‹ Traité de géologie et de paléontologieChapitre 250 sur 278 · DIVISION DU JURASSIQUE MOYEN (OPPEL · texte numérisé non relu

DIVISION DU JURASSIQUE MOYEN (OPPEL

EX WritTKUBKllU

(Quenstedl).

AU .\.-0. Vf. LAI.I.KMAUNE.

(V. Seebacb).

porii i.'angi.ktkuiik et l'Allemagne (Oppel.)

Couches à Amm. ontatus.

Anini. Lambcrli , Jason,

Bclemnitcs scmiliasta-

tus.

Argiles à Amm. ornalus, les mêmes fossiles.

Couches à Am. albleta.

Couches à Amm. anueps.

Couches à Amm. macrocephalus.

Couches à Amm. macrocephalus. Amm. (Jowerianus, Bel. sub. hiislalu.«.

Couches à Amm. macrocephalus.

Calcaires oolidiiqucs c( marneux à Ubynchouella varions, Trig. inlerlœvigata.

Cornbraith,ks\c. echinala, .\miii. puslcrus.

Lit à Tercbr. lageiialis (Cornbrasb et Foreslmaible).

Couches àOslrœn Knorri, Trig. interlicviiiata, Astarlc pulla , lUiyncb.

varians.

Lit à Tereb. diftona (argilcde Bradl'ord, grande ooiilhc , ardoises de Sloneslield , Fullcr's earth .

Couc/ies à Amm. Parkinsoiii, lereb. hullala.

Couches à Parkinsoni.

Lit à Amm. Parkinsoni.

Oslrsca Marslii et cdiilirormis, Pleurol. ornata, Uelemn.gigniileus ctcanaiiciilatus, Am. Ilunipliresianii!!.

Couches à Caronatus.

Ost. Mnr^bi. Gresslya ab- Hiicta , Bel. gigantetiii, llunipbresianu Braikenridgi et Sauzei.

Lit à Amm. llumphrcsia-

Bel. giganteus, Am. Sowerbyi et Humphresianus.

Couches à Amm. Murchisonœ, Pccten pumiius.

Couches à Inoceramus

polijplocHS.

Amm. Murcbisonac, dona-

ciformis.

Lit à Amm. Murchisonœ.

Argiles à Amm. opalinus, 3one à Triqonin navis, ■Mnr à Amm. torulosux. Amm. opalinus , Nue. liammori, Ceritli.

•rmalum , Bclcmniics brevis.

Couches à Amm. opalinus.

Nucula Hammeri, Trigonia navis.

Lit à Trigonia navis.

Lit à Amm. torulosus.

Lias supérieur.

2) Couches à Inoceramus poltjplocus, argiles schisteuses à Inoceramus polyplocus, Gressiya donacirormis, Pholadomya transversa, Amm. Murchisonse; Ocker Dolinscn, Hildesheiin.

3) Couches à Amm. coronatus, inférieurement argiles gris bleu devenant gris clair plus haut avec Belemn. giganteus, Amm. Braikenridgi, GerviUi, Saugei et Humphresianus, Gresslya abducta; Fallersleben, Ilildesheim, Dohnsen.

4) Couches à Amm. Parkinsoni, argiles schisteuses sablo-micacées avec beaucoup de rognons de sphérosidérite, puissantes d'environ 30 mètres; Goslar, Marienhagen, Gerzen.

5) Couches à Oslrœa Knorri, argiles sableuses et calcaires riches en mica, avec Oslraea Knorri, Astarte pulla, Trigonia interlœvigata, Amm. ferrugineuses; environ 50 mètres; Ilildesheim, Demen.

6) Calcaires ferrmjineux du Cornfcras/t, bancs calcaires, sableux, ferrugineux, d'environ 50 mètres avec Avicula echinata, Amm. posterus, Belemn. hastatus ; Wettbergen.

