‹ Traité de géologie et de paléontologieChapitre 236 sur 278 · Isa · texte numérisé non relu

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grès bigarré, comme, par exemple, à Commern, dans la Prusse rhénane. Les couches qui forment ce terrain, plongeant faiblement vers le N., reposent directement dans celte localité sur la grauwacke du culm et sont formées inférieuremcnt de conglomérats et, dans le haut, de grès finement grenus, blancs, spongieux, qui atteignent en certains points une puissance de 80 mètres; ils sont régulièrement remplis de grains de galène de la grosseur d'un pois et forment un des plus riches gisements de l'Allemagne. La galène et la céruse se trouvent dans les mêmes circonstances à Saint- Arvold, à VO. de Sarrebrùck. A Twistc, près Arolsen, le grès bigarré est imprégné de minerai de cuivre sur une épaisseur de 5 à 4 mètres; la malachite, principalement, s'est concentrée dans les petites crevasses de la roche près desquelles les grès rouge-brun se sont décolorés. De la même manière, on trouve à Bulach (Forêt-Noire wurtenbergeoise) de l'azurite et de la malachite qui ont été jadis l'objet d'une importante exploitation.

Caractères ■paléontologiqnes . Le grès bigarré est d'ordinaire très-pauvre en restes organisés ; ce sont seulement certaines couches en certains pays, qui font exception (au pied 0. des Vosges, en Alsace, dans le duché de Bade). En effet, certains grès, marnes et argiles, fournissent une assez grande quantité de Végétaux, tandis que les dolomies donnent des fossiles animaux. Quelques plantes des plus importantes et très-caractéristiques sont : Equisetum arenaceum, le plus ancien des vrais Equisetum, le Scliizoneura paradoxa dont le bois, qui n'est'pas rare, se distingue des Equisetum par ses côtés longitudinales beaucoup plus larges, — puis deux Fougères Anomoplens Mougeoti eiCaulopteris Vollzi.^ enfin quelques Abiétidés, surtout Albertia elliptica et Volzia heterophylla (fig. 252) ; la première avec ses rameaux larges, elliptiques, la seconde aux branches linéaires, longues, dont les plus âgées portent des feuilles courtes aciculaires.

Les fossiles animaux sont principalement connus dans le niveau supérieur ; nous citerons surtout le Rhizocorallium Jenense spongieux, en forme de nodule ou cylindrique et alors souvent ramifié. Un fossile caractéristique du grès bigarré supérieur, répandu par toute l'Allemagne, est la Myophoria costata (fig. 255). Une particularité du grès bigarré est la fréquence des traces de certains Amphibies. Ce sont des empreintes de pieds du Chirotlierium, Batrachosaure inconnu quanta sa structure et à sa forme, que l'on a trouvé à llildburghausen, à Jena, à Kahla, àAVurzbourg, dans rOdenwald, dans la Forêt-Noire, à la partie suj)éricure du grès bigarré, et dont les auteurs ont dû habiter en grand nombre les rivages de la mer triasique. Ces empreintes de pas et les reliefs qu'elles ont déterminés à la face inférieure de la couche sus-jacenle montrent très-nettement

Buatre doigts munis d'ongles et un pouce sans ongle. Aux environs de qernburg on trouve, dans le même horizon, des crânes d'un Labyrintho-

Fig. 253. Myophoria coslata Zenk.

àonle^le Trematosau7'iisBi'auni.

Enfin, à Siildorf au S.O. de Magdel)ourg et au S. de la Forèt- Noire on trouve des écailles de Ganoïdes en quantité si considérable qu'elles rendent presque complétoracnt noires certaines couches de grès.

Les empreintes que laissaient les Chirotherium, vraisemblable- „. . , , , ,, , , . ment à marée basse, sur le limon

rig. 1S1. — \iiiuia licicropliylla, branches termi- j i •

n:.ics. moyennes cl iVuciiièics. fraîchement deposc des baies tria-

siques, les crevasses en réseau qui croisent la surface des couches chargées de ces traces de pas et qui n'ont pu se former que par le dessèchement de ce limon humide, les ondulations de ces grès eux-mêmes, les plaques ondulécsde dolomie, la schistosité diagonale de beaucoup de bancs de grès et enfin les restes de plantes terrestres et les débris de Labyrinlhodontes, démontrent que le grès bigarré est une formation de rivage et de dunes.

MUSCHELKALK.

