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III. Étage kimmeridgien

Astartien, Zone à Natica globosa etNerinea tuberculosa de Credner. Pterocerien, Zone à Nerinea obtusa et Pleroceras Oceani de Credner. Virgulien, Couches à Pleroceras supérieures de Ahlem, couches à Virgula de Credner.

IV. Étage portlakdien, calcaire d'Einbeckhausen, Marnes de Mûnder, SerpuUte. t

Différents faciès du Jurassique supérieur. Le jurassique moyen, mais surtout le jurassique supérieur d'Europe, semble s'être déposé sous un triple faciès. Comme ces divers modes de développement appartiennent à des aires largement séparées les unes des autres dans l'espace, on peut, d'après Neumayr, distinguer sur notre continent trois provinces jurassiques qui se suivent du S. au N. et qui, d'une manière générale, sont séparées l'une de l'autre par des lignes de frontières courant de l'E. àl'O.

\) La formation méditerranéenne caractérisée par l'extrême abondance des Ammonites du groupe des Ileteropbylli (Phylloceras) et des Fimbriati (Lytoccras) et par la Terebratula diphya. A cette division appartiennent le jurassique des Alpes, des Karpathes, des Cévennes, de l'Espagne, de l'Italie et de la presqu'île des Balkans.

2) La formation de l'Europe centrale, caractérisée par la fréquence des Ammonites du groupe des Inflati (Aspidoceras), par sa richesse en Coraux, et le manque presque complet des Phylloceras et Lytoceras. Il faut rapporter ici les dépôts jurassiques de l'Allemagne, de la France, Alpes mises à part, de l'Angleterre et des pays baltiques.

3) La formation boréale, caractérisée par l'absence des Ammonites que nous venons de citer et des Coraux. C'est le jurassique du centre et du nord de la Russie, du Spitzberg et du Groenland.

Neumayr attribue les différences de faunes de ces trois provinces géologiques aux conditions climatologiques qui, pour la première fois, ne sont plus les mêmes par toute la terre à la période jurassique.

Répartition géographique du jurassique. En Allemagne, le jurassique occupe trois vastes champs, celui de la Franconie et de la Souabe, celui du N. 0. de l'Allemagne et enfin celui de la Ilaute-Silesie. L'affleurement de ce terrain en PVanconie et en Souabe forme un grand arc dont la plus forte courbure est au pays de Regensburg ; son côté S. va de Schaffausen en direction N. E. et son côté N. s'étend de Coburg vers le S. S. E. Le premier est représenté par les Alpes de Souabe, le second par le Jura franconien. Le lias, le Dogger ci le Malm forment ce territoire jurassique. Le lias s'étend comme un tapis au pied des montagnes et il est d'ordinaire

si profondément entamé par los cours d'oau qu'il laisse voir les couches du keuper sur lesquelles il repose. Le Dogger s'étend sur une zone beaucoup plus restreinte eu versants plus ou moins rapides au pied des pays montagneux formés de jurassique blanc. Le jurassique blanc de la Franconie est caractérisé par de puissantes formations de dolomie dans lesquelles s'étendent les célèbres grottes de Miiggendorf et de Geilenreuth. L'élévation peu accentuée qui unit le jurassique franconien aux Alpes de Souabe est le terrain qui fournit les célèbres plaques calcaires de Solenhofen et de Pappenheim.