7) Couches à Amm. macrocephalus, grès ferrugineux et oolithe ferrugineuse ou argiles gris clair à Amm. macrocephalus, Gowerianus, Pholadomya "Murchisonae, Pleuromya donacina ; sur TOsterfeld près Goslar.

8) Argiles à Amm. ornatus, argiles schisteuses à Amm. ornatus, Lamberli, Jason, Nucula pollux; Hersum sur TOsterfeld, Tonnjesberg, Porta.

Certains géologues, comme V. Seebach, rangent les couches à Amm. macrocephalus et les argiles à Amm. ornatus avec le jurassique supérieur qui les recouvre en parfaite concordance dans le N. 0. de l'Allemagne.

Caractères pétrographiqiies du jurassique supérieur, jurassique blanc {Malm). On peut reconnaître une grande dilîérence pétrographique entre le lias et le Dogger d'un côté, le jurassique supérieur de l'autre. La couleur des roches, qui jusque-là avait été sombre, passe au blanc ou au blanc jaunâtre, les grès et les argiles cèdent devant les calcaires et les marnes calcaires qui, avec les dolomies, jouent un rôle principal. Les calcaires doivent être considérés comme l'élément le plus important de la formation jurassique supérieure en Allemagne, puissante de plus de 300 mètres; ils sont d'ordinaire blancs et ce n'est qu'exceptionnellement qu'ils ont une couleur sombre. Ils sont tantôt oolithiques, tantôt compactes, ils forment des bancs épais ou bien ils sont schisteux ; ils peuvent être pauvres en fossiles en certains endroits et ailleurs être remplis de restes organiques. Les Spongiaires et les Coraux surtout forment presque exclusivement l'élément de certains complexes de couches qui leur empruntent leur nom. Une variété du calcaire compacte en plaques est célèbre tant par son emploi dans les arts que par sa richesse en certains restes organiques et leur bon état de conservation, ce sont les schistes lithographiques de Solenhofen (comté de Pappenheim en Bavière). En certaines régions du jurassique supérieur, il y a des formations importantes de dolomie qui se distinguent par leur pauvreté relative en restes organiques, par leur structure cristalline, poreuse et caverneuse, par les

formes étranges sous lesquelles elles se présentent et qui rappellent des ruines, par les fentes et les grottes qui les traversent. Au lieu du calcaire pur et de la dolomie, on rencontre dans les étages supérieurs du jurassique blanc des calcaires très-souvent fortement argileux et des marnes calcaires qui alternent fréquemment avec de véritables bancs d'argile. D'une manière beaucoup plus restreinte et principalement près de Itanovre et à Porrentruy on trouve des calcaires imprégnés d'asphalte. Les calcaires oolithiques, les marnes schisteuses et les calcaires marneux de Zuinner près Hanovre sont tellement pénétrés de bitume que leur cassure montre une couleur sombre et exhale une odeur forte ; ils enferment souvent des nids et des veines de bitume. Fréquemment aussi les cofjuillesdes Mollusques que l'on y trouve sont transformées en asphalte pur. Sous l'influence des rayons solaires la couleur s'affaiblit et la roche blanchit.