Caractères pélrographiques. Le muschelkalk, comme son nom l'indique, est formé de calcaires, et de calcaires de certaines variétés, qui se répètent à peu près au même niveau dans les divers aflleurements de la formation et dont les plus importantes sont : le muschelkalk proprement dit, en couches épaisses d'un pied, à surface unie, séparées les unes des autres par de minces couches de marne grise, le calcaire ondulé, en

minces couches dont la surface est plissée ou ondulée, le calcaire spongieux (Schaumkalk), tendre, à pores fins ou à vacuoles plus développés,

Fig. 254.

a, traces de Chirotherium sur une plaque de grès; b, une impression isolée.

le calcaire à Téréhratules et le calcaire àEncrines, le premier formé d'individus de la Terebratula vulgaris entassés les uns sur les autres, le second formé presque exclusivement d'articles de tige de l'Encrinus liliiformis, le calcaire à Trigonodus, quelquefois cristallin, caverneux, riche en Trigonodus, comme dans toute la Souabe el une partie de la Franconie. La plupart de ces calcaires contiennent plus ou moins de carbonate de magnésie et d'oxydule de fer ; ils peuvent aussi contenir de l'argile et passentde cette manière à la dolomie ou aux marnes. Les marnes atteignent parfois un développement assez considérable et sont souvent accompagnées d'anhydrite, de gypse. et de sel gemme ; le sel peut aussi les imprégner complètement. La dolomie ou les calcaires fortement dolomitiques, quelquefois très-ferrugineux, se trouvent en beaucoup de points avec le muschelkalk, par ex., danâ la Ilaute-Silésie et la Thuringe ; elle est souvent riche en nodules de silex corné. La série du muschelkalk commence par de la dolomie, ocreuse, ondulée à la surface. L'anliydrite, le gypse, le sel gemme et l'argile salifèrc en étroite liaison, forment un complexe important dans l'étage moyen de la formation du trias.

Comme particularité caractéristique du muschelkalk, il faut citer ces bourrelets de l'épaisseur du doigt , uniformes, allongés ou enTer à cheval et qui revêtent certaines surfaces de stratification, et les stylolithes^ colonnes cylindriques droites sti'iées longitudinalement, disposées verli-

calemenl, souvent en grand nombre à côlé les unes des autres et qui ne sont nulle part plus fréquentes que dans le calcaire spongieux (exemple, Uiidersdorf) et dans le muschelkalk supérieur du Wurtemberg.

La formation du calcaire coquillier a un faciès pélrographique aberrant dans le pays de la Saar, de la Moselle, et dans le Luxembourg ; sa partie inférieure n'est pas calcaire, mais sableuse, de sorte qu'il s'agit là d'un grès coquillier, c'est-à-dire d'un grès avec les fossiles du muscbelkalk.

Produits minéraux. Les gisements de galène et de calamine de Tarnow'itz et de Beutben dans la Ilaute-Silésie, et ceux de calamine à Wiesloch dans le duché de Bade, apparticnncntà la formation du muschelkalk, mais ils ne lui sont pas contemporains; ils se sont formés beaucoup plus tard.

Dans la Haule-Silésie, la limonite forme des couciies irrégulières et des nids dans les calcaires et les dolomies du muschelkalk inférieur; ils remplissent les dépressions du calcaire salin (division supérieure du muschelkalk inférieur) dans les environs de Tarnowitz et de Naklo. Le minerai de zinc lui est associé : joint à la houille, celui-ci est un des principaux éléments de l'industrie de la Ilaute-Silésie. La plupart des gisements de zinc de cette province, et les plus importants, sont liés à la dolomie formée dans un bassin plat du muschelkalk inférieur (calcaire salin), qui s'étend de Tarnowitz en direction E.-S.-E. au delà de Beuthen, près de la Pologne. Les minerais de zinc de la Ilaute-Silésie sont formés de carbonate et de silicate de zinc purs, en sous-ordre et de blende compacte, mais principalement de limonite, de Fig. 255. — Coupe entre Tarnowitz et Beuthen. SCinsteS argileux et de «, calcaim salIn; &, calamine rouge; B, calamine blanche; c, ga- Cllcaire zincifèreS Les lène; d, dolomie; «, limonite; f, schi!<tes argileux.

gisements de calamine se trouvent dans des dépressions entre les plis du muschelkalk, ou en couches ou en nids distribués irrégulièrement entre le calcaire salin et la dolomie qui lui est sus-jaccnte, mais ils se prolongent et se ramifient, aussi bien dans les couches inférieures que dans les couches supérieures à ce niveau. A côté de la blende et de la limonite, il faut ranger la galène comme troisième minerai du muschelkalk. Elle se présente tantôt en grains disséminés dans la dolomie, tantôt en veines ou en un lit continu à la limite du calcaire salin et delà dolomie. Ce dernier, à la vérité, n'a environ que 0,04 en moyenne, mais il acquiert par places 0,66.

A Wiesloch, dans le duché de Bade, la calamine remplit les fentes qui

traversent le niusclielkalk; dans certains horizons," aux points où ils traversent le contact des bancs à Encrines et du calcaire compacte, ils s'étalent irrégulièrement.

Caractères palëontologiques. Comme formation marine, le muschelkalk est très-pauvre en fossiles végétaux qui sont limités à quelques Algues douteuses et quelques rares débris de Fougères ; sa faune n'est pas proportionnellement très-riche en formes, mais l'abor.dance des individus rend cette pauvreté moins apparente. Les fossiles les j)lus importants considéi'és comme caractéristiques, eu égard à leur fréquence et

Fig. 250.

Tereliratula vu'paris a; Iteizia Irigonclla b ; Spirifcr McnUeli c ; Ithynchonella Menlzcli cl.

'255. — Eiicrinusliliiformis.

Fis

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