Les couches jurassiques du nord de l'Allemagne s'étendent en un golfe dirigé de l'O. à l'E. de la frontière hollandaise jusqu'au pays d'IIalberstadt. Les couches jurassiques sont couvertes de diluviuni dans la plupart des points N. de cette région; c'est seulement au bord S. qu'elles se montrent sous forme d'une zone presque ininterrompue dirigée de l'E. vers rO. et forment les chaînes de hauteurs peu importantes du bord S. des Pays-Bas. La plus importante de ces chaînes est celle du Wcser qui est coupée par le fleuve, aux Porta westphalica, une des plus belles coupes que fournisse le jurassique du N. 0. de l'Allemagne. De là il s'étend vers le S. K. jusqu'au Sùntcl au nord de Ilammeln et se joint à un petit golfe latéral (llilsmulde) ; il s'étend ininterrompu jusque près de Eimbcck, et rappelle son extension primitive vers le S. E. par des tertres isolés de lias aux environs de Gôltingen, Eisenach, Gotha et Arnstadt. A part les sortes d'îles qui s'élèvent des formations récentes, surtout du diluvium à Hanovre, ces couches jurassiques forment la partie principale de la suite de hauteurs qui s'étendent de llildesheim jusque Goslar et Ilarzbourg. En outre, vers l'E., par conséquent dans les pays montagneux, au N. et au N. E. du Harz, entre Brunswick et Magdebourg, les couches jurassiques se montrent en ceinture autour de nombreuses îles plus anciennes et principalement de l'âge triasique. Le jurassique blanc et au-dessous de lui les calcaires oolithiques et les dolomies du groupe oxfordien s'élèvent pour former les hauteurs que nous venon* de nommer, tandis que sur leurs pentes S. la plupart des couches formées de roches argileuses du lias et du Dogger viennent au jour sous forme de bandes étroites.

Le troisième territoire jurassique de l'Allemagne est celui de la Ilautc- Silésie qui s'étend jusqu'en Pologne, occupant une aire de plus de 400 milles carrés, recouverte à la vérité en grande partie par les dépôts diluviens. 11 forme principalement la série de hauteurs qui s'étend de Cracovie à Czenstocovie, et de là avec des interruptions en direction N. 0. jusque Wielun. Les calcaires qui forment ces hauteui-s appartiennent au jurassique blanc; ils sont portés par les couches sableuses du Dogger, qui forment une zone s'étendant du N. 0. vers le S. E. et reposent

en concordance sur le keuper. Ces dépôts montrent une si grande concordance au point de vue pétrographi(}ue et paléontologique avec ceux du N. de rAliemagne et surtout du Wurtemberg, que l'on peut en conclure l'existence d'une communication entre les deux mers au sein desquelles ils se sont formés. Le détroit qui les reliait pouvait passer en iMoravie dans la direction de Vienne et aller delà sur Regensberg. La présence de roches jurassiques et de fossiles au faciès polonais, dans la Suisse Saxo-bohémienne et au S. de la Lusace, est aussi très-remarquable ; ils se montrent à la limite entre la craie et le granité des monts de Lusace ; les roches sont renversées.

Il est vraisemblable qu'il faut considérer comme avant-postes du

jurassique de Silésie et de Pologne les affleurements de ce terrain aux

iii'il^'*' '^1 embouchures de l'Oder. Ce sont en

^^^S^SSmÊÊSlK^^^^l partie des roches attaquées et brisées

^^^P^^' \r^^^^T-^^Ê/ll^ P^"* les vagues de la mer diluvienne,

j-L-i^^Bg;^';^ :■ T .'~/7 .-"^^fe; « par conséquent des amas de blocs

-- ^- I :- : -- : p^^ puissants ou des masses rocheuses

non encore détachées, dont le niveau Fig. 356.- Roches jurassiquesfl supérieur appartient au jurassique

dans le diiuvium ft de Kienimen en Pomcranie. blancct Icnivcau inférieur au Doggcv. Le premier a une grande ressemblance avec le jurassique de la Uaute- Silésie, le second avec celui de Hanovre, et ils représentent le Coral-rag supérieur de Rômer (oxfordicn supérieur, surtout les couches à Peclen varians) et les couches à Pteroceras du groupe du kimmeridge.

Enfin, il y a aussi du jurassique dans les environs de Stralsund. D'après Berendt, il est formé d'argiles bleu clair avec concrétions calcaires à Ammonites du groupe des Falciferi (Harpoceras) et ils contiennent les espèces du lias supérieur et du Dogger inférieur. Ce terrain représente donc le passage de l'une à l'autre de ces deux formations.

Kn Russie, le jurassique, elle Dogger supérieur presque exclusivement, atteint une répartition importante. 11^ s'étend surtout à l'intérieur du bassin paléozoïque de Moscou sur de larges espaces. En Crimée et au Caucase au contraire, les dépôts jurassiques forment de vraies chaînes de montagnes.