Caractères paléontologiqnes. Comme dans les étages jurassiques inférieurs, les restes de plantes contenus dans le jurassique blanc sont rares et appartiennent à quelques Cycadées, Conifères et Fougères. Le rôle principal est joué encore ici par les représentants du règne animal. On peut ainsi résumer les principaux traits de son développement pendant le jurassique inférieur : les Éponges se multiplient de telle façon que certains bancs du jurassique de Souabe en sont complètement remplis. Il y a en ce pays des roches escarpées de plusieurs centaines de pieds de hauteur sur une étendue de plusieurs lieues, dont on ne peut prendre de fragments qui ne contiennent des traces de tissus d'Epongés. Les Coraux se développent de même, surtout les genres Isastraea, Thamnastra?a, Stylina, Montlivaltia, Thecosmilia, etc., mais leur répartition est beaucoup plus générale, de sorte que l'on rencontre dans presque tous les pays formés par le jurassique supérieur des récifs de Coraux ou des bancs puissants formés par ces animaux. LesEc/tmidesaussi, rares jusque-là, deviennent fréquents par les nombreuses espèces de Cidaris, Hemicidaris, Diadcma, Kchinobrissus ; ils forment un des caractères du jurassique supérieur; leurs fragments et surtout leurs baguettes remplissent certains bancs (ex. bancs à Cidaris florigcmma). Tandis que les Pentacrinites devienneift plus rares, comparativement au nombre des individus que contiennent certaines couches du lias, d'autres genres de Crinoides, surtout Apiocrinus, Eugeniacrinus, Rliodocriiius, acquièrent une plus grande fréquence. Les vraies Ostrsea sont encore plus abondantes que dans le Dogger. Il s'y ajoute un nouveau genre d'Oslréides, les Exogyres dont le représentint (Exogyra virgula) est surtout caractéristique de l'horizon supérieur du jurassique blanc. Les Trigonies fournissent aussi un certain nombre de fossiles importants. Le genre Diceras^ Bivalves, proche parent des Chama, a une importance particulière pour le jurassique fran-

çaiset suisse (calcaires àDicorates). Entre tous les Gastéropodes du jurassique supérieur, les Nérinées se caractérisent par leur richesse en formes et en individus. Les Ammonites et les Belemnites ne montrent pas dans le jurassique supérieur l'abondance qui caractérisait chacune des couches du iias.ou du Doggeren particulier. La prédominance des Ammonites du type planulata est caractéristique pour le Malm; les côtes de ces Ammonites se partagent sur le dos. L'abondance des Aptychus, provenant vraisemblablement des Ammonites, est aussi à noter.

Les Ganoïdes atteignent le summum de leur développement dans le jurassique supérieur. Leur représentant principal est le Lepidotus maxi-. mus, long de près de 2 mètres, que l'on trouve dans les schistes de Solenhofen. La faune des Vertébrés s'enrichit de plusieurs types ; on trouve principalement les preulie^s ossements de Cliéloniens (Chelonides, Slylemis, Emys, etc.), et des Oiseaux. On ne possède que des traces de pas de ces derniers dans les formations plus anciennes, et encore[^sont-elles quelquefois douteuses. Au contraire, les Ichthyosaures et Plésiosaures dis-.

Fig. 318. — Ptcrodaclylus crassirostris.

paraissent presque complètement, tandis que les Sauriens de forme analogue aux Gavials et les Lézards géants (Teleosaurus, Geosaurus, Machimo-

JURASSIQUE. 8îT

saurus, Pliusaurus) ont laissé dos restes assez abondants d'ossements, de cuirasses et de dents; les Lézards volants (Pterodactylus et Rhnmphôrhynchus) atteignent le maximum de leur développement. On a trouvé surtout dans les schistes lithographiques de Solenhol'en le squelette complet de ce Lézard remarquable, chez qui la longueur énorme du pouce des pattes antérieures permettait l'insertion d'une membrane suffisant à l'animal pour s'élever dang les airs (fig. 518).

Les plus anciennes parties de squelette d'un Oiseau ont été trouvées aussi dans les schistes lithographiques de Solcnhofen ; ils proviennent d'un seul individu, ce qui montre rcxtréme rareté du type oiseau à cette période, alors qu'aujourd'hui on coiuiait plus de COOO espèces de Vertébrés ovipares à sang chaud.

L'Oiseau des schistes de Solcnhofen , V Archœopteryx ntncrurus se distingue trèsnettement de tous les Oiseaux aujourd'hui vivants parla structure de la queue et du bassin pour lesquels il se rapproche des Sauriens volants à longue queue. La queue, principalement, n'était pas composée comme chez nos Oiseaux de sept vertèbres dont la dernière, modifiée dans la forme, sert à l'insertion des plumes de la queue, mais bien de 20 vertèbres indépendantes portant chacune une plume de chaque côté. Nous voyons donc encore ici les caractères appartenant aujourd'hui à deux classes différentes réunis sur un type intermédiaire.

