PASSAGE DES ROCHES LES INES AUX AUTRES
parait enfin complètement. Ainsi le granité par la perte de son feldspath devient le hyalomicte, le gneiss par la perte du mica devient la granulite ; avec le feldspath en moins il forme le micaschiste. Quand le mica disparaît du micaschiste l'on a affaire au quarzite.
2. Une nouvelle partie constituante apparaît et augmente, en quelque sorte, aux dépens d'une autre partie constituante qui diminue progressivement. Ainsi du calcaire cristallin, par adjonction du mica, se forme un calcaire micacé schistoïde (cipolin) ; de la syénite à laquelle s'ajoutent l'éléolilhe et le zircon donne le zirconsyénite.
5. Toutes les parties constituantes d'une roche phanérogène deviennent si finement grenues que la roche semhle compacte. Ce sont précisément les rapports qui existent entre la dolérite et le basalte, entre la diorite et la diabase et l'aphanite, entre le felsitporphyre et le felsit.
4. Les parties constituantes d'une roche cristalline grenue prennent une disposition parallèle et lui donnent ainsi une structure madrée^ (flaserig) ou schistoïde. C'est ainsi que le granité devient du gneiss et celui-ci du schiste micacé.
5. Certaines parties constituantes présentent une augmentation particulière dans le volume de certains de leurs cristaux, tandis que, dans la même roche, les autres diminuent de grosseur. C'est de celte manière que se fait le passage entre les roches grenues et les roches porphyriques.
b. Entre les roches fragmentaires (ou roches élastiques).
6. La grosseur des fragments de roches cimentés augmente ou diminue, les grès deviennent conglomérais et inversement.
7. Les fragments anguleux se changent en galets arrondis, les brèches deviennent des conglomérats.
8. La quantité du ciment unissant augmente et c'est ainsi qu'un conglomérat à ciment argilo-calcairc devient une marne calcaire avec des galets isolés ; les galets peuvent môme disparaître complètement.
0. Le caractère pétrographique des fragments de roches peut changer parle remplacement d'une espèce par une autre : d'un conglomérat de granité, d'amphibole et de quarzite peut se former un conglomérat de quarzite seulement.
c. Entre les roches cristallines et les roches fragmentaires.
10. Les roches éruptives sont en étroite connexion avec les roches fragmentaires par les formations de tuf (roche argileuse et porphyre du Rothlicgend).
11. Les roches fragmentaires passent insensiblement aux roches cris-
• Le qualificatif allemand flaserig n'a pas jusqu'ici d'équivalent en français. J'ai pris le mot madré qui, au sens propre, le rend assez bien. (Trad.)
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tnllincs par une métamorphose due au contact avec ces dernières (calcaire argileux en marbre).
^ 7. Détermination des parties constituantes des roclies. Applica» (Ion du microscope aux études pétrograplilques. Pour CC qui COnceme
les roches grenues, dont les parties constituantes sont faciles à distinguer les unes des autres, la détermination de la nature minéralogique ne présente aucune difficulté particulière. Les cristaux, par suite de la compression qu'ils subissent, par leur soudure réciproque, sont d'ordinaire empêchés d'arriver à leur complet développement, mais le clivage, la dureté, la couleur des éléments de la roche, leur poids spécifique, leur éclat, leur formule donnent encore des caractères suffisants pour permettre de reconnaître leur nature minéralogique.
Le moyen employé d'ordinaire pour désagréger les parties constituantes d'une roche finement grenue, est la pulvérisation et la séparation par le lavage sur un plan incliné, des parties constituantes de poids différent. Les dépôts séparés, de nature assez analogue, peuvent ensuite être soumis à l'observation avec la loupe, le microscope ou les réactifs chimiques.
Un très-bon moyen de voir si les parties microcristallines d'une roche sont solubles ou non dans les acides consiste, après avoir recherché au microscope, sur les cristaux isolés, leur couleur, leurs particularités de polarisation, etc., d'en soumettre une partie à l'ébullition avec l'acide chlorhydrique et de la laver ensuite avec soin. En comparant alors cette dernière partie avec celle qui n'a pas subi l'action de l'acide, on voit si des éléments sont disparus ou non.
