l'on pétrit un grand nombre d'écaillés d'oligiste dans l'argile plastique de manière à les distribuer irrégulièrement dans cette substance, et si l'on fait subir à cette masse d'argile une forte pression par un côté, on voit les lamelles. se

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