On ne connaît jusqu'aujourd'hui en fait de restes de Mammifères que des maxillaires inférieurs, et ils sont limités à un lit épais de quelques pouces seulement qui occupe

Archœoptcrix macrarus Ow.

a, os d'une aile pliéc. b, rourchclte. c, cubitus, d, radius. e, humérus de l'autre aile, f, os du bassin, g, ceinture scapulairc. h, fémur, t, tibia, k, patte, l, vertèbres caudales, m, plumes de la queue.

la partie supérieure du Malm en Angleterre. Ils appartiennent à 8 ou 0 genres et à environ 14 espèces de petits Marsupiaux tant carnassiers qu'insectivores et herbivores.

Division générale du jurassique supérieur. Le jurassique supérieur se partage en trois sous-divisions : l'oxfordien, le kimmeridgien et les couches de Purbeck ; le callovien, c'est-à-dire les couches à Amm. ma-

Fig. 320. — Coupe du jurassique blanc (Porta westphalica.)

1. Combrosli. 2. Callovien. 3. Oxfordicn. i. Kimmeridgien. 5. Couches à Exogyra virgula. 6. Calcaires en plaques. 7. Marne du Mûndor. 8. Wealds. 9. Hills.

crocephalus et ornatus, est considéré par quelques géologues comme faisant partie du jurassique supérieur ; nous en avons parlé à propos du jurassique moyen.

a) oxfordien. La série des couches oxfordiennes est principalement formée de calcaires compactes, d'oolithes, de marnes calcaires et de dolomies. Elle est caractérisée en général par les Cidaris florigemma et

Fig. 521. — Hcmicidaris crenularis, de côté, de face et dessous.

coronala, Echinobrissus scutatus, Hemicidaris crenularis , Apiocrinus Royassianus, Terebratula pectunculus, Terebratula impressa, Rhynchonella lacunosa, Trigonia clavellata, Ammonites biarmatus, perarmatuset plicatilis, Belemnites hastatus.

.--ÎS

La faune de ces couches permet d'y établir trois divisions. La plus inférieure est un bayic de Coraux développé surtout dans le N. de l'AUe-

Fig. 322. — Cidai H florigcmma.

Fig. 325. — Tcrcbratula Fig. 326. — .\mmonitcs plicatilis.

pcctunculus.

Fig. .'25. — Heicmnilos hastatus.

magne et en Angleterre et formé principalement de Thamnastrœa concinna, Isaslrœa helianthoides, Stylina limbata, Monllivaltia sessilis.

Fig. 327, — Scyphia relieuUta. Fig. 328. — Diccias aiielinurn.

etc. Un semblable banc de Coraux (Coralrag) se montre en Souabe 9 un niveau un peu plus élevé, à la limite supérieure del'oxfordien.

CAEDNER, CÉOLOGIS. Ô4

Les calcaires à Spongites ou calcaires à Scyphia ont une origine semblable à celle des bancs de Coraux ; ils sont le mieux développés en Fianconie et en Souabe, d'où on peut les suivre diminuant toujours de puissance par la Suisse jusqu'en Bourgogne. Comme le nom l'indique, les Éponges forment l'élément principal de ces calcaires; ce sont surtout les genres Scyphia, Cnemidium, Tragos. Le troisième horizon zoogène du jurassique blanc est formé par les calcaires à Diceras qui prennent une

Fiff. 529. — Pleroceras Oceani

Fiff. 550. — Ncrinea tuberculosa.

grande part dans la formation du jurassique de France et de Suisse, à la limite entre l'oxfordien et le kimmeridgien.

b) Kimmeridgien. La série des couches du kimmeridgien est formée de calcaires compactes, argileux et oolithiques ; les calcaires marneux des

Fig. 531. — Exogyra virgula.

horizons supérieurs sont gris, blanc jaunâtre clair ou tout à fait blancs. Parmi les nombreux restes organiques de ce groupe, les fossiles caracté-

ristiques sont : Pteroceras Oceani, Nerinca lubcrculosa, Bruntutana pyramidalis, Exogyra vir<,'ula, Pholadomya acuticostata, Corbis subclathrata, Terebratula subsella.