Certaines parties constituantes de la roche (la magnétite par exemple) se laissent isoler, après la pulvérisation par l'emploi de l'aimant.
Dans tous les cas, il faut rechercher le poids spécifique de la roche ; il n'est pas rare de pouvoir déterminer par ce moyen sa composition miné>ralogique. Ainsi, par exemple, les roches qui ont un poids spécifique moindre que le labrador ne peuvent être un mélange de labrador etd'augite, car le poids spécifique de l'augite est plus élevé que celui du labrador; le poids spécifique d'une roche formée d'augite et de labrador nécessairement ne peut qu'osciller entre celui de ces deux minéraux. Les roches formées de silicates ont un poids spécifique d'autant plus élevé, que leur teneur en silice est moindre et leur richesse en bases plus grande. — La dureté des roches compactes permet quelquefois aussi de reconnaître leur constitution, par exemple l'absence ou la présence d'acide silicique libre.
A l'observation des propriétés physiques des roches doit se joindre l'étude de leurs propriétés chimiques, l'action qu'ont sur eux les acides par exemple, leur fusibilité, etc. Leur composition chimique se reconnaît par l'analyse et il est possible par elle de savoir la nature des minéraux qui
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les composent. Ainsi, pour citer quelques exemples, il faut qu'une roche orlhoclasiquc dont la teneur en silice est de plus de 65, 20 pour 100 contienne nécessairement du quarz. — Une roche formée de hornblende et d'orlhoclase, dont la teneur en acide silicique égale celle de l'orthoclase, contient également de l'acide silicique libre, puisque la teneur en acide silicique du hornblende est de beaucoup moindre que celle de l'orthoclase. — Dans une roche contenant de l'orthoclase et de l'oligoclase, on peut conclure du rapport entre la soude et la potasse, lequel de ces deux minéraux est prédominant. Par une interprétation convenable de l'analyse, il est même quelquefois possible de déterminer les proportions des éléments d'une roche, avec d'autant plus d'exactitude que ces minéraux sont moins nombreux. L'analyse chimique et l'étude microscopique promettent les plus importants résultats, quant à la composition minéralogique des roches compactes : ces deux moyens de recherches se complètent réciproquement et balancent leurs imperfections.
La détermination des parties constituantes de certaines roches compactes est beaucoup facilitée par le phénomène assez fréquent de leur passage insensible à une roche grenue. Au moins, par places, certaines de leurs parties constituantes se montrent sous forme de gros cristaux. Souvent aussi l'altération de la surface de la roche fournit plusieurs données sur sa composition, parce que les diverses parties sont différemment impressionnées par les agents extérieurs. Il faut tenir compte de ces particularités dans l'examen des roches.
L'étude des roches compactes, chez lesquelles on ne peut plus rien distinguer à l'œil nu, est plus difficile. La loupe est ici d'un usage trèscommode, et, quand elle n'est pas suffisante, on emploie le microscope. Ce dernier instrument depuis les résultats importants obtenus principalement par Rosenbusch, Sorbij, Vogelsang et surtout Zirkel, est devenu un des moyens les plus indispensables de l'observation pétrographique, et l'analyse des roches est une des parties importantes de la science géologique.
La structure microscopique des roches et des minéraux qui les forment s'est montrée d'une complication imprévue et d'une variété très-grande : des minéraux regardés jusqu'ici comme rares ont été trouvés très-généralement répandus, mais cachés par leur petitesse microscopique, et des roches très-communes et d'apparence homogènes, se sont réduites sous le microscope en agrégats les plus variés. En peu de temps nos idées sur la structure et la composition de beaucoup de roches, et sur le rôle que jouent certains minéraux comme éléments des roches, ont été complètement modifiées.
D'après ce qui vient d'être dit, le but de l'étude microscopique des