MIOCÈNE ET PLIOCÈNE
En même temps que les circonstances climatériques changeaient et que les flores et les faunes se modifiaient d'après leur influence, les contours des
continents subissaient de continuelles variations au cours de l'âge tertiaire. C'est ce que montre la répartition des formations récentes de cette période (néogènes) comparée à celle de l'oligocène et de l'éocène. Dans le bassin de Paris, l'oligocène clôt la série des couches tertiaires ; dans le bassin de la Loire, au contraire, le tertiaire commence par le miocène et est, par conséquent, limité au néogène ; dans les pays tertiaires de l'Angleterre, il n'y a que des dépôts très-peu importants, plus récents que l'oligocène (le crag) ; dans tout l'E. du pays tertiaire de l'Allemagne du Nord, les formations miocènes ou pliocènes sont inconnues : ces différences montrent la variation des limites de la mer au cours de l'âge tertiaire.
Les formations néogènes n'occupent plus des aires aussi vastes que les dépôts tertiaires anciens, elles remplissent plutôt les dépressions en bassin et n'ont été que peu impressionnées par les derniers soulèvements des hautes montagnes. Les éruptions de basalte et de trachyte dans les régions et à l'époque néogène sont très-fréquentes. Comme la mer à cette époque empiétait sur le continent par beaucoup de baies et de détroits, les formations de marais et d'eau saumàtre sont fréquentes et elles donnent à la série des couches tertiaires récentes une grande variété. On rencontre sur un point des tufs calcaires avec coquilles terrestres, ou des sables avec des ossements et des dents, ailleurs on trouve des lits de lignites avec des troncs et des branches bien conservées de Cupressinées (Taxodium) de Sapins et de Chênes, comme ont pu les produire des deltas et des marais ; ail-
Fig. 421. — Terebratula grandis.
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ieiHs encore, nous rencontrons des schistes minces imprégnés de bitume avec des fleurs, des feuilles et des l'ruits de Phintcs terrestres, dans lo6quels il y a des Coléoptères, des Fourmis et des Libellules et aussi des débris de Tortues et de Crocodiles, en un mot des dépôts tels qu'il doit s'en produire dans les lagunes et des lacs entourés de forêts. Enlin, certains niveaux nous montrent les nombreux trous de coquilles perforantes, ce qui indique d'anciens rivages ; les sables avec Ceritliium et Ostrea trahissent des formations côtières ; les calcaires, les argiles et les marnes avec beaucoup d'animaux marins, les dépôts de mer profonde.
La llore néogène était beaucoup plus luxuriante et variée que celle de l'Europe d'aujourd'hui et elle réunissait encore de nombreux types actuellement disséminés par tout le globe, parmi lesquels beaucoup d'espèces de l'Amérique du Nord. Aux Palmiers et Bambous, Lauriers, Camphriers et Ciinneliers, aux Magnolias, Myrtes, Savonniers. Mimosas et Acacias, se joignaient les Platanes, Figuiers, Peupliers, Érables, Châtaigniers, Ormes, Noyers, Coudriers, Saules, Bouleaux, Aunes et Chênes, avec les Pins, les Séquoias et les Taxodium.
D'après Ileer, on trouve actuellement 83 espèces voisines de ces plantes du tertiaire récent, dans les États-Unis du Nord, 103 dans ceux du Sud, 40 dans l'Amérique tropicale, 6 au Chili, 137 dans l'Europe tempérée et sud, 85 dans l'Asie équatoriale, 25 dans les îles atlantiques, 26 en Afrique et 21 en Hollande, et toutes ces plantes sont plus abondantes dans une zone située entre les isothermes de 15 et 25° c.
On remarque surtout dans la faune néogène certains Proboscidiens gigantesques, les Mastodontes, aujourd'hui complètement détruits. Ils possédaient quatre défenses, deux grandes, faiblement courbées, au maxillaire supérieur el deux |)etitcs, droites, au maxillaire inférieur ; leurs molaires n'avaient point la structure lamellaire de celles des futurs Éléphants, mais elles étaient mamelonnées (fig. 422). On trouve avec les restes des Mastodontes ceux du Dinotlœriuni, autre puissant Proboscidien avec les défenses dirigées vers le bas (lig. 423) et des molaires tapiroïdes. Comme principaux représentants de la faune néogène, nous citerons surtout les Rhinocéros avec ou sans corne, les Girafes, les Chevaux (llipparion possédant encore deux doigts latéraux), les Antilopes, les Chiens, des Carnassiers dugroupe des Chatset enlin des Singes, tant du type des Guenons que du type des Gibbons (Dryopithecus, Senmopilhecus). Parmi les animaux que nous venons de citer, VAncIntkcrium et Y llipparion méritent une mention spéciale. La forme générale du corps et des dents de ces animaux rappelle déjà complètement les Chevaux, mais la structure des pieds les en éloigne, sans que cependant l'on puisse méconnaître que le pied du Cheval n'est qu'un pied modihé d'Anchitherium et d'IIipparion. Le Cheval ne possède qu'un
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seul sal)ol et ses deux ancêtres en ont trois, mais ils ne se servaient que d'un seul pour la marche et les deux autres plus petits, situés lalérale-
Fig. 422. — Molaire de Mastodon avec ses mamelons.