En Angleterre, les couches jurassiques occupent une large zone qui s'étend de Portland et Lyme Régis sur la côte du Canal en direction presque N. sur Ralh, Oxford et Lincoln, jusqu'à ce qu'elles atteignent la côle E, à Whitby. Les trois divisions principales de la formation sont nettement développées et leur disposition est généralement très-simple, car les couches de tout le système plongent légèrement vers l'E., de sorte qu'au bord 0. ce sont les zones les plus anciennes qui afÛeurent, tandis qu'au bord

E. ce sont les formations les plus récentes. Les premières reposent en concordance sur le keuper supérieur, les dernières sont recouvertes par la craie.

Le jurassique de la France forme à la surface deux zones en anneau, dont l'une située au S. est assez exactement formée, tandis (jue l'autre, tournée au N. vers leDétroit, est largement ouverte. L'anneau S. entoure le Phiteau central de la France contre lequel il s'est déposé, de telle manière que le lias forme une zone interne, le Dogger et le jurassique blanc des zones plus extérieures. L'anneau jurassique N. se comporte d'une manière inverse : toutes ses couches plongent vers le centre, formant ainsi un bassin plat dont le membre le plus ancien est à l'extérieur et les couches plus jeunes au centre, recouvertes par le crétacé et les formations tertiaires. Les dépôts jurassiques de la Lorraine allemande, principalement le pays entre Metz et Thionville, appartiennent à l'aile E. de ce grand bassin.

La formation jurassique quitte la Souabe en direction S. 0. sur le Rhin et s'étend dans le pays suisse pour former le Jura formé de Bàle à Genève par un certain nombre de chaînes parallèles dues au plissement des couches (fig. 502). Du Jura Suisse part une langue de dépôts jurassiques, aujourd'hui en grande partie détruite et qui s'étendait en direction N. E. dans le golfe entre les Vosges et la Forêt-Noire, occupé aujourd'hui par la vallée du Rhin. Les petits amas jurassiques isolés de VViesloch,FribourgetKandern,sur larive droite du Rhin, et ceux de Buxwcilcr, Rappoltsweiler et Rauffach en Alsace, sont tout ce qui reste de ce prolongement.

Le jurassique prend une part importante à la formation des Alpes calcaires ; il s'étend sous forme d'une large bande autour des bords N., S. et 0. de leur chaîne, de sorte qu'il semble former une arche jurassique énorme qui aurait été déchirée en son milieu pour livrer passage aux roches cristallines de la zone centrale. Les rapports de stratification du jurassique alpin sont fort embrouillés par suite des cassures, glissements, renversement de couches, et la difticultc qu'il y a à se rendre compte de leur disposition primitive est encore augmentée par le métamorphisme qu'ont généralement subi ces couches et par l'existence de faunes locales tout à fait aberrantes, mais dans lesquelles on a cependant trouvé des représentants des trois divisions principales du jurassique. Les calcaires rouges et blancs à Terebratula diphya «t les schistes contenant de nombreuses espèces d'Aptychus sont un faciès particulier du jurassique blanc supérieur : on les a réunis sous le nom d'étage tilhonique et ils sont typiques à Trente en Tyrol.

Dans les Karpathes, le jurassique ne se montre d'ordinaire qu'en petits affleurements de rochers escarpés au-dessus du manteau de grès tertiaire.

Ces rochers abruptes se rencontrent tantôt isolés, mais le plus souvent réunis en grand nombre et formant alors des tramées étendues. Ainsi la traînée entre Neumarkt et Sicbenlinden d'après StachetNeumayr, sur une largeur de 1/2 mille et une longueur de 11 milles, est formée de plus de 2000 de ces escarpements.

Dans l'Amérique du Nord, on admet comme jurassique l'horizon supérieur sans fossiles du nouveau grès rouge et on rattache aussi à cette formation les schistes cristallins dans lesquels se trouvent les filons aurifères de la Californie. Mais le jurassique n'a été rencontré avec certitude que sur la pente E. des montagnes Rocheuses (Black Hills , Monts

■WW.

i. Calcaire

Fig..337. — Escarpements jurassiques de la vallée de Lutowa.

rouge ù Crinoïdes (Dogger); 2. Calcaire rou^e noduleux à Ammonites (Tithonique); 3. Schistes et marnes [Néocomien).

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