Les schistes de Solenhofen forment le complexe le plus intéressant de la formation kinimeridgienne. La disposition régulière des couches et la finesse de grains de ces calcaires leuront permis de conserver les parties les plus délicates des organismes et de nous représenter aujourd'hui une riche faune de jurassique supérieur, dont la trace eût été perdue sans ces heureuses conditions. Les principaux fossiles sont les Céphalopodes nus avec tête, bras, manteau, poche à encre, estomac ; en outre des Aptychus, des Crustacés, surtout des Astacidés, avec antennes multiarliculées, pinces et pattes en bon état, des Libellulides avec les plus délicates nervures de leurs ailes, des Araignées aux longues pattes, des squelettes de Poissons surtout d«' Lepidotus, Mogalurus et Aspidorhynchus, enfin les restes et quelquefois des squelettes bien conservés de Pterodactyius et de Rhaniphorhynchus. On a trouvé dans ces couches, comme nous l'avons déjà dit, les ossements et les plumes de l'Archœopterix.

Etage tithonique. Dans les Alpes, les Karpathes et les Apennins, surtout dans le sud du Tyrol, on trouve des calcaires rouges et blancs contenant une faune particulière d'Ammonites, mais qui sont surtout

Fig. 332. — Tcrcbratula diphya.

a. Empreintes de varsseau sur le moule.

Fig. 333. Aptychus lalus. Fig. 534. Ammonites ptychoicus.

remarquables par leur richesse en Terebratula diphya ; ils reposent sur des schistes calcaires bigarrés à nombreux Aptychus (schistes à Aptychus). Ce complexe de couches est comme le faciès alpin de l'étage kimmeridgien supérieur et on peut peut-être le considérer comme éqni-

valent aux couclies de Purbcck. On retrouve également au N. de la Moravie et en Hongrie ces formations caractérisées par Terebratula diphya. On doit rapporter l'étage titlionique au kimmeridgien d'après les fossiles communs avec les schistes de Solenhofen, Ammonites ptychoicus, tortisulcatus, hybonotus, lithographicus, etc.

Comme nous l'avions déjà remarqué, partout les niveaux jurassiques et, comme nous le verrons plus tard dans le crétacé et plus encore dans le tertiaire, il y a dans l'étage tithonique des différences de faciès importantes. L'un des plus fréquents est \c faciès à Céphalopodes, calcaires dans lesquels les Ammonites, les Aptychus et les Belemnites, les Ammonites surtout, ont la prédominance. Ici se rangent les calcaires à Ammonites du S. du Tyrol. les rochers calcaires desKarpathes et en partie aussi le calcaire de Stramberg. Les couches à Aptychus schistes ou calcaires impurs contenant presque exclusivement des Aptychus (couches d'Oberalmer en Autriche, schistes à Aptychus de Bavière et des Karpathes) forment un second faciès alpin. Dans le troisième faciès, couches coralliennes ou à Spongites, ce sont les Coraux, Spongiaires, Dicérates, Nérinées et Brachiopodes, qui dominent, les Céphalopodes sont plus rares. Stramberg, Inwald, Pirgl près Saint-Wolfgang, Wimmis prèsThun, etc., fournissent des exemples de ces bancs de Coraux.

c) Purbeck. Tandis que dans la plupart des pays jurassiques le kimmeridgien supérieur, riche en Exogyra virgula, termine la série, on trouve au-dessus dans le S. E. de l'Angleterre et sur la côte de France qui lui fait face, comme dans le N. 0. de l'Allemagne, une série de couches dont la puissance est de 500 mètres, par exemple, sur le Deister, et que l'on a nommées couches de Purbeck ou Wealdie7i inférieur. Elles sont formées en Allemagne (voy. fig. 520) à leur partie inférieure de calcaires en plaques minces remplis de Corbula inflexa, .suivis de marnes grises, rouges et verdàtres, avec intercalations de gypse et de sel gemme avec Corbula, Paludina et Cyclas. Ils sont de nouveau recouverts par un calcaire à Scrpulites , rempli de Serpula coacervata et quelquefois même presque exclusivement formé par les tubes de ces animaux. Il s'y ajoute encore quelques espèces de Cyrènes et de Corbula. Comme le montrent les fossiles du Piirbeck allemand, c'est une formation d'eau sauroâtre.

En Angleterre, la série des couches de Purbeck n'a que 53 mètres de puissance et est formée, abstraction faite de quelques bancs calcaires d'origine marine, par des productions d'eau douce et d'eau saumàtre. Ce sont des calcaires argileux gris et des marnes à Paludina, Planorbis, Limnœus, Melania, Cyclas, Cyrena, Corbula, Unio et Cypris ; ces dernières surtout recouvrent les surfaces de stratification en quantités énormes.

C'est au niveau moyen du Purbcck qu'appartient celte couche épaisse de quelques pouces seulement qui a acquis une si grande importance paléontologique à cause des débris de Mammifères qu'elle a fournis ; comme nous l'avons déjà dit, ce sont principalement des maxillaires inférieurs de Marsupiaux que l'on a appelés Piagiaulax, Galestes, Triconodon.

Dans cette série de couches et surtout dans l'horizon inférieur, il y a des intercalations de terre végétale brun sombre ou noire (dirt beds) qui renferment de nombreux restes de Conifères et de Cycadées dont les troncs, souvent encore droits, présentent leurs racines enfoncées encore dans le sol sous-jaccnt ; les troncs brisés sont disposés horizontalement entre les troncs restés en place (lig. 355).

Il résulte du fait que les vraies formations marines kimmeridgiennes du N. de l'Allemagne sont recouvertes d'une formation d'eaux saumâtres, comme est le Purbeck du Hanovre, et de ce que, en Angleterre, le portlandien marin est suivi d'une série de couches alternativement d'origine marine, saumàtre et d'eau douce, aussi bien que de terre végétale, que les deux pays ont subi à la fin de la j)ériode jurassique un soulèvement interrompu par de fréquentes oscillations, en suite duquel ils sont passés à l'état de côtes unies. Pendant ce temps, d'autres couches et même la plupart des dépôts jurassiques restaient sous la mer et les dépôts marins ne subissaient point d'interruptions : aussi les couches du vrai crétacé inférieur suivent-elles immédiatement celles du jurassique supérieur ; ils manquent naturellement là oii les couches étaient émergé-js et sont remplacées par une formation de marais ou d'eau douce, les wealds proprement dits.

Comme exemple de développement de la série du jurassique supérieur, nous entrerons dans la description spéciale des couches de cette formation en Souabe et dans le N. 0. de l'Allemagne.

Fig. 335. Coupe du Purbcck inférieur à l'ilc de Portland.

a, portiandicn marin, b, formolion d'o.-iu doucp du Purbeck inférieur, c, terre végclaledu Purbcck avec Conifères, d, calcaire d'eau douce.

DIM810K DU aURASSIQUE SUPÉRIEUB EN SOUABE d'aPRÈS QUENSTEDT ET DANS LE N. G. DE l'aLLEMAOE d'aPRÈS HEINKICH CREDNER.

Au-dessus des argiles sombres du jurassique brun supérieur il y a, en Souabe, les marnes calcaires g'is clair et les calcaires du jurassique blanc inférieur qui se partagent comme il suit :

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